Pire qu’un mauvais jeu : un océan de médiocrité

Marathon DrakeNier (2/5)



Ce jeu m’a mise en colère. Pas parce qu’il est particulièrement mauvais sur un aspect ou un autre ; car sur le papier c’est plutôt le contraire : de meilleur graphisme, un gameplay bien plus abouti, une histoire qui a un début et une fin et qu’on comprend. Mais c’est qu’aucun de ses aspects n’arrivent à être un tant soit peu remarquable.


C’est comme si chacun des éléments du jeu avait été passé à la grande moulinette de la normalisation industrielle, autant sur le plan ludique que sur le plan créatif. Le gameplay est fonctionnel, la musique est classique, l’histoire est médiocre. Les personnages, la mise en scène, la navigation et les sensations de jeu, tout ca est : générique.


Qu’une grosse carcasse toute vide, sans intention créative originale, sans émotions fortes.


Qu’une grande resucée des éléments, et même des évènements qui ont composé son ainé sans comprendre pourquoi ils fonctionnaient si bien ensemble.


Aujourd’hui on dirait qu’une licence se marvélise, on pourrait dire que Drakengard 2 s’est Final Fantaïsé depuis son premier volet. On y retrouve tout les éléments classique du jrpg pas très intéressant : Nowe, un protagoniste adolescent naif, (très) bêbête, enfant de la prophétie, qui va se révolter contre l’ordre établi, vivre une histoire tragique ainsi que d’amour et entendre ses compagnons d’armes lui faire des ptites blagues. Tout cela sans subversions des tropes, et pourtant, a plusieurs moment on voit des idées poindre le bout de leur nez et : rien. L’absence de Yoko Taro à la direction du jeu est profondemment regretté pour ma part.



Commençons par se qu’on remarque de suite : la musique n’est plus cette oeuvre unique dans le paysage vidéoludique. Et pourquoi pas après tout, car le rythme et le propos du jeu ne sont plus les mêmes non plus. Et il faut avouez que la bande son colle au ton du jeu, mais c’est bateau, générique, pas inspiré. Y’a quelques belles composition par çi par là, des truc un peu mélo, un peu tragique, mais globalement c’est médiocre. Et étrangement, vu que les morceaux sont réutilisés tout du long du jeu on tourne plus en rond qu’avec le premier.


Des rythmes éfrénés et dissonants on est passé à de la pure musique cliché de fantasy qui ne porte pas d’émotion. La reprise d’exhausted se vautre dans un pathos lamentable, y’a plus aucune tension, qu’une belle voix sur une piste de #piano_triste. D’ailleurs si je peux me permettre, reprendre le theme de la fin B alors que ce jeu se passe dans la chronologie ouverte par la fin A, ca n’a mais alors aucun sens. À deux reprise le jeux se colle même à l’exercice du flash back tire larme, et la musique est tellement forcée qu’il n’y a plus rien à s’émouvoir.


Y’a quelques super morceau quand même : le prelude qui accompagne la cinématique d’ouverture est très beau, touchant, mais fait espérer des choses qui n’arriveront presque jamais, « Fate » le morceau le plus hype du jeu et accompagne ses quelques très bon boss fight et quelques autre comme « Valley of Aviddya » ou « The end of conclusion » sont vachement efficace.



Seconde chose quand on arrive : qu’est ce que ca cause, mais alors ca ne s’arrête pas. Les cutscene sont si longues, si mal écrites, les personnages si peu caractérisés. D1 caractérisait ses personnages avec une mise en tension entre un archétype noble et un désir malsain qui emportait tout autours de lui, mais ici ce ne sont rien que des archétypes : le beau gosse mystérieux, ancien mentor, qui fait des blagues sur les gonzesses ; la meuf qui à l’air forte mais en fait une grosse fragile qui va devenir le love insterest sans aucune raison et qu’on va devoir sauver 3 fois ; le méchant très méchant qui veut le pouvoir ou la fin du monde ; la meuf sacrificielle un peu coincée et protectrice avec le protagoniste ; le dragon, père et mentor qui fait des blagues sur les gonzesses. Comme une impression de répétition.


