Sorti en 2011, Homefront est un FPS d’anticipation nous plongeant dans une Amérique occupée par une Corée réunifiée sous un régime totalitaire. Nous incarnons un simple citoyen entraîné malgré lui dans les rangs de la Résistance, luttant pour sauver ce qui peut encore l’être au milieu d’un pays en ruines.
Le scénario a été écrit en partie par John Milius, le scénariste d’Apocalypse Now et réalisateur d’Aube Rouge, ce qui explique sans doute pourquoi l’ambiance du jeu rappelle autant ce film culte. Elle m’a également fait penser à l’excellent Freedom Fighters sur PS2.
Pour un FPS de cette époque, le jeu ne cherche absolument pas à nous cacher les horreurs de la guerre, bien au contraire. Exécutions sommaires, déportations, fosses communes, civils abattus dans les rues... Homefront montre des choses que l’on voit finalement assez peu dans les jeux vidéo. Ce n’est pas particulièrement gore, mais certaines scènes restent marquantes parce qu’elles mettent en avant les souffrances de la population plutôt que les exploits héroïques du protagoniste.
Le jeu n’est d’ailleurs pas aussi manichéen qu’on pourrait le croire. Le patriotisme américain est présent mais il n’est pas envahissant. Ce qui est mis en avant, ce sont surtout des hommes et des femmes ordinaires qui tentent de survivre et de repousser un occupant brutal. Les personnages ont leurs faiblesses, leurs erreurs et leurs traumatismes, ce qui permet de s’attacher assez facilement à ce petit groupe de résistants. Si le scénario ne brille pas forcément par son originalité, l’univers et la situation décrite fonctionnent très bien.
Côté gameplay, Homefront est un FPS nerveux et intense. Les armes procurent de bonnes sensations, les affrontements sont rapides et souvent fatales, ce qui crée une certaine tension. Quelques séquences variées viennent casser la routine et certaines batailles donnent vraiment l’impression de participer à une guérilla désespérée face à une armée supérieure en nombre. Malheureusement, le jeu souffre aussi des défauts typiques de nombreux FPS de cette génération : il est extrêmement dirigiste et laisse très peu de place à l’initiative du joueur. On avance souvent dans des couloirs balisés en suivant les ordres de ses compagnons sans pouvoir réellement sortir du cadre.
En plus qu'il était daté techniquement à sa sortie, l’un des reproches les plus fréquents concerne également sa durée de vie. La campagne se termine en quelques heures seulement et s’achève de manière assez abrupte, comme si elle préparait avant tout une suite... qui arrivera d'ailleurs en 2016 est qui sera un excellent jeu selon moi, mais pour des raisons différentes.
Je comprends qu'à 60€ à l'époque cela pouvait faire grincer des dents, mais aujourd'hui d'occasion c'est une affaire. Personnellement les jeux courts sont aujourd'hui plutôt quelque chose qui m'attire que l'inverse.
Je n’ai pas testé le mode multijoueur et, sur PS3, les serveurs officiels sont de toute façon fermés depuis longtemps. Pourtant, à l’époque, il semblait être l’un des points forts du jeu.
Malgré ses défauts, j’ai vraiment apprécié faire Homefront en 2026. Ce n’est pas le FPS du siècle, mais il mérite mieux que le souvenir qu'il a laissé. Il possède une identité forte et une ambiance que l’on retrouve rarement dans le genre. Une expérience courte mais intense, imparfaite mais mémorable, qui mérite encore le détour. Le fait qu’il ait reçu un mauvais accueil et que son studio, Kaos Studios, ait fermé peu après sa sortie reste d’ailleurs plutôt triste.