Celui-ci a marqué un tournant décisif, non seulement pour la saga, mais pour tout le genre « Hunter ». J'ai beaucoup aimé cette 5ème génération (la première sur console de salon moderne) qui a su marquer les esprits en brisant les codes rigides des anciens opus. Le mot d’ordre est ici " fluidité "; plus de chargements entre les zones, des écosystèmes vivants où les créatures interagissent entre elles, et un gameplay vraiment agréable. Les créatures, pour l’époque (et encore aujourd’hui), restent surprenantes par leur taille, leur intelligence artificielle et la complexité de leurs mouvements. Chaque combat est une danse technique où la maîtrise de son arme et la lecture des patterns du monstre offrent une satisfaction ludique rare.
Cependant, cette excellence technique et ludique se heurte à un mur narratif. Mon seul et unique problème, mais il est de taille, réside dans le traitement des humains. Les personnages sont non développés, réduits à des archétypes fonctionnels ou à des fournisseurs de quêtes sans réelle épaisseur psychologique. Quant à l’histoire, elle est mise trop de côté, servant à peine de prétexte pour enchaîner les chasses. Il n’y a pas de tension dramatique, pas d’enjeux émotionnels forts, pas de véritable arc narratif pour donner du sens à sa progression.
Ce vide narratif appuie vraiment sur la saveur de mes heures de jeu. Si le plaisir mécanique est intact, l’absence d’attachement aux personnages et de contexte dramatique fort empêche l’expérience de devenir mémorable sur le plan émotionnel. On passe des dizaines d’heures à tuer des monstres impressionnants, mais on repart avec le sentiment d’avoir vécu une aventure technique incroyable dans un monde humainement vide. C’est un jeu de corps extraordinaire, mais une histoire ordinaire.