Il y a des jeux qu’on termine. Et puis il y a ceux qu’on traverse trop vite pour les comprendre.
Fallout 4 faisait clairement partie de cette seconde catégorie pour moi. Ou peut-être simplement de ceux que j’ai mal joués la première fois.
À sa sortie en 2015, j’avais passé une vingtaine d’heures dessus, concentré presque uniquement sur la quête principale. Une expérience assez superficielle, qui m’avait laissé un souvenir mitigé, sans que je prenne réellement le temps de m’y perdre.
Dix ans plus tard, la sortie de l’Anniversary Edition m’a donné une excuse parfaite pour y retourner. Cette fois, sans précipitation. En prenant le temps d’explorer, de traîner dans les ruines, de refaire le tour des DLC. Au final, environ 70 heures passées dans le Commonwealth.
Et le constat est assez clair : je n’avais pas vraiment joué à Fallout 4 la première fois.
Le plaisir de l’exploration avant tout
Ce qui fonctionne toujours aussi bien, c’est l’ambiance. Bethesda reste probablement l’un des studios les plus efficaces pour donner envie de fouiller un monde. Le Commonwealth est dense, lisible, rempli de micro-histoires racontées par l’environnement. On entre dans un bâtiment « juste pour voir » et on en ressort vingt minutes plus tard avec l’impression d’avoir découvert un bout d’histoire oubliée.
Sur ce point, Fallout 4 fait toujours mouche.
Un gameplay enfin vraiment agréable
Fallout 4 est plus agréable à jouer que ses prédécesseurs. Le gameplay est plus fluide, les combats plus dynamiques. C’est une modernisation évidente par rapport à Fallout 3 ou même New Vegas, que j’adore pourtant. On perd en profondeur RPG, mais on gagne en confort de jeu, en rythme et en dynamisme manette en main.
Et c’est peut-être là que se joue tout le paradoxe : un Fallout moins profond, mais plus immédiatement plaisant à jouer.
Un RPG qui a perdu de sa densité
Là où le jeu perd clairement des points, c’est dans ce qui faisait la force des anciens Fallout : les choix et l’écriture.
Les dialogues sont souvent simplifiés, les options de réponse peu inspirées, et les conséquences rarement marquantes. On est loin de la richesse de Fallout: New Vegas, qui reste encore aujourd’hui la référence absolue sur ce point.
Même Fallout 3, avec son ton plus désespéré et sa direction artistique plus froide, dégageait une atmosphère plus cohérente à mon goût. Fallout 4, comme Fallout 76, adopte quelque chose de plus coloré, presque trop « propre » pour une fin du monde.
Un monde post-apocalyptique qui ressemble parfois à une reconstitution plus qu’à une ruine.
Les extensions : du très bon et du dispensable
Difficile de parler de Fallout 4 sans évoquer ses DLC compris dans cette édition.
Far Harbor est clairement le point culminant. Ambiance plus sombre, écriture plus mature, choix plus intéressants : on se rapproche enfin de ce qu’on attend d’un Fallout narratif. À lui seul, il justifie presque un retour au jeu.
Nuka-World, en revanche, finit par tourner en rond. L’idée est bonne, le décor aussi, mais l’ensemble devient vite répétitif.
Quant à Automatron, l’extension robotique, elle souffre surtout de sa durée de vie trop courte et d’une difficulté peu marquante quand on arrive déjà bien équipé.
L’Anniversary Edition : surtout un prétexte
Reste la question de cette Anniversary Edition.
Honnêtement, elle n’apporte pas grand-chose de fondamental. Elle regroupe surtout du contenu issu de la communauté via le Creation Club, avec quelques ajouts officiels : armes, petites quêtes, armures ou éléments de gameplay dispersés. Mais rien qui ne transforme réellement l’expérience ou ne redonne une nouvelle lecture du jeu.
Pour quelqu’un qui n’est pas intéressé par les systèmes de construction ou les contenus communautaires, l’intérêt reste limité. C'est mon cas. On est davantage sur une compilation « définitive » que sur une vraie nouvelle version du jeu.
Elle a surtout du sens pour deux profils :
- ceux qui n’ont jamais fait Fallout 4 ;
- les fans qui veulent tout regrouper dans une seule édition.
Pour les autres, difficile d’y voir une vraie plus-value.
Dommage aussi que des projets comme Fallout: London, pourtant impressionnants dans leur ambition, restent totalement à côté de ce type d’éditions. Ils rappellent pourtant à quel point l’univers de Fallout continue de survivre surtout grâce à sa communauté.
En définitive, si mon regard sur Fallout 4 s’est amélioré avec le temps, celui que je porte sur cette Anniversary Edition reste plus réservé : elle m’a surtout donné une excellente excuse pour revenir dans le Commonwealth, sans vraiment me donner de nouvelles raisons d’y rester.
Conclusion générale
Fallout 4 reste un paradoxe.
D’un côté, un jeu plus agréable à jouer que ses aînés, porté par une exploration toujours aussi efficace et un monde fascinant à parcourir. De l’autre, un RPG qui a perdu en profondeur ce qu’il a gagné en fluidité.
Et pourtant, après 70 heures dans le Commonwealth, difficile de nier l’évidence : malgré ses défauts, il y a quelque chose de profondément accrocheur dans ce monde en ruines. Une envie constante d’ouvrir « juste un dernier bâtiment » avant de poser la manette.
Je peux lui reprocher beaucoup de choses. Mais pas celle de ne pas savoir me retenir d’y revenir.