L’immersion, c’est vraiment une considération de gros nullos quand on critique, je dirais que c’est du même niveau que « les effets spéciaux sont super bien faits ».
Donc KCD2.
En terme narratif, ça ne pisse pas très loin, un jeune qui part de zéro pour entrer dans la vie adulte et gravir les échelons de notre belle société, ça ne vous rappelle rien ?
Oui, en effet, en manga, on appelle ça un seinen, mais par chez nous, on appelle ça un roman d’initiation ou d’apprentissage.
Choc.
Quelques comparaisons, Harry Potter pour le plus mauvais, Full Metal Alchemist ou l’Attaque des Titans si on aime le manga, mais quand on veut jouer dans la cour des grands, Candide de Voltaire ou les Illusions perdues de Balzac.
A ce niveau, KCD2 n’a rien de transcendant, comme par ailleurs, on va s’entraîner pour devenir le meilleur dans (mettre ici la compétence de votre choix).
Mais vous n’êtes pas si sots, si vous vous contentiez de ça, je vous traiterais de Gros Bill et vous ne joueriez pas à KCD2, mais à un jeu encore plus stupide où le Pex ça paye, genre Lol.
Et puis on peut s’améliorer dans plusieurs compétences, apprendre l’arc, forger, lire des livres… KCD2 s’en sort-il mieux que la concurrence, il semblerait, pour un jeu qui veut jouer la carte du réalisme (non, pas de magie), la littérature est un peu plus poussée que d’habitude, mais malgré un système d’atout, tout ça reste bien linéaire… C’est réaliste et immersif ? Non, certainement pas, mais on pexe et ça paye, et on est content.
Je pense également qu’immersion, c’est aussi le terme pompeux pour désigner le FPS…
Les combats essaient de rendre leur côté chaotique, mais trop souvent, on meurt sans trop bien comprendre d’où venaient les coups et ça c’est triste ça a fini par me faire abandonner.
Côté histoire, on aura aussi les poncifs habituels la guerre c’est mal et cruel ; le caractère méprisant et méprisable des nobles ; la vie à cette époque, c’était pas facile, on était sale et on mangeait des cailloux…
C’est finalement Hans Capon pour insupportable qu’il est au début de l’histoire devient de plus en plus sage.
Pour meubler son austérité/réalisme/immersion, le jeu en fait des caisses niveau scénario, les quiproquos et séance d’espionnage pour passer d’un camp à l’autre pour savoureux qu’ils soient fatiguent un peu à force, encore heureux que Godwin permette de mieux suivre l’ensemble, parce qu’entre Sigismond et Venceslas, on s’y perd un peu.
Pour trouver sa légitimité, KCD2 force aussi un peu pour se raccrocher à l’Histoire. Le traitement des minorités (les juifs dans ce cas) fait un peu passage obligé et c’est regrettable.
Autre point discutable, les graphismes qui ne sont ni beaux, ni moches ; travaillés mais sans réel travail artistique ce qui est dommageable car lors des cinématiques, on sent une recherche en matière de photo. La BO n’est pas non plus vraiment inspirée.
Faire porter toute la cause des femmes à la seule Katherine n’est pas non plus très malin.
Finalement, si vous avez la nausée de ces univers fantastiques sans saveur ni profondeur, un retour à ce genre de sources peut être sympa, mais préparez-vous à une bien longue épopée.