Dans le bureau, personne ne vous entendra crier...

Par delà les Call of Duty et autres Battlefield s’affrontant années après années, le monde du FPS sait aussi s'étendre via d'autres expériences, tournées vers des univers autrement plus différents. C'est précisément le cas avec F.E.A.R qui, en 2005, éloigne le joueur des champs de batailles militaires pour flirter avec l'horreur… Bienvenue, vous intégrez le F.E.A.R, et cela tombe bien, car la situation est urgente !


Mais le F.E.A.R, qu'est-ce que c'est ? Le First Encounter Assault Recon est une escouade créée spécifiquement afin d'endiguer toute situation liée au paranormal. Et ce soir, l'alerte est donnée, car le bien nommé Paxton Fettel semble avoir décidé de foutre joyeusement le bordel, accompagné de son armée de soldats dont il a télépathiquement le contrôle. Qui est-il et que veut-il exactement… ? Bonnes questions, mais en tant que nouvelle recrue, il est de votre devoir de mettre un terme à tout cela ! Et lorsque des forces obscures se réveillent et déciment toute votre unité sauf vous, la situation s'avère des plus alarmantes…


C'est sur cette entrée en matière simple mais efficace et servie par une mise en scène sachant savamment doser mystère et un certain sens du spectacle que le joueur se retrouve à devoir évoluer dans des environnements austères afin de retrouver son chemin. Tout juste guidé par l'accompagnateur de l'escouade délivrant quelques objectifs et informations par radio, il ne faudra compter que sur votre arme et sur vous même pour vous en sortir. Il faut dire que, si l'on risque de se frotter à ce qui dépasse notre imagination, le protagoniste (dont le nom même reste inconnu) présente une palette de mouvements simple: sauter, viser, tirer, ouvrir des portes… On pourra toutefois compter sur une petite capacité de ralentissement du temps, permettant de se créer quelques sessions bullet time que ne renierait pas ce bon vieux Max. Limitée dans le temps mais ni en recharge, ni en utilisation, cette technique saura appuyer un certain sens du combat en laissant le joueur l'utiliser à son bon vouloir ou laisser cela de côté. Car il faut dire qu'entre cela et les nombreuses trousses de soins et munitions éparpillées un peu partout ou récupérables directement sur les ennemis, F.E.A.R ne présente guère un challenge très relevé. Equilibré en tout instant et présentant quelques rares instants un peu plus énervés, c'est en difficile que le soft révèle vraiment tout son charme, les adversaires faisant réellement mal et le jeu de couverture devenant vital.


Car l'on se retrouvera effectivement régulièrement seul face à une dizaine de soldats prêt à en découdre, qui n'hésiteront pas à vous rentrer dedans. C'est ainsi que l'on fait connaissance avec la plus grande force du jeu: son IA.

Eh oui, il faut paradoxalement remonter 20 ans en arrière pour trouver une IA digne de ce nom. Vos nemesis ne parviennent pas à vous abattre ? Ils lanceront bien vite une grenade pour vous débusquer. Vous avez réussi à vous extraire de ce piège ? Méfiez-vous de ce soldat qui vous contourne pour mieux vous prendre à revers tandis que son camarade occupe votre attention avec un feu nourri sur vous.

Vous l'aurez compris, il faudra rester sur ses gardes et ne pas hésiter à se mouvoir d'un abri à l'autre pour survivre tout en prêtant une oreille attentives aux ordres radio que se transmettent l'escouade adverse afin d'anticiper leurs mouvements. Fort heureusement, vous avez pour cela de quoi vous défendre: du simple pistolet (combinable en akimbo) à la mitraillette, fusil à pompe ou d'assaut jusqu'au plus rigoureux lance roquettes… Vous pourriez même vous laisser séduire par l'impact du Penetrator (le nom est suffisamment éloquent n'est-ce pas ?) et même ce fusil à laser réduisant instantanément en cendres chaque cible. Tout cet arsenal étant régulièrement mis à disposition comme mentionné plus en amont, c'est donc l'occasion idéale pour le joueur de pouvoir changer de jouet comme il le souhaite au fil de son avancée.


