Lorsque Kingdom Come Deliverance premier du nom sort en 2018 dans un silence quasi total, je le découvre avec un immense enthousiasme. Créé par une petite équipe tchèque, le jeu est incroyablement organique (ses forêts comptent encore parmi les plus belles que j’aie vues en jeu vidéo) et surtout très particulier dans sa rudesse. On pouvait se faire massacrer par le moindre soldat, monter un cheval qui tanguait dangereusement, porter des coups d’épée d’une lenteur presque “trop” réaliste, devoir voler pour survivre…
Et c’était précisément là sa force : un réalisme poussé à l’extrême, une ambiance médiévale brute, immersive, sans concession.
Lorsque ce nouvel opus est sorti, quelle ne fut pas ma surprise de constater que cette rugosité avait été largement atténuée au profit de ce que l’on aime appeler ""l'accessibilité"", ce qui selon moi a sérieusement déséquilibré l’ensemble — déjà imparfait dans le premier, mais ici encore plus visible.
Le système de combat a été trop simplifié
Le système de combat est devenu trop simple : je tue la plupart des ennemis en trois coups maximum (sans même utiliser volontairement les combos). Pourtant, le système de verrouillage des cibles reste toujours aussi imprécis que dans le premier épisode. On simplifie la difficulté, mais on conserve les lourdeurs.
Une économie à la ramasse
Je possède actuellement 48 000 groschens. Et ce malgré l’installation préalable d’un mod réduisant les gains de 50 %, justement pour éviter l’explosion économique...
Le problème déjà présent dans le premier jeu est toujours là, mais amplifié par la durée plus longue de l’aventure : l’argent n’a plus vraiment de valeur. Tout semble à portée de bourse. Dès lors, pourquoi partir à la recherche de trésors ? Pourquoi s’investir dans certaines activités annexes si la récompense n’a plus d’impact ?
Des quêtes secondaires trop mécaniques
Une majorité des quêtes secondaires repose sur des structures d’aller-retour assez classiques, avec peu d’impact narratif réel. Elles rapportent au mieux une centaine de groschens, au pire un "sourire"
Mais alors… le jeu est-il bon ?
Oui. Indéniablement. Sur le plan narratif, l’histoire principale est toujours aussi solide, voire meilleure. La quête principale est prenante, bien écrite, efficace.
C’est justement ce qui rend le reste plus frustrant : le jeu aurait sans doute gagné à être moins vaste mais plus dense, à sacrifier une partie de ses quêtes secondaires au profit d’un monde plus resserré, plus exigeant, plus cohérent avec l’identité rugueuse qui faisait le charme du premier.
Un jeu "ok" donc... mais peut-être pas celui que j’espérais en terme de gameplay.