Qu'est-ce que putain de quoi ?
J'adore Twin Peaks. C'est indéniable. Je suis plutôt client de ce genre d'atmosphère et de l'intrigue. Même après le climax au milieu de la deuxième saison et de la tentative désespérée de retricoter une intrigue massacrée sous la pression des producteurs, j'ai quand même apprécié. Quad j'ai entendu parler de Deadly Premonition, il ne m'en a pas fallu plus pour me le procurer et me plonger dans l'ambiance.
J'ai arrêté au bout de 30 minutes.
Pas moyen de me mettre dedans, entre le graphisme aux fraises, la réalisation dans les choux et la maniabilité à la noix, j'en ai rapidement eu pour mes 5 fruits et légumes par jour. La boîte a donc rapidement rejoint la longue liste de jeux en stand-by.
Quelques temps plus tard, l'heureux hasard d'un abonnement PS+ offert ramène ce jeu sur mon chemin (ou me le remets dans les pattes, à définir). C'est le coeur vaillant que je me vois déjà jouer à ce jeu avec des graphismes améliorés, une meilleure maniabilité, bref un produit fini.
Ou pas. On a certes un effet brillant/luisant rajouté sur les objets, mais c'est bien tout ce qui a été ajouté. Quand on parle de Director's Cut, on parle de rajouter ce que le réalisateur n'a pu intégrer dans l'oeuvre originale : scènes censurées, scènes impossibles techniquement, séquences trop molles ou pas assez pertinentes. Apparemment la vision du réalisateur s'inscrivait au sein d'un framerate de 15 fps maximum.
Mais je m'accroche, j'essaie de m'habituer, j'essaie de prendre le bon et d'oublier le mauvais, un peu comme la mémoire sélective des traumatisés de la guerre. Je suis Francis York Morgan à travers son enquête à Greenvale, grand amateur de café et de rêves prémonitoires - Dale Cooper, si tu nous regarde... On s'attache aux habitants, tantôt justes, tantôt gradiloquents, mais qui ne font jamais tâche, bizarrement. On arrive à suivre l'aventure, tout doucement, par petites bouchées, au gré des chapitres et des mouvements des personnages qui vivent leur vie.
Le scénario qui, même en étant une copie quasi conforme de Twin Peaks sans même s'en cacher (on vous la montre carrément !), est vraiment intéressant, l'environnement qui emprunte un peu aux GTA sans en avoir la folie des grandeurs, le sentiment de peur qui arrive à se dégager malgré les lenteurs de réalisation. Tout ça vaut le détour en soi, cependant il faut être prêt à faire des sacrifices pour savourer le jeu à sa juste valeur. Ce jeu, c'est un peu un nanar (le premier vrai nanar du jeu vidéo pour moi), terrible à tous les égards mais agréable dans son ensemble, un monstre du Dr. Frankenstein plein de morceaux rapiécés qui auraient du créer une aberration mais qui, au final, font émerger quelque chose qui vaut le coup.
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