Votre mission : retourner dans le passé pour sauver des jeunes gens qui vivent en colocation car l'espèce humaine s'éteint...
Enfin c'est ce que j'ai cru comprendre, car le préliminaire n'est pas des plus accrocheurs : un texte blanc sur l'écran noir, et un petit speech... Puis on est un peu télescopé dans la fameuse colocation, et on comprends qu'on va devoir modifier les choix des habitants pour tous les sauver. Soit.
En termes de gameplay, nous sommes à la première personne dans une maison délabrée, en pleine nuit. Oui nous sommes l'explorateur de ce lieu unique de jeu. On peut fouiller un peu, récupérer quelques objets, mais globalement, ce n'est pas le coeur du jeu. Nous disposons d'un système qui permet d'assister à des scènes de vie, ou plutot à des d'hologrammes projetés dans les différentes pièces. Dans ces hologrammes, nous pourrons modifier les choix des personnages à certains moments. Ce systeme dernier cris "technologie à induction" permet aussi d'accéder à une frise du temp, sorte de carte des choix effectués.
Alors vous me direz : "jeux narratifs, on est spectateur, soit ! C'est habituel".
Mais non, pas du tout ! Car nous seront le spectateur d'un type qui est lui même le spectateur de scènes ! Je précise : on incarne un type en combinaison, qui vient du futur, qui regarde le point de vue d'une personne sur une scène ... qui sont des reconstitutions des scènes originales. Ca fait beaucoup de mises abîme là, non ?
Bref nous sommes toujours tenu à distance et c'est sans doute dommage.
POur en finir avec ce que montre l'écran, la frise est peu claire, surtout car elle est linéaire, et pas en arbre comme peut l'être celle de Detroit Become Human par exemple. En termes d'accessibilité, ca fait le job, mais c'est pas l'idéal. Une bonne idée par contre, est qu'on peut modifier les choix directement sur la frise, sans devoir se refader les scènes. Parlons un peu de l'histoire.
Il y a donc l'histoire A, celle du type qui retourne dans le passé, et l'histoire B, celle des 6 personnages à sauver. L'histoire A n'a en soit aucun intérêt : c'est je pense un prétexte à inscrire le jeu dans un monde qui permet des suites. L'arc est relancé ponctuellement par quelques accroches et actions et qui amèneront une scène finale hautement improbable. Je préfère pas m'attarder dessus.
L'histoire B par contre, celle des 6 personnages, est plus intéressantes. Alors attention : on est avec 6 jeunes adultes, ça parle pas mal de problème de boulot, de famille et de boisson et de cul. Le clin d'oeil à la téléréalité est appuyé, mais l'ensemble est plutôt bien écrit, et on s'attache aux colocataires.
Le problème, c'est qu'au final, la mécanique de jeu consiste plus à essayer d'utiliser tous les choix possibles pour avancer dans le jeu, que de faire des choix pour voir où cela va nous mener. Car oui, potentiellement, on sera bloqué si telle ou telle action n'est pas réalisé. Très souvent. Et même si certains choix pourront être définitifs, la majeur partie du temps on essaye de trouver l'action qui débloquera la suite de l'histoire. Et c'est dommage.
Graphiquement moyen, narrativement sympathique avec son coté "secret story" et sa narration adulte, gameplay assez mince, le véritable intérêt d'Eternal thread, c'est plutôt les situations de vie de chaque personnage qui, bien que parfois clichés, permettent d'aborder des sujets sérieux de manière assez franche. Mais ne venez pas ici pour le gameplay !