Avec Little Nightmares 3, on espérait retrouver la magie macabre et l’atmosphère anxiogènes qui avaient fait le succès des deux premiers volets. Malheureusement, il n’en reste que des traces superficielles.
Le jeu s’articule autour de séquences de gameplay découpées en modules qui brisent systématiquement toute illusion de continuité durant la session. Là où les précédents épisodes parvenaient à transmettre des systèmes de jeu complexes par l’architecture et l’environnement, sans recourir à des tutoriels interminables, Little Nightmares 3 opte pour un retour aux recettes dirigistes des années 2010 : des passages trop guidés et mal agencés qui donnent l’impression d’incarner davantage un automate exécutant des tâches qu’un enfant perdu dans un monde abject. Le résultat ressemble à un assemblage de niveaux sans âme.
Visuellement, le titre peine à s’affirmer. En recyclant sans discernement les codes esthétiques des opus précédents, il ne les sublime pas et ne parvient pas à proposer une identité propre.
L’ajout du mode coopératif largement mis en avant dans les campagnes publicitaires est sans doute l’aspect le plus décevant du jeu. Le joueur s’y sent plus souvent comme un PNJ que comme un protagoniste impliqué. Le titre n’a clairement pas été pensé pour être joué à deux : en solo, les phases de gameplay du partenaire sont entièrement masquées et confiées à une IA. Ce manque d’attention envers le coopératif est révélateur. Le jeu ne mérite ni votre temps, ni celui de votre moitié, ni les 40 € demandés.
Au final, l’absence de Tarsier Studios, à l’origine des deux premiers opus, se fait cruellement sentir. Sans leur savoir-faire, Little Nightmares 3 perd l’essence même de la franchise : il n’apprend pas des leçons de ses prédécesseurs et se contente d’un mimétisme qui met le joueur plus mal à l’aise que n’importe quel ennemi du jeu.