Il est certainement plus facile de se rendre compte de l'aura légitime de ce titre lorsqu'on a connu la sortie du jeu en 97. Encore que ; même 25 ans plus tard, si vous avez le goût des RPG japonais, il est possible que vous vous preniez une claque, comme ma génération avec la découverte de Chrono Trigger en 2009 sur DS, l'autre classique du genre.
Ce qui marqua au fer rouge les joueurs avec FF7, ce fut avant tout sa richesse, le côté jusqu'au boutiste de la création de son univers : la densité de son background, de son scénario, la construction de son monde et de ses personnages. Le soin apporté à ses très nombreux dialogues, à l'animation de ses personnages en combat, à l'esthétique de ses magies, à la mise en scène de ses invocations, à ses décors 2D enchanteurs. Une générosité foisonnante qui révéla au monde (avec Mario 64 et Zelda OOT), ce à quoi pouvait ressembler une superproduction vidéoludique.
FF7 est un témoin de l'histoire du jeu vidéo, d'un moment où les développeurs tatonnaient avec le début de la 3D, permise par la PlayStation et la Nintendo 64. Les nouvelles capacités techniques de la console permirent comme jamais auparavant, de créer des outils pour rendre compte de l'ampleur du monde auquel ils voulaient faire croire.
C'est ainsi que Squaresoft créa les scènes cinématographiques en images de synthèse, les modèles en polygones pour les personnages, les somptueux décors en artworks 2D pré calculé, des mini-jeux chiadés, et une worldmap en relief à 3 strates (terre, ciel, fonds marins), avec des variations de luminosité du jour en certains lieux.
De plus, le rythme soutenu des événements de sa narration et de sa boucle de gameplay (combats / exploration / dialogues) ainsi que la rapidité de ses combats, faisaient de cette expérience vidéoludique un plaisir addictif et hypnotique. Une fois la manette en main, nous ne voyions plus le temps passer et même le farming nous semblait agréable, grâce à l'apprentissage des matérias et des nouvelles limitbreaks.
Tous ces éléments contribuèrent à l'émerveillement de chaque instant auprès des joueurs et créèrent les bases des 3 opus maîtres de la saga, qui sortirent sur PlayStation 1. Définitivement, il y eu un avant et un après FF7.
Certes, sa réalisation d'ensemble est maintenant datée et très loin du côté réaliste des jeux modernes, mais ses évocations symboliques font justement partie de ses qualités intrinsèques. Tout ne nous y est pas donné entièrement visuellement, une place est laissée au travail d'imagination du joueur et au côté mystérieux de l'oeuvre, à l'instar d'un livre.
C'est précisément de nos jours qu'on peut se rendre compte que l'utilisation des évolutions techniques a pris une place telle, qu'elle contraint les aspects artistiques et vidéoludiques (gameplay) de ces oeuvres.
Pour ces raisons, vouloir en faire un remake avec le design réaliste des jeux modernes oblige forcément à faire des choix cornéliens au détriment d'autres aspects du titre ; le résultat ne peut donc être qu'au mieux, vain, qu'au pire, un saccage de l'oeuvre originale.
Tout ça c'était FF7, et c'était tout neuf en 97, une véritable révolution.
Qu'a apporté le remake à celui-ci ? Strictement rien. Pire, tout y est inférieur, à tout point de vue. Aussi bien le système de combat, l'identité du world / level design, que le système d'évolution des personnages et des matérias en pâtissent. Exit aussi le rythme alletant de l'aventure, et les quêtes annexes dignes de ce nom.
Tout ça pour dire aux nouveaux joueurs, jouez à l'original et pas à sa copie mercantile. C'est lui FF7.