L'ambiance est vraiment incroyable pour un jeu de la génération PS2. Ce n'est pas loin de la prouesse technique pour l'époque.
Honnêtement, je recommanderais à tout le monde de s'intéresser au titre, même si vous n'aviez qu'une affection modérée pour le film de Jackson (dont le jeu se distingue de toute façon grandement dans son déroulement et son atmosphère; songez à l'emblématique scène des insectes pour avoir un aperçu de l'ambiance du jeu en comparaison). En matière de FPS clairement pensé pour la console et tiré d'une licence cinématographique, ça côtoie l'inventivité de Goldeneye dans un registre évidemment très différent.
Le mot d'ordre est immersion : pas d'interface à l'écran (le héros compte ses balles à voix haute; brillante idée, hélas jamais réitérée depuis) et une faune crédible qui s'adapte à nos actions en dévorant ses congénères tombés au combat ou fuyant la propagation du feu. Une réactivité de l'environnement qui nous fait quand même prendre conscience à quel point le jeu vidéo a régressé dans une forme de décor figé au fil des décennies ; le jeu aurait presque des velléités d'Immersive Sim par moments mais on sent malheureusement qu'il n'ose pas pousser totalement le curseur de la difficulté dans ses derniers retranchements, étant un peu trop généreux en munitions à mon sens (même si les armes à feu restent clairement en retrait par rapport à la majorité des FPS existants).
Et puis nom de dieu mais quelle ambiance! Même l'apparition des Diplodocus sidère par l'impression de gigantisme qui s'en dégage ; quant au T-Rex, je crois que c'est tout simplement le plus réussi que j'ai vu dans un jeu vidéo jusqu'ici alors si vous en avez marre d'attendre un Remake de Dino Crisis et que vous êtes prêt à tester Code Violet juste pour croiser des raptors, donnez plutôt une chance à ce King Kong bien plus méritant en la matière.
Un vrai exploit, compte tenu du temps de développement (à peine deux ans, il me semble) et le manque de communication avec l'équipe du film. Mais je pense que cette difficulté a été un heureux accident en définitive en forçant les développeurs à s'émanciper de leur modèle cinématographique, en s'inspirant même davantage du classique de 1933.
J'étais initialement un peu sceptique sur les phases de Kong ; séquences Beat Them All / Plate Forme qui ressemblent un peu à un passage obligé vu la présence de la créature sur l'affiche mais en définitive, ces courtes séquences parviennent à bien diversifier l'action survie et angoissante aux côtés de Jack. De plus, le jeu en avait décidément sous le capot avec une très belle adaptation du final emblématique à New York , notamment des plans de caméras hyper bien choisis aux côtés des antagonistes ou au sommet de l'Empire State Building (alors que le jeu est censé être un FPS, je le rappelle, donc la mise en scène n'est pas censée être son point fort).
Vraiment une belle claque et il est triste de voir l'effondrement d'Ubisoft aujourd'hui en comparaison de leur passé glorieux ; le début des années 2000 était vraiment florissant pour la firme française et je pense que c'est clairement mon jeu préféré des studios français d'Ubisoft et de l'équipe de Michel Ancel.