Jak and Daxter: The Precursor Legacy par BeyondBones
Jak and Daxter n'a pas l'humour d'un Banjo & Kazooie, ni la richesse d'un Mario 64, ni la fraicheur du concept d'un Mario Galaxy, ni l’extravagance d'un Psychonauts.
Qu'importe, je l'affectionne bien plus que tous ces titres car il est doté d'un équilibre gameplay/atmosphère bien particuliers du fait de sa structure assez atypique pour un jeu de plateforme 3D. Enfin j'ai envie de dire, enfin un jeu du genre qui s'affranchissait de cette construction autour d'un hub reliant différents niveaux. Alors Conker's Bad Fur Day sorti quelques mois plus tôt proposait déjà un environnement moins "mécanique" que ses prédécesseurs. Mais Jak va clairement plus loin dans cette cohérence du monde offert au joueur. Oui l'île que l'on explore est composée d'une multitude de zones, mais tout est fait pour que ce soit le plus immersif possible: pas un temps ou écran de chargement, la transition de la jungle à la plage se fait en jeu, naturellement et avec fluidité, on a le sentiment que le marécage traversé est intégré dans un tout. Et c'est valable pour la quasi totalité du monde que l'on explore. En plus de ça ce Jak nous gratifie d'une gestion du cycle jour/nuit et ses magnifiques couchés de soleil, et d'un level design pensé pour s'intégrer logiquement dans l’univers visuel (au revoir les groupements de plateforme posées là de manière improbable)...Bref, un ensemble de choix au service de l'immersion.
En clair, si il m'a autant marqué c'est parce que c'est l'un des rares jeux de plateforme dans cette ambiance "naïve" chère aux 16 et 32 bit où j'ai ressenti cette homogénéité entre l'aspect aventure avec l'aspect plateforme. Et je tiens à préciser que je n'écris pas ces lignes la larme à l’œil, nostalgique des premières années de la ps2 (et de Fantavision), j'y ai joué pour la première fois en 2009.
Deux points viennent tout de même ternir le tableau et l'éloignent du sans faute:
- d'une sa bande son est selon moi complètement insipide et sans personnalité. Pas une mélodie marquante, rien qui ne puisse être sifflé une fois le jeu terminé. D'habitude c'est quelque chose de complètement rédhibitoire pour moi, heureusement l'ambiance visuelle du titre se suffit presque à elle même, mais je ne peux m’empêcher de penser qu'une bande son moins passe partout aurait grandement apporté à cette atmosphère enchanteresse.
- et de deux, sa difficulté plus ou moins absente, alors peut être que ça vient de moi car je m'en plains assez souvent dans ce type de jeu, qui m'a accompagné pendant toute mon enfance, mais il y a quand même des mécaniques qui ne trompent pas. Le level design n'est pas spécialement en tord, bien qu'il aurait mérité d'être un poil plus retord. Non le problème vient surtout du fait que la mort n'est absolument pas pénalisante. Pas de système de vie, tu trépasses, tu réapparais au checkpoint le plus proche, sachant que ces derniers sont extrêmement nombreux et à chaque élément indispensable récupéré, le jeu sauvegarde automatiquement. A partir de là, qu'est ce que j'en ai à faire de me chier au saut suivant? Qu'est ce qui me retiens de tenter de passer "en force" une phase, sans m'appliquer, vu que ça finira par passer à un moment ou à un autre et qu'aucune sanction ne viendra punir mon échec? Un choix étrange surtout quand on voit qu'à côté de ça, la méthode pour récupérer un pauvre "tiers de cœur" est assez longue et délicate.
Au delà de ces points qui me font tiquer, Jak and Daxter est un titre que je relancerai avec toujours autant de plaisir, c'est une invitation à l'évasion, à l'aventure, et il est l'un des seuls dans sa catégorie à se donner autant de mal pour procurer ce sentiment.
Chapeau messieurs dames de Naughty Dog.