Annoncée par surprise 5 moins plus tôt, cette nouvelle refonte de Dragon Quest VII était vraiment le remake que personne n’attendait – même la version 3DS sortie il y a 10 ans ne m’avait vraiment pas fait envie. Et pourtant, cette toute dernière version m’a été vendue comme étant plus moderne et plus agréable que les récents remakes des trois premiers opus, et la démo gratuite disponible un mois plus tôt m’avait plutôt séduit, je me suis donc laissé tenter. A noter que j’ai opté pour la version Switch 2, qui me semble être largement la meilleure version disponible – qualité graphique suffisante et jouabilité en mode nomade des plus appropriée (dommage de retrouver encore cet agaçant système de « game-key card » en version physique, mais tant pis).
Commençant par la réalisation. Sans surprise, ce Dragon Quest VII est loin d’être une tuerie technique mais s’avère tout de même beaucoup plus agréable à l’œil que ne l’étaient les récents remake des épisodes I, II et III en « HD-2D ». Sans être une vraie 3D comme pour Dragon Quest VIII ou IX (les environnements visitables et la carte restent majoritairement visibles en vue du dessus), le jeu reste tout de même très soigné et chatoyant, la direction artistique est très appropriée, la Toriyama-touch fait toujours son petit effet, les cinématiques en 3D sont charmantes et surtout – miracle ! – fini les combats austères et fades : ici, on revoit enfin les personnages agir et combattre. C’est quand même pas du luxe. La bande-son, elle, est dans le plus pur style Dragon Quest – rien de très tonitruant, elle est surtout composée de musiques d’ambiances, et reste correcte dans l’ensemble.
Côté gameplay, on est là aussi sur du grand classique qui ne bouleverse pas les codes de la saga, mais ce qu’il fait, il le fait très bien ! Le système de vocations, principale originalité du jeu, est simple mais bien pensé et addictif. Les combats au tour par tour sont assez clairs, et – c’est sans doute l’énorme point fort du jeu – l’ensemble demeure très accessible et comporte bon nombre d’options de confort qui changent la vie : mode rapide, sauvegardes automatiques, régénération des points de vie et magie à chaque montée de niveau, régénération et sauvegardes gratuites via les statues présentes au sein même des donjons, possibilité de se téléporter presque n'importe où et n'importe quand, difficulté paramétrable à tout moment, combats contre les ennemis faibles abrégés avec le système de prise d’initiative contre des ennemis visibles directement sur la carte… Tout a été fait pour rendre l’expérience la moins laborieuse possible. Seuls les joueurs hardcore déploreront surement la (relative) facilité du jeu, mais libre à eux de passer directement en mode difficile à tout moment s’ils le souhaitent.
Par ailleurs, l’exploration se fait bien, surtout grâce aux indicateurs bienvenus qui évitent de perdre des heures à ne pas savoir à qui parler pour avancer. Le jeu comporte aussi quelques énigmes – elles auraient pu être un peu plus nombreuses, mais c’est déjà mieux que rien. La progression dans le jeu est donc particulièrement agréable, d’autant plus que l’aventure est correctement rythmée, riche en contenu annexe et en bonus déblocables, comme toujours avec les JRPG de cette nature.
Cet épisode n’arrive donc pas très loin du sans-faute. Mais j’ai quand même un reproche à lui faire : son scénario est assez moyen. La collecte des fragments de tablette, les voyages dans le passé et les mini-scénarios propres à chaque île, c’est bien gentil mais ça ne casse pas trois pattes à un canard, d’autant plus que les les personnages – mêmes les principaux – sont un peu simplistes et les dialogues s’éternisent souvent pour pas grand-chose. On est encore bien en dessous de l’épopée décrite dans Dragon Quest V et même la trilogie I-II et III originelle était plus épique, dommage.
Je sors tout de même très satisfait par ce Dragon Quest VII Reimagined qui se hisse aisément parmi les meilleurs de la saga. Honnêtement, ça faisait longtemps que je n’avais pas pris autant de plaisir à faire un JRPG au tour par tour à l’ancienne. Si vous aimez le genre, je recommande sans aucune hésitation !