Mis à part le deuxième opus, j’ai toujours eu du mal avec Final Fantasy XIII. La première fois que j’avais testé Lightning Returns, je m’étais vite arrêté, préférant passer à une expérience plus dans mes goûts, plus engageante.
Et pourtant, il est resté dans un coin de ma tête, comme une expérience inachevée à laquelle j’aurais dû m’accrocher un peu plus.
Il y a dans ce jeu une forme de friction qui rappelle Majora’s Mask, avec ce chrono qui tourne sans arrêt, mais ici, on ajoute à cela le fait que, si vous perdez un combat, vous perdez aussi de précieuses minutes. Rien que pour cette originalité, le titre mérite déjà d’être salué.
En reprenant la trilogie, j’ai eu envie de commencer par ce dernier épisode, ce qui n’était peut-être pas une bonne idée... Je détestais déjà l’histoire à l’époque, et aujourd’hui encore je n’ai ni l’envie ni la patience de m’y plonger à fond, avec ces protagonistes devenus antagonistes et ces mélanges étranges que je trouve plus curieux que fascinants.
Le début met tout de suite la pression, le chrono, le système de combat un peu abrupt, et même un code à trouver dans une ville, griffonné sur des murs, tout ça m’a un peu secoué.
Mais passé ce moment, j’ai adoré l’ambition du jeu et sa tonalité méditative. Il dégage une ambiance mélancolique, avec ce thème de la fin imminente du monde qui crée une tension dramatique intéressante. On y explore le temps, le destin, le sacrifice… et le concept même de sauver des âmes pour guider le monde vers sa fin m’a rappelé Valkyrie Profile en encore mieux, parfois.
Ce que je retiens surtout de positif, c’est son système de combat, qui m’a vraiment tenu accroché.
Je l’ai trouvé addictif, nerveux, avec une réponse tactile immédiate. Le gameplay récompense les parades bien timées, offrant une vraie sensation de maîtrise! Les affrontements deviennent tendus, gratifiants, presque chorégraphiés.
Dans ces arènes fermées, le jeu nous pousse à alterner attaques, combos et blocages, tout en permettant à Lightning de changer de forme, comme si elle passait d’une classe à une autre. Ce système, qui permet de basculer instantanément entre trois ensembles d’équipement et de compétences, apporte une flexibilité et une profondeur stratégique que je n’avais pas du tout anticipée et qui m’a agréablement surpris sur la longueur.
Les environnements sont variés, villes, déserts, zones sauvages… certains détails visuels enrichissent vraiment l’univers et m’ont clairement donné envie de replonger dans cette trilogie.
Je crois que ce que je préfère dans les Final Fantasy, c’est quand ils osent. Quand ils innovent.
Et clairement, c’est le cas ici. Le système de personnalisation, armes, costumes, accessoires, est un vrai point fort, nous permettant de composer nos propres “classes” de jeu. C’est engageant, audacieux, et je trouverais dommage que ce titre finisse oublié, perdu dans les limbes.
Je crois quand même préférer le deuxième opus, mais je compte bien réessayer celui-ci pour m’en faire une idée plus précise. Le système de limite de temps, lui, reste pour moi une vraie source de frustration, il entre souvent en conflit avec l’exploration, les quêtes annexes ou la progression libre. Même s’il est plutôt généreux, il reste mal équilibré et m’a fait quitter le jeu à plusieurs reprises.
Sur le plan graphique, le titre a très mal vieilli et pas seulement techniquement, la direction artistique elle-même m’a semblé floue, parfois aléatoire. Certains personnages sont si farfelus que j’en ai eu des moments de sidération, me sortant un peu de l’expérience.
Mais globalement, malgré quelques combats coriaces et une courbe d’apprentissage raide, le jeu se parcourt assez bien à condition de s’y investir. Quand on le fait, Lightning Returns offre une expérience vraiment novatrice, unique dans la série.