Marathon Ball : 3,5/8
Deux ans après leur adaptation des premières aventures de Goku, le studio Game Republic (principalement connu pour Genji Days of the Blade, jeu parfaitement oubliable mais qui a donné naissance au cultissime meme du giant enemy crab) récidive et s'attaque au premier arc marquant du manga : l'armée du Ruban Rouge.
C'est l'occasion d'une nouvelle adaptation en 8 chapitres et une soixantaine de niveaux, toujours sur DS, avec l'objectif de faire mieux que le très perfectible premier épisode.
Force est de constater que le défi est relevé haut la main ! Si DBO se contrôlait intégralement au tactile, ce qui n'était pas des plus pratiques pour un beat'em up, DBO2 a la présence d'esprit de proposer à la fois des contrôles tactiles et aux boutons, ce qui satisfera tout le monde. J'ai commencé à y jouer au tactile pour rester dans la lignée du premier jeu, mais les commandes traditionnelles offrent une précision tellement supérieure que j'ai vite basculé vers ce mode. Le plus gros défaut du premier épisode a donc été résolu.
L'autre point faible de DBO, c'était la longueur de ses niveaux et le manque de checkpoints. Là-dessus, la suite change assez peu de choses, on est toujours à la merci d'un Game Over qui nous renverrait potentiellement 10 minutes en arrière. Cependant, les meilleurs contrôles font que la difficulté du jeu est plus basse et qu'on perd moins de vie lors des affrontements, c'est donc un scénario qui s'est assez peu présenté, même s'il était toujours frustrant.
Les niveaux sont toutefois moins labyrinthiques en général, ce qui permet de mieux se repérer et ne pas tourner éternellement en rond dans des décors qui se ressemblent tous.
Dernière amélioration : le Kaméhaméha qu'on utilisait un peu pour tout et n'importe quoi dans le premier jeu a été drastiquement nerf ici. Il est toujours très puissant, mais désormais lié à une barre de ki qu'il faut remplir, impossible donc de le spammer comme un demeuré (ou un voyou, comme dirait Chi-Chi).
DBO2 ne se contente pas de corriger la formule de son prédécesseur puisqu'il apporte aussi son lot d'innovations. Deux sont particulièrement notables :
La première, c'est l'arrivée de personnages jouables au-delà de Goku ! On peut effectivement contrôler 5 personnages secondaires dans des niveaux dédiés (ou dans le boss rush), et si Krillin et Yamcha sont évidemment de la partie, il faut noter la présence de personnages très rarement jouables dans la licence, à savoir Bulma, C-8 et même Aralé de Dr. Slump ! Tous les personnages ne sont pas aussi agréables à contrôler que Goku (Bulma est trop fragile et ne se bat qu'à distance, Aralé n'a pas d'esquive…), mais l'ambition est plus qu'honorable et permet au jeu d'être original.
La seconde innovation, c'est l'arrivée de combats en 2D contre certains boss. Si l'objectif était de casser la monotonie des affrontements, c'est atteint, en revanche ce n'est pas vraiment une réussite. Les contrôles sont beaucoup trop rigides pour que les combats aient un quelconque punch (d'autant plus quand on sort de FighterZ !), et certains ennemis sont atroces à affronter, que ce soit le Général Black qui spamme les protections pour rallonger inutilement le combat ou Tao Pai Pai qui est 10 fois plus agile que Goku. Heureusement, il y a assez peu de combats de ce style, mais ils peuvent faire perdre beaucoup de temps.
Il reste toutefois quelques points forts à citer. Par exemple, la musique s'est considérablement améliorée par rapport au premier épisode, certains thèmes sont variés et entraînants, parfois avec une grosse vibe Mega Man X qui fait plaisir (et c'est la deuxième fois que je fais cette comparaison dans le marathon). Dommage en revanche que la musique d'intro ne reprenne plus le générique de la série et soit remplacée par une musique très… bah, générique, justement.
On peut aussi relever la présence de cinématiques doublées relativement nombreuses, alors qu'elles étaient très rares dans DBO. Pas de doublage japonais ni même français malheureusement, mais les Américains font le taff et ne sont pas aussi exaspérants que dans d'autres jeux de la licence. Le tout est servi par des modèles 3D toujours aussi expressifs et qui font vraiment plaisir à voir pour de la DS.
Les cinématiques permettent également la présence de QTE, qui n'ont en soi rien de très réjouissant, mais qui ont le mérite d'être signalés par une icône dès le début de la cinématique, ce qui nous permet d'être sur nos gardes et ne pas nous faire surprendre bêtement par un piège imprévisible alors qu'on avait posé la manette (coucou Resident Evil 4).
En revanche, même si le jeu est déjà d'une durée respectable, je trouve dommage que le scénario s'arrête avant le 22ème tournoi Budokai. Contrairement au premier jeu, on n'a qu'un seul arc qui est traité et ça aurait fait du bien de conclure sur un affrontement contre un balèze comme Tenshinhan au lieu du gang de Pilaf qui n'est franchement pas compliqué.
Vu que cet affrontement enchaîne directement sur l'arc de Piccolo, j'imagine qu'il a été mis de côté pour un Origins 3 qui se serait concentré sur ces arcs (et peut-être le 23ème Budokai, histoire de boucler la série originale), malheureusement cette suite n'a jamais vu le jour et l'histoire de DBO finit donc sur un cliffhanger.
On se consolera avec les missions post-crédits, pas beaucoup plus inventives que dans le premier jeu (on parcours les niveaux du mode histoire avec quelques modifications) mais qui permettent de jouer davantage avec les persos secondaires. Dommage en revanche que plusieurs niveaux soient de simples revanches de boss du mode principal avec 1000 fois plus de PV, j'ai lâché l'affaire contre Aralé et Maître Karine qui sont juste trop endurants.
Quoiqu'il en soit, DBO2 est un jeu vraiment sympa et qui se place sans trop de soucis parmi les meilleurs de mon marathon. Il est toutefois un peu compliqué à recommander aux non-fans, puisque jouer à son très perfectible prédécesseur est fortement conseillé pour connaître l'histoire et les personnages. Cependant, si vous aimez Dragon Ball et en particulier les arcs enfant, cette adaptation ne pourra que vous combler de bonheur ! Je trouve qu'elle mérite plus d'attention, par rapport à Advanced Adventure qui est souvent décrit comme une pépite cachée, mais qu'on retrouve finalement dans plus ou moins tous les tops Dragon Ball ou GBA.