« L'évolution ne connaît pas la marche arrière. » — Boris Cyrulnik
Neva, seconde production des catalans de Nomada Studio, nous met face à un défi de taille dès son générique d’entrée: le monde se meurt, le ciel nous tombe sur la tête (en l'occurrence, les oiseaux) et notre compagnonne quadrupède perd sa vie en nous (Alba) protégeant — tout va pour le mieux…
Neva, on se rend rapidement compte, n’est autre que le nom de la loupiote (le louveteau) qu’Alba va tout d’abord aider à faire ses premiers pas.
Alba, armée de son estoc et de quelques mouvements simples — esquive, saut et marche relativement rapide —, s’attaque à la découverte du monde qui l’entoure.
Style visuel assumé, en forte adéquation avec ce que Nomada nous livrait déjà avec Gris 6 ans auparavant, l’ambiance rappelle évidemment les productions Ghibli — impossible de ne pas y voir l’influence très forte de Princesse Mononoke ou Le Voyage de Chihiro, tant dans l’aspect du monde qui perd peu à peu de ses couleurs ou des animaux qui se meurent pour l’un, que dans les monstres ou esprits, presque copiés des Sans-Visage / Kaonashi du second.
L’histoire, laissée à interprétation libre car ici encore proférée sans mot aucun, peut confondre qui ne cherche pas plus loin que le jeu présenté devant soi.
Neva est encore léger en gameplay, quoique plus fourni que Gris — platforming, parfois plus ardu pour les objets collectionnables, et combat simpliste sont de mise —, si bien qu’on a plus affaire à un mélange entre expérience profondément touchante, comme son prédécesseur, et désir de combler un public plus large, friand de « vrai jeu ».
La bande-son de Berlinist est ici encore superbe, mêlant calme atmosphérique et montées en puissance lors des climax en action — je ne pourrais que lui reprocher d’être, à mon goût, en-deçà de celle de Gris.
Neva est une évolution de Gris, on pourrait ainsi dire une itération — Nomada Studio a repris un modèle similaire vis-à-vis des thèmes visuel et sonore, a gardé une protagoniste (quasiment) silencieuse et a tourné les choses pour nous livrer une expérience plus active, car c’était l’un des reproches fait à leur premier opus.
Neva m’a touché par les thèmes sous-jacents que j’ai su (cru) y déceler, cependant pas autant que Gris ne l’a fait par le passé.
Je pense qu’essayer de standardiser plus le gameplay de Neva n’est pas une avancée dans le bon sens, mais bon, allons de l’avant.