Qui ne connaît pas James Pond ? Le célèbre espion créé par Ice Flemming et popularisé au cinéma par de grands classiques tels que Bons Baisers des Baltiques ou Les Thons qui m'aimaient, et cela continue encore de nos jours avec le succès de films comme Dorade Royale ou Seafall.
Une telle franchise ne pouvait bien sûr pas échapper au monde du jeu vidéo. Dès 1985, le film de l'époque, Dangereusement Loutre, a droit à son adaptation sur micro-ordinateurs, mais on pense surtout au cultissime FPS de la N64, GoldenYeu. La franchise n'est plus vraiment exploitée sur consoles depuis l'adaptation de Quantum of Salmon, mais elle aura offert aux joueurs de nombreuses heures d'amusement en compagnie de l'espion le plus coule du monde.
En 1992 sort ce James Pond 2: Codename Robocod, qui joue astucieusement avec nos attentes puisque son titre est trompeur (une sombre histoire de droits qui expiraient pour que l'éditeur conserve l'usufruit de l'utilisation de la licence Robocod). En réalité, il s'agit d'une simili-adaptation du premier film de la franchise : James Pond contre Dr. Maybe. On retrouve donc notre espion fétiche aux prises avec son célèbre antagoniste, qui a décidé d'envahir non pas une île des Caraïbes mais plutôt le Pôle Nord, pour prendre le contrôle de l'usine du Père Noël.
Tout cela est un prétexte potache à un jeu de plate-forme très amusant, où on parcourt une dizaine de niveaux avec pour objectif principal de libérer les elfes du Père Noël, attachés à des bombes (une occasion de rappeler que 007 Shepherd contient la plus grande explosion jamais filmée).
James Pond a accès à une galerie de gadgets tous plus créatifs les uns que les autres, au point où le faux téton de L'Homme au harpon d'or paraît sérieux ! La principale gimmick du jeu est qu'il peut allonger son corps à volonté, pour se suspendre au plafond à l'aide de ses pectoraux parfaitement huilés. Une vision presque aussi émoustillante que celle de Poiscaille Berry dans Mer un autre jour.
On peut également citer la présence de différents véhicules, une constante de la série : James Pond peut ainsi piloter un avion, une voiture ou même une baignoire dans certains niveaux (hommage aux scènes sous-marines de Limande ne suffit pas). Il ne manquait que le mini-hélicoptère d'On navigue que deux fois pour qu'on ait la meilleure sélection de véhicules jamais vue dans un jeu de la série !
En revanche, on n'utilise aucune arme à feu, ce qui est un peu dommage vu que c'est une des marques de fabrique de la série. Cela signifie que ce jeu contient encore moins de coups de feu que Moonswimmer !
On peut aussi s'interroger sur l'intérêt d'étirer son corps pour atteindre des plate-formes en hauteur alors que le jetpack d'Opération Tsunami aurait pu être utilisé, mais soit.
Si le jeu est relativement simple, on peut noter quelques pics de difficulté, en particulier contre les boss (qui manquent par ailleurs cruellement de charisme, on ne retrouve aucun ennemi de la saga en-dehors du Dr. Maybe, l'absence de l'antagoniste culte d'Au Service Secret de sa Marée se fait ressentir en particulier). Le système de sauvegarde est également relativement injuste puisque les niveaux sont longs, que la vie n'est pas rechargée entre deux niveaux et que les vies bonus sont assez rares. Donc, même si les niveaux ne sont pas difficiles, il suffit de deux ou trois erreurs pour subir le même sort que Karpanga à la fin de Vivre et laisser mouiller.
Il serait également injuste de ne pas citer l'intro du jeu, exclusive à cette version PS1, qui est incroyablement cheapos dans sa mise en scène et sa chorégraphie, rappelant les pires moments de la série, tels Jamais plus marais ou Octopieuvry. Mais c'est aussi pour ça qu'on aime notre James Pond, pour ses bons comme ses mauvais films.
Graphiquement, le jeu est plutôt joli, même si, réédition de jeu SNES oblige, il est très loin des standards de la PS1, d'autant qu'il sort en toute fin de vie sur cette machine qui a connu des jeux 2D bien plus beaux (comme Rayman), et même des adaptations plus ambitieuses des aventures de l'espion, comme Demain ne coule jamais. L'OST est malheureusement très oubliable, loin des standards de la licence (on se rappelle tous des incroyables mélodies de Rien que pour vos lieus), y compris les épisodes les plus faibles comme Permis de pêcher.
En bref, s'il s'agit d'un titre un peu oublié aujourd'hui, il s'agit tout de même d'un jeu de plate-forme sympathique, célébrant toute l'Histoire de la licence (y compris les épisodes les plus malaimés, tels Les Coraux sont éternels) et durant un peu plus de 2h, ce qui signifie que vous pouvez littéralement vous faire une partie tout en regardant Couler n'est pas jouer sur un deuxième écran.
Dans tous les cas, c'est un passe-temps qui occupera les fans de la licence en attendant la sortie du prochain film de la série. Mine de rien, Nourrir peut attendre commence à dater, et on est tous très impatients de revoir notre poisson (d'avril) préféré sur grand écran !