Plateforme: Ps5, Platine obtenu au bout de 10h
Développé par le studio indépendant Bonsai Collective, Luna Abyss s'avance comme un croisement audacieux entre le jeu de tir à la première personne, le bullet-hell et la science-fiction gothique. Le joueur y incarne Fawkes, un prisonnier purgeant sa peine en explorant les profondeurs d'une lune artificielle en ruine, guidé par Aylin, une intelligence artificielle de surveillance aussi autoritaire qu'énigmatique. Sur le papier, l'atmosphère mâtinée de références architecturales monumentales à la Blame! et de mystères ésotériques a de quoi séduire. Mais une fois l'effet de découverte passé, le titre peine à convaincre là où on l'attendait le plus : dans le feeling brut de ses affrontements.
Un univers intrigant et une narration mystérieuse
Le principal point fort du jeu réside dans sa capacité à installer un univers singulier. Le lore cryptique s'avère fascinant à détricoter et le world-building méticuleux pousse initialement à vouloir percer les secrets de cet abîme mécanique. La prestation vocale d'Aylin, omniprésente via la radio, apporte un réel relief psychologique aux échanges et renforce la sensation d'être un simple pion manipulé au cœur d'une structure qui nous dépasse. Les bribes d'histoire glanées dans l'environnement soutiennent l'intérêt durant les premières heures, donnant une véritable identité narrative à cette descente aux enfers.
Un manque flagrant de précision, de nervosité et de dynamisme
Le véritable problème du jeu ne vient pas de la variété de ses mécaniques, mais bel et bien de leur exécution manette en mains. Pour un titre qui se veut bullet-hell à la première personne, l'exigence d'une prise en main chirurgicale est primordiale, et c'est exactement là que le jeu flanche. Les commandes manquent cruellement de précision, les déplacements manquent de cette nervosité indispensable pour slalomer efficacement entre les tirs, et l'ensemble souffre d'un manque de dynamisme global. Les sensations de tir restent molles et le feeling général manque de punch lors des esquives et des sauts.
Ce constat devient particulièrement douloureux quand on le met en parallèle avec un titre comme Saros. Là où Saros brille par une fluidité exemplaire, une réponse ultra-réactive des commandes et une nervosité grisante de chaque instant, Luna Abyss paraît bien trop lourd, rigide et imprécis. Passer d'une arène à une autre donne davantage l'impression de lutter contre l'inertie du personnage que de maîtriser un ballet aérien de tirs et d'esquives.
Une direction artistique marquée, mais un level design plombé par la répétition
Sur le plan visuel et sonore, le titre s'en sort avec des arguments honnistes grâce à une direction artistique brutaliste et imposante. La verticalité des structures, le travail sur les éclairages sombres et les compositions sonores industrielles participent grandement à l'ambiance. Cependant, cette réussite esthétique est rapidement gâchée par un level design désespérément monotone. L'exploration se résume à traverser des corridors métalliques grisâtres et des salles répétitives qui finissent par toutes se ressembler, cassant le plaisir de la découverte. Les objectifs d'allers-retours artificiels et les phases de plate-forme imprécises finissent d'alourdir un rythme déjà bien trop poussif.
Verdict : 6/10
Luna Abyss reste un titre correct pour les amateurs d'ambiances de science-fiction sombres et de décors monolithiques, mais ses lacunes techniques et mécaniques l'empêchent de décoller. Plombé par un gameplay qui manque cruellement de précision, de nervosité et de dynamisme, un level design répétitif jusqu'à l'usure et une comparaison très défavorable avec la réactivité irréprochable de Saros, le jeu peine à dépasser le statut de simple curiosité. Un 6/10 honnête, mais un titre dispensable pour qui cherche des sensations d'action vraiment aiguisées.