Avant même son annonce, j’attendais Sons of Sparta de pied ferme. Les rumeurs parlaient d’un metroidvania God of War en pixel art se passant à l’époque Grecque de la saga. En somme, que du bonheur en perspective pour le fan que je suis. Et puis il y a eu ce shadow drop de fou. Dès le 1er trailer, je ne savais pas trop quoi penser de la DA. J’étais rassuré qu’il ait un minimum de gueule, mais je demandais à être convaincu. La DA finale est à l’image de ce trailer : assez inégale. Il y a des supers idées visuelles, et certains environnements sont vraiment jolis. Mais d’autres sont plus quelconques, plus génériques, et manquent un peu de charme. Les ennemis sont parfois mitigés, et les effets spéciaux peuvent également jurer.
Niveau système de jeu, Sons of Sparta est un metroidvania des plus scolaires. Vu les excellents jeux du genre disponibles depuis quelques années, vous n’avez aucune raison d’y jouer si la licence ne vous intéresse pas, et que vous voulez juste vous faire un metroidvania. Ce n’est pas mauvais, c’est même assez solide, ça fonctionne bien. Mais sans plus. Les boss sont médiocres, au contraire des combats, qui sont plutôt sympas, mais qui je pense auraient pu être bien meilleurs avec un peu plus de polish.
Le polish, c’est d’ailleurs un mot inconnu dans Sons of Sparta. Quelle honte de la part de Sony de shadow drop un tel jeu, d’une telle licence, dans un tel état. A sa sortie, le jeu était gorgé de bugs jusqu’à la moelle, des bugs 100% reproductibles et impactant 100% des joueurs. Je me suis tapé des fous rires devant des bugs honteux dignes de Bethesda, encore présents plusieurs semaines après la sortie : dialogues sans son, musique qui se coupe et se relance n’importe comment, Deimos qui ne bouge pas pendant les Boss, sprites de Kratos ou de Deimos qui freezent complètement… Et un mois et demi après, je devais toujours remettre le jeu en VO à chaque lancement, car le jeu ne sauvegarde pas les préférences de langue. Oui, c’est ce niveau de finition.
Reste l’histoire, faites pour cueillir les fans : Kratos adulte qui raconte à Calliope une de ses aventures de jeunesse impliquant Deimos, comment ne pas fondre. Surtout que TC Carson est de retour, et que l’équipe de développement a bossé son lore : à ce niveau, le fan sera servi, et c’est un vrai plaisir de redécouvrir tous ces personnages dans ce contexte. Ils ont vraiment écrit Deimos comme Atreus, donc la prise de risque est minime, mais Kratos / Atreus ça fonctionnait parfaitement donc bon. C’est aussi intéressant de découvrir un Kratos jeune, respectueux des Dieux, frère aimant et espiègle. Malheureusement, Sons of Sparta échoue à raconter une histoire intéressante autour de ses héros : la quête du jeu est un MacGuffin sans fin qui devient assez risible, à savoir trouver un compagnon Spartiate disparu. Aucun effort n’est fait pour cacher le côté 100% prétexte, et si la finalité est intéressante, elle aurait là encore pu avoir plus d’impact avec plus de polish.
La vraie réussite de ce spin-off, c’est son OST : Bear McCreary nous sort une nouvelle DINGUERIE, aux confluences des OSTs grecques originales et de quelque chose de totalement nouveau pour la saga. Avec parfois un peu de 16-bits dans l’équation. Et c’est brillant, quelle réussite ! Je ne me lasse pas de l’écouter.
Sons of Sparta est donc un jeu qui a du coeur, que j’ai vraiment voulu aimer, tout du long. Et je l’ai aimé, quelque part. Même s’il n’est pas ouf, et même s’il est objectivement décevant. Il aurait a minima mérité 3 à 6 mois de polish en plus, et une bonne année de développement supplémentaire pour opérer les changements qui lui auraient permis de devenir un immanquable. Une véritable occasion ratée, pour Sony comme pour les joueurs.