L’exposition du début est terrible, que des tunnels sur tunnels, on a l’impression que notre personnage vient tout juste d’appaitre dans le monde. Et encore une fois, gros contraste avec D1 où on te balance direct dans la guerre sans comprendre ce qu’il se passe. Là tout est expliqué, prémaché, de façon poussive jusqu’a ce qu’il ne reste aucune zone d’ombre, et c’est une constante. Les personnages vont évoquer un truc, puis PAF, 1 minutes de discussion pour bien expliquer ce que c’est que ce truc et pourquoi c’est pas bien ou inversement. En plus, ca vient interrompre l’action constamment et y’a beaucoup, mais alors beaucoup plus de dialogue.


Le tutoriel semble interminable, et va donc taper des caisses, et apprendre à faire une esquive, et vas y qu’on va t’afficher des pop up et interrompre ton jeu toute les 30 secondes pendant 2h c’est tout simplement criminel.



Une fois dans un niveau, bah ca se joue mieux quoi, mais c’est presque pire, car maintenant que c’est jouable les dev se sont dit qu’ils pouvaient se permettrent de mettre bien plus de padding, les ennemis parent beaucoup plus les attaques maintenant, sont invulnérables pendant certaines ripostes, et font plus de dégats, parce que pourquoi pas.


Mais la preuve que le mieux est l’ennemi du bien, c’est que finalement, c’était chouette de pas avoir de level design dans D1. Fallait vraiment pas essayer ici. Des niveaux labyrinthique, parfois sans carte, des champs de bataille en ilots reliés par des couloirs gigantesques, des objectifs sous chronomètre, ou juste pas du tout indiqué, des moments de remplissage intergalactiques et des littérales quêtes fedex. Rendez moi les open filed ultra basique de D1 par pitié.


Dans l’un des premiers niveau du jeu ils se sont vraiment dit « tiens, du plateforming, et pourquoi pas après tout ? :) ». Dieu soit loué c’est une unique occurence.


La caméra est trop proche aussi, du coup on voit pas du tout les ennemis derrière nous, cool. En parlant de caméra, est-ce que vous pouvez éviter de me montrer mon objectif avec une petite cutscene à chaque fois que j’en remplis un ? Foutez le sur la map, mettez une ligne de dialogue ingame et laissez moi jouer. C’est trop grave d’être interrompu comme ca pendant treize heure.


A dos de dragon c’est un peu dommage, mécaniquement c’est étoffé y’a pas à dire, mais le fait de pouvoir faire du vol stationnaire ca coupe un peu la fluidité du dragon qu’on avait dans D1, mais c’est cohérent avec ce level design beaucoup plus étriqué. Par contre, les ennemis peuvent plus nous faire tomber du dragon ce qui est une petite bouffée de joie. Dans les airs, ca va très vite, trop vite même, pourquoi si vite ? On est à bord d’un avion de chasse pas d’un dragon, je préfèrais honnêtement les sensations de jeu de D1 à ce niveau mais c’est pas trop mal.



L’histoire est vraiment mauvaise, pourtant c’est pas les idées qui lui manque, y’a beaucoup de thèmes abordés mais ca va jamais nul part d’intéressant avec. Alors bon, quand ton sujet principal c’est la révolution et la lutte contre l’oppression pardon mais fait un effort fréro, c’est pas compliqué de faire quelque chose d’un peu bien pourtant. L’irruption de Caim qui est hypé à la fin de chaque chapitre est pas très interessante, elle donne lieu aux meilleurs sequences de gameplay du jeu certes, mais la fin de son arc est catastrophique et un loupé total en terme de caractérisation.


Seere fait aussi une réapparition surprise puisqu’il sort d’absolument nulle part et on essaie de nous gaslight le fait que c’est un personnage super important.


L’exécution et le script sont particulièrement mauvais. Sans parler du syndrome de vouloir tout expliquer, les retournements sont courus d’avance, les dévellopements des personnages sont nuls ou mysogines, les réactions de Nowe aux évènements qui l’entoure sont pas crédible une seule seconde. Y’a un moment ou y’a une littérale prophétie des dragons, comme ca, qui sort de nulle part, et c’est vraiment pas bien d’être brassé par une prophétie intankable à une heure de la fin d’un jeu.


Le rythme de l’histoire aussi, faut tuer x boss pour ensuite que le vrai plot commence, c’est d’autant plus mou du genous qu’on va être constamment side questé. Et puis quand l’histoire commence vraiment on sait ce qu’il va se passer parce que c’est concrètement ce qui arrive dans le 1 donc ok, un peu hype. Et puis c’est naze. Y’a quelques ennemis qui deviennent des reskin verts quoi, et puis on arrive à endiguer ca en 2 pénibles heures, sans vraiment de conséquence. On est bien loin de l’horreur apocalyptique et cosmique du premier volet que ce jeu essaie pourtant de singer maladroitement.



