On enchaîne avec le troisième épisode de la mini-série de jeux d’horreur, Fears to Fathom: Carson's House (2023) toujours développé par Rayll Studios. Après les deux premiers essais, courts mais marquants, l’un se passant au domicile d’un gamin et le deuxième dans un motel perdu au fin fond d’une forêt américaine, nous sommes de nouveau projetés ici dans le quotidien d’un adolescent, Noah, missionné pour du gardiennage de maison de nuit chez un ami de ses parents. Fidèle au propos à l’origine de la série, le scénario, les événements semblent tirés d’une histoire vraie. Comme à chaque fois, l’action prend place dans un quotidien banal permettant de mettre, par la suite, en exergue l’horreur des événements troublants l’ordre initial. On ne coupera pas aux courses au supermarché du quartier, au remplissage de la gamelle du chien, au devoir de mathématiques à terminer, aux échanges de SMS avec les parents ou les amis, etc. Toutes ces actions anodines impliquent le joueur dans une sorte de parenthèse loin du cadre horrifique promis et pourtant, Dieu sait qu’il s’agit sûrement de la meilleure méthode pour introduire l’horreur qui vient. Sans dévoiler le cœur du scénario, ce troisième opus dépasse les deux premiers en intensité de par le réalisme de la situation dans laquelle Noah se retrouve plongé malgré lui, de par son ambiance rappelant le premier opus et de par la chute brutale. Pourtant, j’ai énormément apprécié les opus précédents, mais celui-ci a quelque chose de glaçant. Toujours dans un style rétro pas piqué des hannetons, Fears to Fathom possède une identité visuelle forte donnant beaucoup de cachet à la licence. Alors tout n’est pas parfait. En effet, la fin brutale m’a donné du fil à retordre et j’ai dû malheureusement recommencer 4 ou 5 fois avant de réussir. Je dirai que la fin manque de clarté dans les objectifs à suivre pour éviter le « Die & Retry ». Comptez entre 1h et 1h30 pour en voir le bout. A 4,99 € voire moins pendant les soldes, Fears to Fathom: Carson's House vaut clairement son prix.
Au-delà de cet aspect, je dois saluer le talent immense de cette équipe (de ce gars ?) capable de produire des petits jeux indépendants d’horreur, sans ambition folle, mais avec une approche artistique et psychologique de l’horreur la plus clairvoyante et maîtrisée du marché dont on sait qu’il est à saturation. Comme vous le savez, les jeux d’horreur (autrefois de niche) accompagne, suive la croissance exponentielle du marché des streamers puisque ce sont des jeux à sensation permettant à ces derniers de s’en donner à cœur joie et de surjouer à tous les niveaux. Les jeux d’horreur indé ou pas sont donc devenus tendance auprès du jeune public qui, pour la plupart, passe moins de temps à les jouer qu’à les regarder via leur(s) streamer(s) favori(s). Mais ceci est une autre histoire…