Les aliens débarquent, et ils ne sont pas là pour enfiler des perles ! Les Furons, conquérants interstellaires, débarquent sur Terre dans l'espoir d'enrayer le déclin génétique de leur propre espèce (et aussi un peu de conquérir le monde, au passage). Vous incarnez Cryptosporidium-137, un petit tueur vicieux venu de l'espace profond, et vous atterrissez aux USA dans l'espoir de découvrir ce qui est arrivé à Cryptosporidium-136, qui n'est autre que... votre clone.
Énormément de softs nous proposent de botter des postérieurs de petits hommes verts envahissant notre belle planète bleue : l'originalité de Destroy All Humans! est de nous mettre dans l'autre camp. C'est donc sans complexe qu'on va désintégrer du militaire, flamber de l'agent secret et manipuler l'esprit des desperate housewives de l'Amérique des années 50. Une Amérique qui sent bon la tarte aux pommes, les étudiants habillés en teddy et l'hystérie anti-communiste, dont le jeu se moque avec une ironie mordante. C'est donc une ambiance très Mars Attacks!, assez réussie je dois dire, que propose le bébé de Black Forest Games et Pandemic Studios (qui avaient développé l’original). On n'aime ou on n'aime pas, mais c'est certain que ce genre d'humour et d'ambiance parleront davantage aux Américains.
Pour progresser, il vous faudra réussir différentes missions pour votre N+1, un dénommé Orthopox. Diverses armes futuristes ainsi que quelques pouvoirs mentaux, ex la psychokinésie et le pouvoir de se déguiser en humain, vous serviront à semer le carnage et récolter le précieux ADN nécessaire aux recherches Furon. Cet ADN vous servira également à améliorer votre alien et sa soucoupe. Oui, comme tout bon extraterrestre hostile, notre poto Crypto a une soucoupe. Presque tous les bâtiments de la carte sont destructibles, et c'est assez jouissif de cramer une ville entière tandis que les pauvres humains effrayés hurlent de terreur...
Graphiquement, il n'y a rien à redire. Le jeu est beau, coloré, vivant, à la hauteur des standards d'un jeu moderne sans renier la patte graphique de l'original. C'est côté gameplay que ça se corse un peu. Si les phases en soucoupe donnent une impression d'invulnérabilité presque totale, les phases à pied donnent du fil à retordre. Le jeu à un système de notoriété à la GTA : on atteint très vite le niveau max, et là c'est parti pour des vagues ininterrompues d'ennemis bien chiants et collants qui savent toujours où vous êtes, même quand ils sont à 300 m de vous. Très dur de fuir et très dur d'en venir à bout... Il faut désormais transmogrifier (comprendre : transformer) des éléments du décor pour récupérer des munitions, et inutile de dire que ça n'aide pas, quand on essaie déjà d'esquiver toutes les balles...
On est censés terroriser la pauvre humanité inférieure, dans les faits, on se retrouve à cavaler comme une grosse victime face aux nuées de mecs armés bien véners qui veulent notre peau. C'est ballot... Ce que je décris là concerne surtout l'exploration libre dans les six lieux visitables du jeu, mais les missions s'en ressentent aussi fatalement. On note néanmoins une volonté de les diversifier autant que possible ; enfin, pour les missions principales, pas pour les secondaires qui ne présentent aucun intérêt.
Ces mécaniques de jeu pas très fines étaient déjà le défaut principal du jeu original. Défauts pas vraiment corrigés par le reboot, dont les quelques tentatives pour rendre le jeu un peu plus fluide ne font parfois qu'aggraver les soucis. Déjà, Destroy All Humans! reste un jeu un peu à l'ancienne (donc assez exigeant), qui en plus se révèle souvent frustrant. Pas forcément parce qu'il est intrinsèquement dur, mais parce que la jouabilité est rigide, bancale quoi.
Total, j’ai éteint le jeu avec des sentiments mitigés. D’un côté, j’ai été content qu’une trouvaille PS2 plutôt sympa faite il y a 20 ans ait eu droit à une cure de jouvence ; de l’autre, je regrette que personne n’en ait profité pour améliorer la jouabilité lourdingue et les tares du jeu d’origine. À tester quand même, s’il vous prend des envies de conquêtes spatiales…