Dread Delusion est souvent présenté comme un Morrowind indé au look PS1. S’il est en effet un RPG qui s’inspire de ce que produisait Besthesda dans les années 2000, tant sur certains aspects artistiques que sur le plan de la proposition de jeu, il n’en est en revanche ni une copie ou un ersatz.


Premièrement, et de façon évidente, le jeu de LevelyHellPlace n’a pas la même ampleur qu’un épisode canonique de la série Elder Scroll. Budget indépendant oblige, le choix a été ici fait de mettre l’accent sur certains éléments constitutifs de l’expérience attendue dans ce type de RPG, et d’en simplifier d’autres. Ainsi, Dread Delusion mise avant tout sur ses dialogues, riches et nombreux, pour immerger le joueur dans son univers. Il peut également compter sur son esthétique rétro, qui pioche aussi bien dans l’onirisme de Morrowind pour sa flore que dans une palette de couleurs variée. D’un autre côté, les mécaniques de gameplay sont simplifiées : les combats sont rudimentaires, les pièces d’équipement sont peu nombreuses et basiques dans les buff proposés, et le crafting limité à la création d’une poignée d’objets et d’améliorations.


Si ces limitations ont pour conséquence de réduire les possibilités de gameplay (il faudra abandonner l’idée de se forger une épée magique qui foudroie les ennemis sur place, ou de faire les poches à des PNJ), elles ne rendent pas pour autant le jeu bancal. Dread Delusion s’en sort en effet plutôt bien avec ses seules qualités de narration et d’exploration, qui invitent autant le joueur à s’investir dans les quêtes et personnages rencontrés que de partir, boussole à la main, à l’aventure dans le monde « ouvert » (c’est-à-dire découpé en zones qui se débloquent au fur et à mesure de la progression). Le jeu développe également un univers assez riche dans la vingtaine/trentaine d’heures sur laquelle il s’étend, qui amène le joueur à visiter différentes contrées, villages et peuplades, toutes concernées par des problématiques qui leurs sont propres et qui impliqueront pour nous des choix parfois cornéliens.


Au final, on se retrouve facilement happé par l’envie d’explorer, de découvrir de nouveaux lieux, d’avancer dans le scénario et les quêtes secondaires. Les coutures sont parfois visibles, avec des environnements parfois vides qui obligent à quelques allers-retours fastidieux, ou des phases d’action peu intéressantes. Mais Dread Delusion tient ses promesses de base et synthétise avec beaucoup de brio une partie de ce qui faisait la force de ces RPG Morrowindesque des années 2000.


Petit encart technique Switch2 : Le jeu dispose d’une option pour caper le framerate à 30 images par secondes (qui fonctionne depuis une mise à jour de mi-avril 2026). Si cette option n’est pas activée, il tournera à 60+fps dans certains environnements, mais avec des ralentissements assez dérangeants dans d’autres. Une option est également disponible pour augmenter le FOV, ce qui peut accentuer les problèmes de framerate. Rien de catastrophique, mais suffisant pour favoriser un autre support (PC, PS5…) si vous le pouvez.


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le 23 avr. 2026

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