MI6thon : 1/4
S'il y a un personnage de films qui a eu une carrière florissante dans le jeu vidéo, c'est très probablement James Bond. Que ce soit le mythique GoldenEye ou le récent First Light, sans parler des tentatives d'EA ou Activision de s'approprier la licence, l'agent secret a traversé toutes les générations du médium.
A tel point que, même en n'étant pas spécialement fan du personnage ou de ses films, on peut très vite se retrouver avec quelques jeux estampillés 007 dans son backlog. Alors, qui mieux que ce bon vieux James pour prendre la relève de mon précédent marathon sur Sam Fisher ?
Premier arrêt donc, cet épisode Game Boy, sorti extrêmement tard dans la vie de la console (1998, soit 9 ans après sa sortie et 2 ans après Pokémon), pendant la courte période où Nintendo avait les droits sur la série. Il est développé par Saffire, petit studio spécialisé dans les jeux à licence, qui n'a pas vraiment marqué son époque.
Il s'agit d'un jeu d'aventure, un peu inspiré de Zelda, où notre James international enquête aux quatre coins du globe pour empêcher une attaque nucléaire d'un groupe terroriste. Comme dans tout bon Zelda-like, l'espion commence l'aventure les mains dans les poches et acquiert au fil du temps des armes et gadgets (lunettes de vision nocturnes, pistolet anesthésiant, montre-taser…), ce qui a le mérite de renouveler correctement le gameplay, même si les munitions sont parfois assez rares.
Notons que, si le jeu n'adapte aucun film ou livre et développe une intrigue inédite, des éléments cultes de la série sont tout de même présents, en particulier une séquence dans un casino qui fait fortement penser à Casino Royale (et ce plusieurs années avant que Craig n'enfile le costume de l'espion).
Si la progression est plutôt fluide (on est bien guidés dans notre aventure grâce aux dialogues des PNJ), le level-design n'est pas toujours à la hauteur et peut s'avérer inutilement labyrinthique. Les niveaux de Marrakech ou du retour au Kazakhstan sont très frustrants sur ces points, ce sont des lieux bourrés d'intersections, de passages qui te téléportent à l'autre bout de la carte et où tout se ressemble, même avec mon bon sens de l'orientation c'était franchement laborieux de me repérer.
On ramasse un radar à un moment qui malheureusement est trop imprécis pour être utile dans ces niveaux, dommage.
En termes de difficulté, le jeu est assez bien équilibré. La plupart des Game Over ne proviennent bizarrement pas des boss, plutôt simples à affronter (et on retrouve quelques têtes connues, comme Oddjob ou Jaws), mais des sbires qui peuvent être difficiles à gérer quand ils sont plus de deux, en particulier ceux qui sont équipés de lance-roquette. Les derniers niveaux sont assez frustrants pour cette raison, d'autant que les checkpoints sont assez rares et obligent à recommencer une section du début, même si on sauvegarde régulièrement. Pour s'en sortir, il ne faut pas hésiter à piocher dans sa réserve de trousses de soin, celles-ci étant relativement communes au fil de l'aventure.
Les graphismes sont assez minimalistes, plutôt en-deçà des capacités de la GB, mais on peut noter quelques animations rigolotes ici et là, en particulier dans le laboratoire de Q où on peut mettre un peu le dawa et maltraiter des assistants.
Rien de spécial à dire sur la musique, qui se contente de remixer le thème principal de James Bond de différentes manières ou d'offrir des mélodies parfaitement oubliables.
Bref, ce James Bond GB est une petite curiosité, qui se paye le luxe d'être le seul jeu de l'espion sur la portable Nintendo. Il n'est certainement pas à la hauteur des meilleurs jeux de la série, mais il est relativement bien pensé et peut compter sur quelques touches d'humour ainsi qu'un gameplay convaincant pour ne pas lasser le joueur qui se lancerait dans l'exploration de sa dizaine de niveaux.
A une époque où la presse ne jurait que par GoldenEye sur N64, cet outsider aura au moins tenté d'explorer un type de gameplay différent, et c'est déjà pas mal. Reste à savoir si Nintendo a gagné beaucoup d'argent grâce à ce deuxième et dernier jeu de la licence James Bond qu'ils ont édité.