La naïade qu'on incarne n'est pas spécialisée. Ca pourrait tout autant être une crénée, qu'une héléade, limnade, pégée ou potamide du fait des multiples biomes aquatiques qu'on traverse. La jonction entre eaux continentales et la grande flaque, se fait avec une océanide et non une néréide (pas le même papa).
On se laisse d'abord porté par le courant sans que de l'eau coule sous les ponts. De la source à l'embouchure, on découvre ensuite qu'il y a mille ramifications, naturelles ou du fait de l'homme, qui méritent d'être suivies, histoire de faire barrage au temps qui passe. L'eau trouve toujours son chemin et je m'y connais en infiltration.
Puis s'insinue cette sensation de porosité entre observateur et observé. Le mouvement des créatures devient votre propre respiration où chaque petit être grouillant participe à un même flux vital. Une communion organique et évidente s'opère : la frontière entre le soi et l'écosystème s'estompe. Cette synesthésie s'accompagne d'un fardeau : cette souffrance quand on vient à être pollué.
Même si de rares rencontres portées par la grâce viennent donner du mérite à l'exploration méticuleuse, le jeu souffre quelque peu du syndrome "Alohomora" : soupé des canards, grenouilles, papillons, abeilles, piafs à réunir à répétition. Le jeu aurait gagné à être plus avare. Moins, c'est plus.