Flower est un jeu un peu particulier. Il n'y a pas de score, pas de limite de temps, pas de vie, pas une seule inscription à l'écran. Les seules informations sont en fait communiquées via l'état du... pétale contrôlé.
Comme c'est inhabituel ! Voici la base de l'histoire : une ville est plongée dans la pollution, le marasme et surtout, le gris, voire le noir. A chaque début de niveau, une fleur vous offre un de ses pétales, que vous contrôlez via les mouvements appliqués à la manette SIXAXIS (uniquement). Ce pétale flotte au vent, et vous devrez frôler les fleurs dans les différents niveaux du jeu pour les faire éclore, récolter un pétale par fleur (vous finirez par avoir une belle traînée multicolore) et activer divers « mécanismes » par la réalisation de certaines figures aériennes. Mécanisme n'est pas le meilleur terme, puisque les actions sont mystico-magiques : en tournant autour d'un amas de pierres, vous les ferez s'étendre et colorierez les alentours.
L'univers est très poétique et fort joli, avec une symbiose entre les actions, les images et la musique. A chaque fleur éclose correspond une couleur et un son, si bien que lorsqu'une colonne de plantes se trouve face à vous, une petite mélodie se fera entendre quand vous les survolerez. On y trouve donc des éléments communs au jeu REZ de SEGA (pour ne citer que lui), entre l'interface épurée, le choix stylistique et le lien entre le joueur et ses sens. Sentiment renforcé (en bien et en mal) par le système de contrôle du pétale. Un peu usant à la longue, on n'aurait pas rechigné à utiliser les sticks analogiques comme dans un Nights Into Dreams de SEGA - encore -.
Le jeu est court, très court, mais reposant, et cette douceur fait du bien entre deux parties de God of War. Il y a tout de même quelques événements inattendus dans le déroulement du jeu, et on se surprend à éprouver de la tendresse pour le « personnage principal ».
Les quelques trophées du PSN ajoutent un peu à la durée de vie (faire éclore 10000 fleurs, par exemple) mais on reviendra régulièrement à ce jeu, même pour une micro partie, histoire de se changer les idées. Sauf si, comme moi, vous êtes un collectionneur compulsif, auquel cas vous passerez des heures à trouver la moindre fleur planquée (et non, il n'y a même pas de compteur, donc ça ne sert à rien...)