Il y a des jeux qu’on lance “pour voir”… et qu’on n’arrête plus. Hades fait clairement partie de cette catégorie.
Dès les premières minutes, le jeu impose une mécanique terriblement addictive. Chaque run est rapide, nerveux, parfaitement rythmé. On meurt, on recommence, et pourtant jamais avec frustration : chaque tentative apporte quelque chose, une progression, une compréhension, une envie d’aller plus loin. C’est du roguelike pur, mais exécuté avec une précision chirurgicale par Supergiant Games.
Là où le jeu frappe encore plus fort, c’est avec son lore. Profond, riche, constamment distillé au fil des échecs, il transforme ce qui pourrait être une simple boucle répétitive en véritable quête narrative. Les dialogues évoluent, les relations se construisent, et on se surprend à relancer une partie autant pour progresser que pour découvrir la suite de l’histoire. C’est ce qui fait toute la différence : la répétition disparaît derrière la curiosité.
Visuellement, la direction artistique est tout simplement magnifique. Chaque personnage est immédiatement identifiable, chaque environnement a une identité forte, et l’ensemble dégage une cohérence rare. C’est un jeu qui a une âme visuelle, et ça se ressent à chaque instant.
Ce qui est intéressant, c’est que même en étant quelqu’un qui déteste les jeux répétitifs, Hades parvient à faire oublier ce défaut. Sa construction globale — gameplay, narration, progression — est suffisamment intelligente pour transformer une faiblesse potentielle en moteur d’engagement.
Mais il faut être honnête : une fois la “fin” atteinte, une certaine lassitude peut s’installer. Sans remise en question ou sans volonté de varier son style de jeu (armes, builds, défis), la boucle peut devenir trop répétitive. Le jeu donne les outils pour se renouveler, mais c’est au joueur de les utiliser. Sans ça, l’expérience finit par s’éroder.
Verdict :
Un modèle du genre, brillant dans sa conception et addictif comme peu de jeux le sont. Mais pour en profiter pleinement sur la durée, il faut accepter de sortir de sa zone de confort et se challenger