Une progression qui ne fera d'ailleurs pas au sein des environnements les plus accueillants. Dépourvues de tous PNJ vivants, parfois à peine pourvus en électricité, vous vous retrouverez bien vite à émerger d'un obscur couloir pour déboucher au sein d'un bureau abandonné. Si une certaine impression de claustrophobie peut se faire sentir (froids bureaux administratifs, espaces techniques, sous sols et autres conduits de ventilation), on ne pourra toutefois éviter une certaine impression de répétitivité et de déjà vu au fil des heures, à enchainer les mêmes biomes. Le level design n'étant de plus jamais très inspiré et pêchant parfois même d'une certaine cohérence.

Rien de dramatique non plus cela étant, et la découverte d'un cadavre dans une mare de sang, tout juste éclairé par un néon grésillant ou votre simple lampe torche, saura toujours faire son petit effet malgré tout. Oui, F.E.A.R ne ménage pas l'hémoglobine et autres effets gores (démembrements notamment). De quoi parfaitement coller à cette ambiance poisseuse et pesante qui s'instille depuis les toutes premières minutes. A cela s'ajoutent les quelques hallucinations parfois très intelligemment placés pour un petit frisson d''effroi face à Alma. Qu'on se le dise, F.E.A.R n'est jamais véritablement horrifique et les plus aguerris auront souvent une impression de fausse alerte, mais le jeu saura tout à fait instaurer une certaine tension tout au long de son déroulement. Car en effet, mis à part la situation de base initiée dans le prologue, on ne sait au final que très peu de choses des événements en cours. Aussi, c'est par le biais d'écoutes de messages répondeurs et d'informations glanées sur quelques PC que l'on pourra enfin démêler un peu le fil de tout ceci. Sur ce point, le scénario se révèle bien plus approfondi qu'on aurait pu le penser, mais il pêche toutefois par une rétention d'information trop prolongée. Il faudra en effet attendre les ultimes heures de jeu (voir dernière demi heure) pour enfin avoir toutes les révélations coup sur coup. Couplé à une narration au final assez cryptique (dépourvue de dialogues ou de cinématiques d'exposition), on peut ainsi aux premiers abords peiner quelque peu à saisir l'essence de tout cela.


Relevons également, enfin, la très bonne réalisation de l'ensemble. Si, 20 ans plus tard, il est forcément toujours délicat de juger de la qualité graphique d'un titre, force est de lui reconnaitre une modélisation de personnage soignées. De même pour les animations, les adversaires présentant une réelle fluidité dans leur déplacement (et l'on peut même apercevoir le corps de notre personnage, chose bien rare dans les FPS). L'action frénétique des combats sublime enfin le tout, entre effets de particules et fumées obscurcissant la vue suite à une explosion, ou rafales dans tous les sens sous les cris d'assauts. Le moteur physique n'est également pas en reste, permettant une réelle gestion de la destruction des décors (morceau de plâtre qui volent, écran qui s'explosent, impact sur les murs...).

F.E.A.R nous plonge dans l'angoisse ? Peut-être bien oui, mais on en redemande !



Même 20 ans plus tard, F.E.A.R n'a aucunement à rougir de sa proposition et se permet même de surpasser certains autres titres de nos jours.

Sublimé par une mise en scène de très bonne facture, un scénario plus profond qu'il n'y parait et une ambiance de grande qualité (les apparitions d'Alma, que ne renierait pas le cinéma), le titre fait part de toute sa maitrise dès lors qu'il s'agit d'échanger des coups de feu face à une IA ahurissante et ultra largement en avance même encore aujourd'hui (pas compliqué, c'est vrai). Témoignant d'une réelle énergie, soutenu par des bruitages tout à fait corrects, c'est une dizaine d'heures de plaisir et de rythme savamment dosé qui vous attendent.

Un classique à faire absolument.


LES PLUS :


- Gunfights nerveux et jouissifs

- Une IA extraordinaire à chaque affrontement

- Ambiance horrifique maitrisée


LES MOINS :


- Environnements trop peu renouvelés

- Level design peu inspiré

- Narration mal rythmée



David_AVINENC
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le 14 juil. 2026

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David_AVINENC

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