Ma note ne fait sens que parce que j'ai joué à ce jeu en 2026.
Si à l'époque, il n'était possible de jouer à Gun Valkyrie UNIQUEMENT avec les contrôles par défaut, aujourd'hui notamment grâce à l'émulation, on peut faire ce qu'on veut. Et autant dire que vous allez avoir besoin de changer les touches! Sauf si vous tentez le speedrun canal carpien bilatéral glitchless any%.
A l'origine ce projet Sega devait être un rail shooter (on ressent d'ailleurs une influence Panzer Dragoon avec la visée automatique) mais après le changement de giron chez Microsoft, le projet est remanié, abandonnant le rail shooter pour devenir un TPS. On pourrait facilement se dire que le projet est sorti un peu en catastrophe, sans réel maîtrise du propos 3D, mais ce serait une grave erreur.
Le jeu embrasse totalement la 3D et la quasi intégralité de son gameplay va se baser sur la manière dont vous parvenez à faire mouvoir votre personnage dans l'espace, et pas tant sur le shooting en tant que tel. A tel point qu'il est à mon sens plus proche d'un jeu de plateformes que d'un shooter traditionnel.
En fait, pas évident de coller une étiquette sur Gun Valkyrie... Le jeu ne ressemble à rien qui l'a précédé, ni suivi, pour proposer une expérience assez unique. Une singularité qui peut très facilement frustrer et rebuter le joueur qui y fait ses premiers pas, d'autant plus que le jeu ne vous prend vraiment pas par la main. Casual ou expert, les 30 premières minutes seront douloureuses, temps d'apprentissage néanmoins nécessaire pour comprendre les rouages finement huilés de ce gameplay et entrapercevoir le potentiel sous-jacent.
Si le jeu est difficile à prendre en main pour un néophyte, rassurez vous, il est encore plus difficile à maîtriser à la perfection. "Hard to learn, hard to master", c'est bien l'expression qui lui convient le mieux. On y mêle shooting, plateforme, un système de combo pour booster vos dégâts lorsque vous enchaîner des figures aériennes différentes, une verticalité omniprésente qui vous demandera souvent de viser des ennemis en dessous ou au dessus de vous, un système de scoring à la fin des niveaux qui impacte la monnaie gagnée pour augmenter ses capacités...
D'autant plus que le level design évolue entre les niveaux et changera vraiment votre approche. Tout d'abord les niveaux bien que relativement ouvertes sont assez linéaires et constitués de plateformes, ensuite on transitionne vers de l'intérieur avec des corridors, ensuite on passe sur de la verticalité pure... Mais on a aussi la présence de quelques boss sympathiques, même si une fois le pattern assimilé ils ne devraient pas vous opposer trop de résistance.
Laissez moi refermer tranquillement la grosse parenthèse sur le gameplay pour vous parler des visuels, tout simplement sublimes. Les environnements sont beaux, détaillés, avec parfois des effets de particules bien sentis. Les animations de votre personnage sont belles et fluides, et la direction artistique sans être transcendante nous transporte très bien dans ce trip steampunk rétro futuriste.
Un voyage accompagné d'une bande son très entêtante et mêlant de nombreux styles différents. Alors certes, il n'y a probablement pas de "chefs d'oeuvre" dans l'ost, mais elle contribue fortement à l'ambiance si particulière du titre.
Parlons un peu contenu, car selon moi c'est là que le bât blesse. Une fois lancé, vous finirez très certainement le jeu en une poignée d'heures (compter 5 ou 6 heures pour un premier playthrough), sachant il n'y a aucun autre mode de jeu que le mode de jeu solo et que certains objectifs sont assez rébarbatifs (particulièrement devoir nettoyer TOUTES les unités présentes dans le niveau).
Ce triste constat est néanmoins nuancé par la rejouabilité certaine du titre. Si l'idée de refaire le jeu en maîtrisant les arcanes de ce gameplay aux petits oignons est très tentante (d'autant plus avec le scoring), la présence d'un second personnage masculin dont le gameplay diffère de la valkyrie principale devrait vous convaincre d'au moins relancer l'aventure une fois. Enfin, Il y a les orbes cachées dans chaque niveau, vous permettant d'accéder à la sacro-sainte dernière armure du jeu.
On finit avec le scénario, qui se veut HYPER anecdotique. Dommage, on aurait aimé pouvoir s'attacher beaucoup plus à tout ce concept de Gun Valkyrie qui, finalement, est super nébuleux et sans réelle substance.
Un gros coup de coeur ce jeu, dans une ère où tous les jeux se ressemblent tant ils sont ankylosés par leur cahier des charges dicté par les investisseurs. Une expérience unique et polarisante, qui aurait péniblement mérité la moyenne avec son attribution des boutons sur le clic des sticks vous poussant irrémédiablement vers une double tendinite des pouces.
En 2026 cependant, avec les possibilités offertes par les nouvelles technologies, on peut se permettre de changer ce qui semble être un simple détail pour rendre le jeu parfaitement jouable. Est-ce qu'il ne serait pas temps de réhabiliter cette gemme cachée?
Ma réponse est un grand oui.