Quand j'étais plus jeune, et ce début de phrase sonnera sans doute cliché, mais j'ai toujours bavé sur les final fantasy. J'ai pu enfin démarré cette licence par le 13, et tout en pesant mes mots, je peux affirmer que depuis la trilogie ne m'a jamais réellement quittée.
L'atmosphère emblématique et à plus forte raison, surtout représentative de la saga n'a jamais été égalée par d'autres jeux qui pourtant en ont eu l'ambition. D'un angle purement esthétique, c'est un chef d’œuvre pour son époque. L'ésotérisme qui s'en dégage et qui se mêle, toujours avec finesse à un fond essentiellement dystopique, m'a constamment fascinée. Les couleurs toujours dans un ton très mélancolique, le charadesign aux inspirations folkloriques, l'architecture des villes fantaisistes... Mais surtout des cinématiques ambitieuses, qui ont à mon sens propulsé la licence sur le devant de la scène aux côtés du 10 et popularisé les Final Fantasy aux yeux du grand public.
La trilogie pourtant vivement critiquée à sa sortie par les puristes, a pour moi participé fortement au succès dont jouit aujourd'hui Square Enix et ne saurait se défaire ne serait-ce que par sa protagoniste principale, Lightning.
Et les personnages, je pourrais en parler des heures, j'en suis fan. Je ne veux rien spoil à celui ou celle qui se lancera dans cette aventure, mais laissez-moi vous en dire quelques mots tout de même.
Les protagonistes varient et tournent à tour de rôle sur le devant de la scène, et leur écriture n'est jamais négligée, même lorsqu'ils sont relayés à l'arrière-plan. Le parfait exemple se trouve dans la partie deux, où nous avons pu suivre le périple de la petite soeur de Lightning, Serah, et d'un élu du destin, Noel. Je pense que la tragédie de la fin a choqué beaucoup de fans pour son twist incroyable, mais a révélé encore une fois le génie d'écriture de Watanabe et Nomura. Dans Lightning Returns, comme son nom l'indique, nous revoyons finalement sa grande sœur pour l'accompagner dans son dernier voyage.
Dans ce texte, j'écris surtout pour en féliciter les trois opus mais plus singulièrement, le dernier qui en est la conclusion et qui comme je l'ai dit plus haut, se reconcentre sur Lightning qui part à la rencontre de ses anciens camarades après des siècles de sommeil suite au drame qui termine le second chapitre. Les thématiques abordées s’entremêlent de manière très juste et émouvante, même si cela peut sembler alambiqué par moments, la faute certainement à quelques lourdeurs de textes ou de traduction.
Il est essentiel afin d'apprécier correctement ce jeu, d'avoir suivi assidument les deux premiers, pour en comprendre tout le développement des personnages et apprécier leur approfondissement. C'était comme suivre des amis sur littéralement, des siècles de leurs vies. Les thèmes du deuil, du sacrifice, de l'accomplissement de soi, de la remise en question mais surtout de la rancune et du désespoir face à un monde qui s'éteint ont toujours été très inhérents à l'univers Final Fantasy, mais dans ce dernier jeu, sont sublimés même par les quêtes secondaires qui peuvent sembler loufoques ou anodines au départ. Au moyen également d'un gameplay qui nous presse avec un chronomètre qui nous rappelle sans cesse la fin, je peux dire que l'immersion en est respectée.
Quelques mots avant de conclure, sur la bande-son qui est l'une des meilleures encore une fois que j'ai pu écouter pendant une expérience de jeu. Les entendre tout au long des trois chapitres, à des moments clés, a participé et amplifié les émotions très justement transmises par Masashi Hamauzu.
J'ai beaucoup usé de superlatifs pour décrire ce jeu, mais il est réellement cher à mon cœur et peut-être (certainement) je manque d'objectivité. Je lui reconnais tout de même certains de ses défauts, qui sont aussi malgré tout caractéristiques de l'époque, et qui pour moi en constituent le charme. Le jeu ne plaira définitivement pas à tout le monde et je ne peux que conseiller à ceux qui ne sont pas habitués à la licence, de ne surtout pas commencer par celui-ci, car vous ne l'apprécierez sûrement pas. La nostalgie m'a beaucoup guidée pour écrire cette critique, qui finalement est plutôt mon au revoir à une trilogie qui m'aura suivie pendant plus de dix ans ainsi qu'à ses personnages.