Lightmatter est un puzzle game à la 1ère personne qui s’inspire fortement de Portal (dont il fait même allusion pendant la partie !). C’est donc un Portal-like avec tout ce que cela implique : graphismes épurés, narration par un protagoniste invisible teintée d’humour, salles dont il faut trouver la sortie… Le gameplay est ici basé sur la lumière. Suite à une expérience dans un laboratoire qui se passe mal, les ombres sont devenues mortelles pour vous. À vous d’utiliser les sources de lumière intelligemment pour vous en sortir.
Lightmatter est un jeu sympathique, mais il permet aussi de voir tout ce qui fait l’excellence d’un Portal. Ainsi, dans Lightmatter, il n’y aura jamais aucun ennemi et on ne possède pas d’arme. Ainsi, le gameplay consiste à se déplacer avec des lampes. Cela concentre le jeu sur la partie réflexion et enlève (presque) complètement la partie dynamique (et grisante) d’un Portal. Ainsi, on entre dans une salle, on recense les sources de lumière disponibles, on cherche à récupérer celles qui sont inaccessibles, puis on forme le chemin de la sortie. Les énigmes sont bien taillées : pas trop difficiles, mais suffisamment pour obliger à réfléchir un peu pour les résoudre. N'étant pas un spécialiste du genre, je ne les ai que rarement résolue immédiatement.
Ainsi, le gameplay peine à se renouveler, bien que les énigmes gagnent en complexité. Si on ne commence qu’avec des lampes statiques, on découvre au milieu de l’aventure de nouveaux types de lampes, façon relais, qui renouvellent le gameplay. Si l’aventure est courte (4 heures environ), elle parvient à ne jamais nous ennuyer en faisant monter la difficulté. La fin du jeu est avant tout basé sur des phases de plateformes dynamiques. Là encore, on aurait aimé que l’ensemble soit mixé dans la partie, avec des phases de plateformes entre chaque puzzle.
Niveau graphisme, c’est plutôt une bonne surprise. Le rendu en cell-shading est propre et le travail sur les niveaux les diversifie pas mal. On est loin de certaines productions trop épurées. Certes, les salles sont designées avant tout pour servir le gameplay, mais le tout est soigné. Et quand on commence à se lasser, voilà que l’on arrive dans le secteur R&D qui renouvelle (un petit peu) l’environnement.
La narration est menée essentiellement par le PDG de l’entreprise responsable du Lightmatter. Inspirée là aussi de Portal, elle est plutôt réussie même si j’ai eu parfois du mal à suivre le sous-titres tout en jouant. Mais il y a de bonnes idées dans l’évolution de la voix et le doublage est convaincant.
Dans les bons choix de développement, on signalera que les développeurs ont pourvu notre personnage d'une grande vitesse (surtout comparé à certains jeux où on a l'impression d'être un hippopotame). Comme il faut faire de nombreux allers retours, c'est appréciable, de même que pour les phases de plateformes où les sensations sont bonnes. Le jeu est dans l'ensemble peu punitifs : les sauts sont faciles et lorsque l'on meurt dans les ombres, on revient une seconde après exactement au même point : le jeu ne nous oblige pas à tout refaire. Si c'était le cas, la durée de vie du jeu aurait été décuplé. Ainsi, les développeurs ont fait le choix de l'expérience du joueur plutôt qu'un allongement artificiel de la durée de vie. Merci à eux.
On pardonnera beaucoup des écueils de Lightmatter en voyant comment il a été développé. Ils sont moins d’une dizaine pour créer ce jeu vidéo. Sachant que je n’ai subi qu’un plantage et aucun bug durant l’expérience, c’est remarquable. Le concept fonctionne, mais on en voudrait plus : plus de plateforme, plus de dynamisme, une arme lumineuse, plus de verticalité… Le potentiel est là et on souhaiterait des niveaux supplémentaire pour compléter l’aventure, voir un éditeur de niveaux. L’ensemble est suffisamment bien foutu pour envisager une suite plus ambitieuse. Alors on espère un destin à la Portal dont la suite surpassait le 1er opus sur tous les points.