Un sympathique Mod d'Half Life 2 qui peine malheureusement à convaincre dès qu'il essaie de s'émanciper de ses influences évidentes.
Si vous êtes en tout cas nostalgiques des aventures de Gordon Freeman, vous serez en tout cas en terrain connu entre tous ses objets à manipuler dans le décor, la lampe torche à durée limitée ou même l'absence d'animations en grimpant une échelle; c'est bien simple, j'ai rarement eu autant le sentiment de jouer à un jeu développé avec Source pour un titre affichant Unreal Engine dans son menu d'introduction.
Malheureusement, le jeu est quand même empiété par des ajouts modernes, pas forcément cohérents avec la démarche de son illustre modèle : le silence est désormais l'ennemi numéro 1 du jeu vidéo donc l'héroine est forcément bavarde, même quand la situation ne s'y prête pas vraiment, empiétant ainsi sur l'immersion (d'autant que le doublage n'est pas terrible et que le jeu aurait gagné à être doublé en allemand pour plus de cohésion d'ensemble ; j'avoue que j'en ai un peu marre de cette suprématie de l'anglais pour des raisons mercantiles). Et surtout, le jeu éparpille de nombreux documents à lire pour mieux comprendre les enjeux de l'univers là où les récits de Valve étaient au contraire caractérisés par une observation de l'environnement pour recomposer soit même le tableau des évènements antérieurs à notre arrivée ; problème : le jeu nous spoile carrément son déroulement par l'intermédiaire de ses collectibles, répondant quasiment à nos questions d'entrée de jeu avec une certaine maladresse.
Un amateurisme qui se retrouve également dans le mode Hardcore dont j'ai fait l'erreur de donner une chance car j'étais curieux de découvrir un Half Life Like avec une orientation davantage survie. Deux écueils sont néanmoins condamnables à ce titre :
-La difficulté est très mal gérée et ce manque d'équilibrage rend les lacunes du système de combat d'autant plus évidentes (surtout le corps à corps).
-Enfin et surtout, le jeu n'est pas très solide techniquement et un crash a entrainé la perte de ma progression. Ce n'est pas quelque chose de forcément rédhibitoire pour moi quand il y a de nombreuses sauvegardes automatiques (j'ai survécu à la version PS4 de Cyberpunk donc je reviens de loin) mais quand les points de sauvegarde sont aussi éloignés les uns des autres, c'est exaspérant de perdre sa partie alors qu'on avance minutieusement, à l'affut du moindre ennemi dans les parages.
Bref, grave erreur du joueur français et je ne peux que vous recommander le mode Normal si vous donnez sa chance à ce titre, tout de même méritant dans son ambiance et sa direction artistique. Pour ma part, je ne sais pas si je retoucherais un jour à cet Industria premier du nom mais il y a clairement un bon potentiel chez ses développeurs et je reste ainsi curieux du second volet déjà annoncé.