Faster Than Light pourrait être un excellent jeu. Sa narration prenant la forme de textes, il permet à l'imagination de faire ce que ses graphismes en 2D ne font pas, développant un univers riche rappelant un bon roman de SF. La gestion de l'équipage, les vaisseaux à déverrouiller, le grand nombre de combinaisons possibles en termes d'armes, de stratégies (hacker le vaisseau adverse, y mener un abordage, viser ses boucliers...) rend le tout passionnant à découvrir et donne une immense rejouabilité. Seulement à cet univers s'adjoint un fonctionnement proche de la machine à sous. Et la richesse du jeu d'être oblitérée par la frustration que l'on éprouve en y jouant.
Je ne serais d'ailleurs pas surpris d'apprendre que le jeu était initialement un pay to win que l'on a amputé de sa partie monétaire. Pour bien comprendre cet aspect, je dois vous décrire rapidement comment fonctionne le jeu : celui-ci n'a pas d'univers fixe, mais génère un nouvel ordre de planètes, de nouveaux types d'ennemis et de nouveaux chemins chaque fois que vous y jouez. Du même coup, la difficulté de ces mêmes parties peut varier du tout au tout : tantôt vous arriverez sans réelle résistance au boss de fin, tantôt vous serez anéanti dès le premier combat par la combinaison vicieuse d'un vaisseau trop fort pour vous et d'un environnement handicapant.
Or la seconde de ces possibilités adviendra bien plus souvent que la première. A quelle fréquence? Sur tout le temps que j'ai joué au jeu, il m'a fallut perdre 105 fois avant d'avoir une victoire. Ce qui vous pousse à rejouer est la sensation d'avoir fait un mauvais choix, d'avoir dépensé vos précieuses ressources pour améliorer les mauvais éléments. A chaque fois, on se dit "ce coup-ci, c'est la bonne", exactement comme dans un casino. Mais la réalité est que votre réussite ou votre échec dépend intégralement du bon vouloir des algorithmes qui génèrent l'univers que vous allez parcourir.
Qu'on s'entende bien : ce n'est pas la difficulté d'un jeu que je voue aux gémonies. J'ai été un grand joueur de Dark Soul et j'adore que la résistance soit telle qu'elle mette votre adaptabilité et votre patience à l'épreuve. But the game never rest when your all world depends of the turn of a friendly card, comme dit la chanson, surtout lorsque vous avez moins de 1% de chances de tirer la bonne...