Pas facile de noter durement un jeu si réputé sans avoir la ferme impression qu'on va passer pour un benêt qui n'a rien compris.
Pourtant je me dois d'être honnête. Je m'attendais à adorer vu sa réputation, je pensais que ce savant mélange de point & click et de RPG prendrait. Au final ce jeu m'a tué d'ennui.
Tu t'attends à des mécaniques captivantes, un rythme soutenu, ou ne serait-ce qu’un minimum de ludisme, et t’es accueilli par un tunnel interminable de textes et de tergiversations internes d’un poivrot qui passe des plombes à discuter philosophie morale avec son système limbique. Le jeu adore s'écouter parler et à tourner autour du pot pour du vent. Il te balance un flot ininterrompu de prose pseudo-philosophique dans la poire, plus intéressé semble-t-il à t’impressionner avec son lexique musclé, plus qu'à réellement te proposer une expérience vidéo ludique. Quels que soient tes choix et ton approche, très peu de tes décisions auront de l'influence sur le déroulé de ton enquête au final, et malgré les choix que tu peux faire lorsque tu choisis tes compétences de départ, tu devras de toute façon incarner un looser alcoolo embourbé dans des considérations introspectives interminables.
Par exemple on comprend rapidement que le jeu se déroulera intégralement à Martinaise, pourtant le jeu t'ensevelit de considérations politico-économico-historiques inutiles autour de l'univers de celui-ci, un peu comme un mec qui viendrait t'inonder d'informations sur sa vie alors qu'à priori tu ne le reverras jamais.
Je peux comprendre que certains aient été happés par le tout, frappés de fascination face à cette gesticulation intellectuelle et verbeuse de tous les instants. Mais au final, tout ce blabla est totalement asymétrique à ce qu'on peut et ce qu'on a réellement le choix de faire dans le jeu. Disco Elysium te donne l’illusion d’un rôle actif dans un théâtre verbeux, dont tu es en réalité le plus souvent condamné au rôle spectateur prisonnier, comme ça a été mon impression. Le jeu se prévaut d'être un RPG d'enquête, sauf qu'ici la majorité des conséquences sont purement introspectives. Ton personnage se transforme psychologiquement certes mais le monde qui t'entoure lui reste inchangé : un décor, un prétexte à monologue, un marécage narratif dont je me suis senti captif et non acteur.