J'ai failli ouvrir sur une immense (et à propos) intro sur le genre shoot'em up, puis, le coeur serré, j'ai changé d'avis, histoire de ne pas perdre ceux qui ne sont pas particulièrement passionnés par le shmup ou la Playhistoire. Car la raison d'être de cette critique est : Pourquoi on ne parle pas de ce banger absolu qu'est Devil Blade Reboot ?!!
Abordons rapidement la partie "reboot", mais efficacement, car c'est plutôt intéressant.
Dans les années 90, au Japon, la plupart des consoles avait sa cartouche de création de jeu destinée au public, avec quelques jeux créés via ces outils pour donner envie aux jeunes joueurs de s'adonner à la création. C'est ainsi que la première version de Devil Blade vit le jour, sur Dezaemon+ pour Playstation. (c'est aussi le cas pour la genèse de MechaRitz de HEY!, qui s'est développé par étapes sur une série analogue de Sega, de mémoire).
Il existe un remake assez impressionnant de Devil Blade pour Famicom (notre NES), fait suite à la création du jeu qui nous intéresse aujourd'hui : Devil Blade Reboot!
Pas de suspense : le jeu est excellent!
On est directement dans un hommage à l'âge d'or des 90's, avec une dynamique plus accrocheuse et plus proche des axiomes contemporains. Aux commandes d'un vaisseau jeté littéralement dans le feu de l'action, on survole des nuages de flammes, entre rouille, ocre, sang, en volutes de fumées dynamisant une action plutôt permissive dans un premier temps sans être moins enivrante pour autant.
Simple et efficace, votre vaisseau dispose d'un tir concentré frontal destructeur ralentissant vos déplacements, ou d'un tir évasé, pratique, vu que le jeu est en 4/3, et que ce tir balaye la quasi totalité de l'écran, en plus d'une rapidité de déplacement accrue.
On peut déjà se prononcer : un shmup vertical offrant un pixel art de toute beauté, une prise en main intuitive, une action nerveuse et efficace (et on le verra plus tard, des boss qui ne sont pas en reste niveau design).
Ok, mais qu'en est-il du scoring system ? Simple et efficace, il récompense la prise de risque et s'avère solide et clair, une fois pris en main et que le joueur décide de dépasser la simple survie.
Pour ce faire, une notice de 15 pages est disponible pour expliciter subtilités, comme les cercles entourant votre vaisseau, les multiplicateurs au dessus des ennemis détruits, et les autres éléments du HUD.
On se trouve vraiment entre le néo-classique d'un Toaplan boosté aux hormones des jeux plus proches des années 2000.
Le scoring system favorise la prise de risque : plus vous êtes proche de l'ennemi, plus grand sera le multiplicateur appliqué à sa destruction.
Et si l'on enchaine les destruction rapidement, une jauge Berserk (comptée en pourcentage) influe sur le score, mais aussi sur le rank (le niveau d'agressivité des ennemis).
C'est là qu'entre en jeu votre troisième arme : la bombe.
En effet, celle-ci (vous commencez avec 3 bombes en stock) est à double emploi :
1/ Une petite pression sur le bouton attitré vous permettra non seulement de vous tirer d'un mauvais pas en détruisant les petits ennemis, affaiblissant les gros, tout en effectuant un nettoyage de printemps niveau bullets ennemies à travers l'écran, en vous permettant d'admirer cette salve destructrice car elle vous octroie une petite poignée de secondes d'invincibilité.
2/ Par contre, si vous avez bien fait monter votre jauge de Berserk, laisser le bouton appuyer plus longtemps déclenchera un Boost où votre pourcentage explose (dépassant parfois allègrement les 1000%), les multiplicateurs de destruction passent d'un maximum de x4 à x20, et, petite cerise sur le gâteau, une fois cette période de Boost achevée, vous pouvez maintenir malgré tout votre pourcentage à coup de témérité, avec des récompenses conséquentes niveau scoring.
N'oublions pas le bouclier vous permettant de survivre à un impact, rechargé à trois reprises scriptées, deux vaisseaux apparaissant pour lâcher une bombe supplémentaire et un bouclier, et on a un jeu qui coche toutes les cases du plaisir de jeu : le mode normal est accessible, un mode novice permet de se balader plus tranquillement, et deux pans de difficulté supplémentaires permettent aux plus téméraires de se frotter soit au même jeu en plus dur, soit à une version au scoring system et gameplay revisité qui gratouille.
Et en plus, il y a des bonus à débloquer, dont une des versions antérieures susmentionnées.
Bref, on ne causait pas assez de ce jeu ailleurs que dans les cercles de shmuppers, voilà qui est fait.
Et je lui donne un bon Devil/20!