Plus une série interactive qu’un véritable jeu vidéo, Dispatch nous propose de suivre un ancien super-héros contraint de travailler comme simple dispatcher dans un centre d’appels.
On retrouve évidemment des choix de dialogues, des QTE et les fameux "il se souviendra de ça", qui rappellent le bon vieux temps des jeux Telltale. Les choix n’ont pas toujours une grosse incidence immédiate, ce qui donne parfois l’impression d’être sur des rails. Mais petit à petit, le jeu se ramifie, prend des embranchements bien plus marqués et finit par avoir un impact réel sur le long terme, au point de donner envie de relancer un nouveau run.
L’autre boucle de gameplay repose sur un jeu de gestion : il faut assigner les bons héros aux bonnes missions, en temps limité, à partir d’une carte de la ville. En plus de ça, on a parfois des mini-jeux de hacking, répétitifs et parfois franchement frustrants, clairement le plus gros point faible du jeu.
C’est assez basique dans l’ensemble, mais ça fonctionne plutôt bien. Les interactions sont sympa et nos choix narratifs influencent directement le gameplay, notamment à travers la gestion du moral de l’équipe ou les conflits internes entre les personnages. L’inverse est en revanche moins vrai : ce qui se passe dans la partie gestion a peu, voire pas, d’incidence sur le reste de l’aventure.
La vraie force de Dispatch réside dans sa qualité de production. Animation, mise en scène, doublage, écriture : tout évoque une série animée haut de gamme bien plus qu’un jeu indépendant.
L’animation est un véritable régal, c’est impressionnant de fluidité et de précision. L’écriture est elle aussi très solide : certaines scènes, parfois très simples, suffisent à faire basculer notre perception d’un personnage. Le jeu excelle dans cet art subtil qui consiste à nous faire passer du rejet à l’empathie en quelques instants, au point de changer plusieurs fois d’avis sur des personnages que l’on n’aimait pas forcément au départ.
Le tout est sublimé par un casting vocal exceptionnel. Que ce soit Aaron Paul, Laura Bailey ou encore Erin Yvette, chacun apporte un véritable supplément d’âme aux personnages.
Au final, j’ai adoré Dispatch. Sa narration et sa qualité de production sont remarquables. Le gameplay, lui, est plus dispensable. Mais même avec ses défauts de gameplay, Dispatch reste une expérience marquante et clairement l’un des meilleurs jeux narratifs que j’ai faits.