Après avoir passé 36 heures sur Far Cry 6, le constat est assez mitigé. Même si le jeu en met plein la vue, il lui manque des choses pour que l’on s'attache vraiment à l'aventure.
Consultez la critique en vidéo
Une enveloppe magnifique mais qui manque de finition
Visuellement, le jeu est graphiquement magnifique. Ubisoft a fait un boulot de dingue sur l'île de Yara. Ces graphismes rendent l’'immersion visuelle impressionnante. On a vraiment l'impression d'y être, et cette ambiance est portée par une OST de qualité. La musique colle parfaitement à l'esprit "guérilla tropicale" et donne une vraie patte sonore au titre.
Côté gameplay, c'est du solide. L'arsenal d’armes est assez grande et on s'amuse vite avec toutes les armes à disposition. L'ajout des Supremos est une excellente idée : ces sacs à dos bricolés apportent un côté un peu fou et chaotique qui fait du bien. D'ailleurs, j’ai préféré largement celui qu'on récupère dès le début du jeu, il est très efficace contre les véhicules terrestres et aériens.
Cependant, dès qu'on regarde les personnages de plus près, le charme rompt un peu. Les visages ne sont pas très bien faits, surtout quand on les compare à la beauté des décors. Il y a aussi des soucis de finition assez agaçants dont les sous-titres français manquants pour les conversations des PNJ dans la rue. C’est dommage, car ça nous coupe d'une partie de la vie de l'île et de l'ambiance locale.
Un scénario vide et anecdotique
Un des problèmes du jeu est clairement son écriture et son histoire. On se retrouve avec un scénario de libération de dictateur beaucoup trop classique. C'est du vu et revu, et ça manque cruellement d'originalité. Si on compare avec Far Cry 5, l'ambiance de la secte et de l'église avec Joseph Seed avait un côté mystique et dérangeant qui marquait vraiment les esprits. Ici, on est sur une trame basique qui s'oublie très facilement.
Ce manque de profondeur se ressent aussi sur les différents personnages. Notre personnage principal manque totalement de charisme, et on s’en bat les couilles de lui. Les personnages secondaires qui nous entourent ne relèvent pas le niveau : ils sont inintéressants et sont limites des clichés sur pattes.
Abordons maintenant l’antagoniste du jeu, Antón Castillo. On a un grand acteur, un méchant qui a de la gueule, mais il est cruellement sous-exploité. Il apparaît dans quelques cinématiques en peu de quantité, mais on n'a jamais cette sensation de réelle menace psychologique ou directe qu'on pouvait avoir avec les méchants des précédents opus, dont Far Cry 5.
La lassitude d'une formule qui s'essouffle
Après 36 heures de jeu, je peux le dire, je me suis fait chier, le jeu souffre d'un manque d'originalité flagrant. On a l'impression d'un jeu sans réelle âme, un produit lambda comme le fait Ubisoft dernièrement. La structure du monde ouvert est devenue une routine un peu fatigante. On se retrouve à faire toujours les mêmes objectifs secondaires : on détruit une tourelle anti-aérienne, on capture un poste de contrôle, on nettoie un camp, et on recommence.
C’est extrêmement répétitif. On avance plus par automatisme que par réelle envie de découvrir ce que l'île a à nous offrir.
Points positifs
- Jeu très beau graphiquement
- Une bonne OST
- Un grand arsenal d’armes avec les Supremo assez utiles (surtout celui qu’on acquiert au début)
Points négatifs
- Un scénario beaucoup trop classique de libération d’un dictateur, j’ai préféré le scénario du 5 avec l’église
- Les visages ne sont pas très bien faits
- Les sous-titres français manquants pour les conversations des PNJ
- Un jeu sans réel âme
- Toujours les mêmes objectifs secondaires : tourelle anti-aérienne, poste de contrôle et camps
- Héro principal sans charismes
- Personnages secondaires inintéressants
- Un méchant cruellement sous-exploité
5.5/10