Même si l'âge d'or de la fin des années 90/début 2000 était déjà passé depuis quelques années, Final Fantasy XIII est l'épisode qui a considérablement créé une rupture voire une fracture avec le public mais surtout avec son héritage.
L'aventure nous propulse dans un univers visuellement magnifique encore aujourd'hui : Cocoon. C'est un monde futuriste autoritaire mais surtout très gnostique, laissant peu de place au pourquoi du comment. Les personnages se retrouvent malgré eux dotés d'une mission divine vécue comme une malédiction, et c'est comme ça ! On se retrouve alors embarqué dans une quête sans vraiment comprendre les tenants et aboutissants.
L'aventure est extrêmement linéaire dans sa première partie. Les graphismes sont impressionnants, les musiques de qualité, et les temps de chargement réduits. C'est une belle prouesse ! Côté gameplay c'est un tour par tour automatisé qui semble vite montrer ses limites.
Au fil des péripéties nos personnages sont amenés à être séparés, souvent en duos. On entre alors dans une routine assez insupportable : exploration couloir, combats sur le chemin, cinématique (où les personnages font part de leurs émotions sans qu'on ait une quelconque attache ou tout du moins suffisamment de vécu partagé), puis on passe à un autre duo en vivant la même expérience. Cette boucle se répète énormément dans la première grande partie du jeu. On peut la vivre comme un gigantesque tutoriel presque embarrassant...
La difficulté à comprendre ce monde (lire les documents est si nécessaire), la linéarité de l'exploration, le tour par tour automatisé : le joueur se retrouve face à une belle vitrine technique dont il est à peine l'acteur. Tout ceci se justifie par le scénario : c'est une fuite en avant, le temps est compté ; mais pour le joueur fan de Final Fantasy qui veut découvrir ce monde c'est un crève-coeur.
A la manière d'un Final Fantasy XII, le casting est peu marquant, souvent tête-à-claque, voire insupportable par moment. C'est un sacré raté de ce côté-là. Seul Sazh tire son épingle du jeu : ses réflexions et son état d'esprit sont touchants. Pour Lightning, même si on veut nous faire croire l'inverse, elle est bien un Cloud au féminin.
C'est après beaucoup d’heures de jeu que la fine équipe, qui a réussi à se supporter, pose ses valises dans une toute autre partie de l'aventure : un monde "ouvert" offrant de l'exploration conséquente et de nombreuses quêtes annexes. Cette deuxième grande partie du jeu est une bouffée d'air frais assez fantastique ! Si c'était un objectif des développeurs c'est réussi. L'arrivée sur ce nouveau territoire est vécue comme une libération, elle rappelle comme un mélange entre Final Fantasy X et XII. Les paysages sont magnifiques mais les ennemis redoutables...
La difficulté du jeu est réhaussée soudainement. Effectuer des quêtes annexes pour faire évoluer les personnages devient vite nécessaire car la suite de l'aventure gagne en complexité. C'est là qu'on se rend compte que le tour par tour automatisé ne suffit pas, il faut veiller à établir des stratégies en associant les bons rôles aux bons personnages aux bons moments. En réalité, on finit par s'éclater en configurant des trios du tonnerre ; on ne fait pas qu'attaquer et soigner, les rôles de saboteur, tacticien et défenseur ne sont pas là par hasard !
Final Fantasy XIII est un épisode pas si facile que ça. Certains passages sont corsés ! Le dernier donjon en est un bel exemple : les ennemis sont coriaces et nombreux, beaucoup trop nombreux... Comme pour la fine équipe on ne retiendra pas les antagonistes, ils n'ont aucun charisme et ne sont qu'un fragment dans la destinée des personnages.
Vers la fin de l'aventure, le jeu propose de revenir sur les lieux visités afin de poursuivre les quêtes optionnelles qui ponctuent le monde. Pour être honnête : on souffle fort de ces chasses, on a juste hâte de finir le jeu.
Pour faire court, Final Fantasy XIII n'est pas un mauvais jeu en soi, c'est juste un très mauvais Final Fantasy. Il fait passer ses ambitions visuelles et sa narration avant le plaisir du joueur, mettant de côté les codes qui ont fait le succès de la série. C'est une grossière erreur pour une saga aussi populaire.