Earthbound est un RPG culte réalisé par Shigesato Itoi et son studio, APE Inc, aidé par le studio Hal Laboratory et le tout édité et chapeauté par Nintendo, publié sur SNES en 1994 au Japon et aux USA l'année suivante. L'Europe ne connaîtra le jeu qu'a sa resortie, en 2016 sur New Nintendo 3DS.
Earthbound fait parti des jeux qui sont limites bien plus cultes qu'ils n'ont été joué par beaucoup. Le boss final, Gygias est souvent réputé pour faire partis des boss finaux les plus effrayant jamais fais, l'écriture, moderne et décalé, a énormément inspiré de nombreux jeux indépendants, de Cave Story à Undertale, il est même souvent connu que le premier travail de Toby Fox fut un hackrom du jeu. Earthbound est donc un jeu plus connu pour sa légende que pour le jeu lui-même.
C'est cette légende qui m'a donné envie, très tôt, de tenter l'aventure. Et quel aventure.
Il faut comprendre avant toute chose que c'est un RPG de 1994. Avec tout les défauts qui vont avec, en terme de confort de jeu et de RPG vieillot. On a un inventaire ultra-limité, ce qui fait que c'est compliqué de gérer les objets, la difficulté du jeu n'est pas super bien pensé, il est souvent trop simple a certains moments, et bien trop dur, surtout au début quand tu es seul avec Ness. En terme de richesse de jeu, pareil, c'est assez pauvre, c'est vraiment du J-RPG assez basique, surtout quand la concurrence proposait sur la même console Final Fantasy VI. Malgré cela, le gameplay reste tout à fait correct.
Les graphismes sont mignons, et tout à fait correct pour de la SNES, et les musiques sont très qualitatives, avec des morceaux comme Magicent, Smile and Tears, Eight Melodies, qui font plaisirs à entendre.
Là où le jeu a acquis sa légende, c'est dans son scénario et dans son écriture. D'abord le scénario, unique en 1994, abandonne la traditionnel heroic fantasy pour présenter un RPG Urbain, avec une petite touche de SF, très légère. On s'aventure dans un monde loufoque mais cohérent, avec beaucoup d'humour mais aussi des moments plus touchants, plus tristes. Et enfin, avec le boss final, on s'approche même de l'horreur.
Et l'écriture ne fait que sublimer son scénario. Earthbound n'est pas l'un de ces RPG qui ignore ce qu'a fait le joueur. Quand tu sauves une zone de sa menace, celle-ci évolue, change. Les dialogues sont très drôles, écrit avec plein de malignité. Tu en as même plusieurs qui sont cachés, que tu ne découvres que si tu fais certaines actions ou que tu es dans un certain état. Le jeu oublie jamais aussi un certain aspect pédagogique : il s'adresse a un public jeune, et quand on se rappelle que c'était un des buts de Shigesato Itoi, d'éduquer aussi par le jeu vidéo, ça fait plaisir. Quand Ness souffre de "mal du pays" (homesick en anglais) car il est depuis trop longtemps loin de sa famille, le jeu nous explique qu'il faut appeler notre mère, mais le dit aussi au joueur d'ailleurs. Quand on sait que beaucoup d'enfant au Japon devaient éduquer loin de leur famille, ça fait plaisir à lire comme message. Ce n'est qu'un exemple parmi tant d'autres.
Je comprends tout à fait pourquoi ce jeu a marqué, et je pense que je l'aurais eu petit (ce qui n'aurait jamais pu arrivé comme déjà je suis né un an après le jeu, et en plus il n'est jamais sorti en Europe), j'aurais sans doute été aussi marqué que beaucoup de créateur de ma génération.
Earthbound a marqué l'histoire. Il est celui qui a ouvert la voie, qui a planté les graines d'un genre, d'une façon de concevoir le RPG. Et ainsi, c'est grâce a lui que 20 ans après, des jeux comme Undertale pourront apparaître. Je suis content d'avoir fini ce jeu. Malgré quelques petit défaut d'un jeu qu'a forcément vieilli.
Joué sur New Nintendo 3DS, fini en 27h.