On arrive au point mysoginie de la critique youhou ! Et j’ai l’honneur de vous dire que c’est pire que Drakengard. De très loin. Le premier du nom patauge dans une fange de désespoir, fait de sentiments extrêmes et destructeurs, de désirs intense et de fusion des chairs. Donc y’a des archétypes mysogine, mais bon, à coté t’as un pédo, un psychopathe et un incel. Disons que y’a une constance dans le ton d'avoir des personnages aux désirs dégoutants.


Mais ici, tout les personnages féminins alliées ne servent qu’au récit héroique du protagoniste, et s’effacent derrière lui. Eris, sa protectrice, ne sert qu’a être amoureuse, s’inquiéter pour lui et enfin se sacrifier pour un retour à l’ordre des choses dans la première fin. Certes, les 2 autres fins cherchent à réparer ce destin qu’est le sien, mais il n’empeche que ca reste une constante chez elle : une sorte de pulsion maternelle sacrificielle pour protéger celui qu’elle porte dans son coeur. Ca pue sa mère.


Pour Manah c’est encore pire. J’avais tant d’espoir en elle, c’est un personnage fort et moteur de l’intrigue, c’est elle qui est la principale figure révolutionnaire du jeu, et c’est donc elle qui ammène Nowe à se questionner. Son introduction est si bien réussi, et puis, patatra. Maintenant que le protag est acquis à la cause, il est tant de montrer que la Manah de D2 est, au fond, toujours l’enfant de D1 : à appeler sa mère en se repliant sur elle même quand elle a peur. C’est juste si gênant, elle n’a plus 8 ans, mais 18 de plus.


Je n’exagère pas en disant que pendant un gros tier du jeu, elle est juste dans un état léthargique freudien. C’est la seule personnage du jeu à avoir le droit à ce genre de traitement misérabiliste, et c’est à Nowe de la sauver d’elle même, de la sortir de ses traumatismes. Quand il y arrive, évidemment qu’elle veut le pécho ensuite, quoi de plus naturel ? Il faudra donc embrasser le héro juste avant le dernier boss du jeu, ce qui aura pour effet de lui donner une gaulle monumentale et lui faire, très littéralement, pousser des ailes pour se battre contre une figure tutélaire et son ultime trahison.


« J’ai surpassé mon père », dira-t-il fièrement quand son amourette lui demandera comment il va après cette dernière bataille. Si moultes éléments freudiens avaient la part belle dans D1, c’était pour montrer toute leur ignominie, ici, c’est le chemin vers la gloire et les femmes.


Tout ca sans parler de la seule boss féminine, qui à perdu sa beautée à cause d’un pacte, et qui est devenu une sorcière désagréable et malveillante. Vraiment sur tout les aspects ce jeu fait mieux que son prédécesseur y’a pas à tortiller du cul.



Hormis ca que dire de plus. Il y a beaucoup de boss fight dans ce jeu et ils sont très inégaux, ils sont soit les pires moments du jeu, soit les meilleurs. Et comme je ne voudrais pas être uniquement négative il faut reconnaitre que le boss fight contre Caim est juste un excellent moment de gaming. D’un coup y’a tout les éléments, ludiques et artistiques, qui décident de s’emboiter parfaitement et on se retrouve, le temps d’une dizaine de minutes presque avec silksong entre les mains.


Les design des personnages sont globalement très réussi, les quelques énigmes sont des vastes blagues, les armes légendaires sont intankable à grind et pas si bonne que ca et la fin est nulle.


Comment ça, il faut refaire intégralement le jeu dans des difficultés plus élevés pour avoir les 3 fins ? Je pense je préfère refaire Drakengard sans cheat et en grindant pour la fin E que de débloquer une fin de plus sur D2.



Donc, après avoir vu les branches B et C sur youtube, je peux vous le dire, les yeux dans les yeux, avec une profonde gravité : ce jeu ne vaut pas le coup.


N’y perdez pas votre temps. Sauf si vous tenez absolument à faire votre marathon, ce jeu ne mérite rien d’autre qu’un profond mépris.


En tout cas il n’aura jamais rien d’autre de ma part.

ElectroButch
2
Écrit par

Créée

le 11 oct. 2026

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