Legendary Eleven
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Legendary Eleven

Jeu de Eclipse Games et Siesta Games (2018 · Nintendo Switch)

J'ai été berné par la bande-annonce. Et par mon habitude des FIFA.
Il était impossible, pour moi, de rater un jeu de foot. FIFA et PES avaient tellement posé et consolidé les bases du bon jeu de foot qu'il me semblait difficile de faire moins bien.
Mais c'était mal jugé les jeux FIFA qui, s'ils ont des commentateurs pourris aux répliques plates, ont pourtant peaufiné les autres aspects de leur jeu.
D'abord, la musique ou l'audio en général. Des musiques qui vous donnent la pêche dans les menus, un calme serein lors des pauses, des bruits de stades enthousiasmant et des commentaires qui s'ils sont plats n'en sont pas moins humains et rythment le jeu.
Ensuite, la mécanique ou le gameplay. Élaboré sans être complexe, accessible sans être facile. Un juste milieu pour les fans d'e-sport comme pour les salarymen exténués qui se divertissent en rentrant du boulot.
Enfin, le plaisir de jeu ou l'ergonomie. Évidemment, jouer un personnage fait de polygones qui ressemblent comme deux gouttes d'eau à Eden Hazard procure un certain plaisir. Impossible pour Legendary Eleven, qui a plutôt joué la carte du foot vintage anonyme. Pourtant, FIFA, avec des menus fluides et clairs, des modes de jeux variés, aurait de quoi séduire même sans licence et "vrai joueur": il y a un vrai plaisir à apprendre à connaître ses joueurs, à sentir son équipe évoluer, à apporter des changements bienvenus, qu'il s'agisse d'un réserviste-clé ou de la couleur du maillot. FIFA, c'est fun.


Legendary Eleven, c'est l'inverse.
Le jeu n'est pas fun.
D'abord, la musique ou l'audio en général. Une voix cousine de Google Trad vous annonce les corners, hors-jeu, fautes, etc. et c'est tout pour les commentaires. Les stades donnent l'impression d'être aussi remplis que lorsque l'équipe du village joue contre celle d'un village trop éloigné que pour avoir amené ses spectateurs. Les goals marqués ne font pas le "fusshh" libérateur du ballon qui termine dans les filets et, globalement, le jeu manque de musiques. Pas d'hymne, pas de morceau motivant, pas d'ambiance digne de ce nom. Du coup, tout paraît un peu fantomatique.
Ensuite, la mécanique ou le gameplay. Complexe ou trop facile. Les niveaux de difficulté se nuancent en fonction de la force de l'équipe que vous affronter, rendant une équipe comme l'Allemagne impossible à battre même en mode débutant si vous jouez le Japon. Au-delà de ça, les commandes sont copiées des grands jeux (et c'est un bon point, ç'aurait été suicidaire de ne pas le faire) et y sont adjoint un deck de cartes donnant différents boosts à ses joueurs. Idée intéressante, mais récupérer ces cartes sera votre seule carotte car...
Le plaisir de jeu ou l'ergonomie. Proche du zéro absolu. Frustrant par ses mécaniques aux difficultés trop fluctuantes (écraser une équipe nulle 5-0 puis se faire battre 0-3 par une équipe plus forte) qui interdisent toutes formes d'évolution in game (pour améliorer votre équipe, c'est vous qu'il faudra d'abord améliorer en maîtrisant le gameplay précis). Les joueurs sont des anonymes sans charisme, les ralentis sont mal timés, les buts n'ont pas ce petit effet addictif, les menus sont réduits à leur moelle sèche, la personnalisation est aux oubliettes et - ah oui! - IL N'Y A PAS DE MODE MULTIJOUEUR!


En un mot, Legendary Eleven n'a pas menti: un jeu vintage aux mécaniques vintage aussi fun que de jouer à un jeu de foot il y a vingt ans (de fait, LE m'a fait penser à FIFA '96).


Mais c'est la faute de FIFA et PES, ils ont mis la barre trop haut.

Flaw
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le 21 août 2019

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