Je suis toujours un peu méfiant face aux suites tardives. Surtout quand elles doivent succéder à une œuvre marquante, mais peut engageante à mes yeux, comme Ni no Kuni, premier du nom. Qui m’avait surtout marqué pour son atmosphère magique et son alliance inédite entre J-RPG classique et narration Ghibli-esque. Alors forcément, j’attendais le deuxième avec un mélange d’enthousiasme et de prudence. Finalement, Ni no Kuni II a pris un virage drastique… Mais un virage bien négocié, avec une élégance qu’on ne peut que saluer.

Je le préfère donc largement au premier, mais on va prendre le temps d'en parler, car il n'est pas sans défauts.


Dès les premières heures, l’adoption assumée du genre action-RPG m’a convaincu. Là où le premier volet se traînait parfois dans ses combats trop figés, ici, tout est plus vif, plus fluide, plus réactif. C’est simple, accessible, mais plaisant à manier, surtout grâce à cette nervosité propre au gameplay temps réel. On est loin d’un Tales of ou d’un Ys, mais dans sa catégorie, le jeu tient la route, et même plus que ça, il parvient à être satisfaisant, sans être exigeant. Pour un jeu qui se veut conte pour tous, c’est déjà une réussite.

J'ose même dire que c'est certainement l'un des meilleurs action RPG à recommander pour les débutants, au vu de ces mécaniques simples et efficaces!


Visuellement, c’est une véritable caresse pour les yeux. Le cel-shading est maîtrisé, les couleurs éclatent sans jamais brûler la rétine, et l’on retrouve cette direction artistique inspirée du Studio Ghibli… même si le studio n’est officiellement plus impliqué. Certains diront qu’on sent l’absence de Miyazaki, et je ne peux pas vraiment les contredire. Il manque un supplément d’âme, cette poésie flottante qu’avait le premier. Mais ça n’empêche pas Ni no Kuni II d’être sublime, avec des villes aux identités fortes, une carte du monde charmante, et une musique de Joe Hisaishi toujours aussi majestueuse, capable de transformer une simple traversée en voyage d’initiation.


Là où le bât blesse, c’est sur ce que le jeu tente en plus. La gestion de royaume, par exemple, avait tout pour m’accrocher. Je trouve l’idée brillante sur le papier, faire d’Evan un bâtisseur de paix, voir son royaume croître, attirer de nouveaux citoyens... C’est une mécanique qui, au départ, stimule vraiment. Mais très vite, on réalise que ça ne va pas assez loin. Les mécaniques sont simples, les choix assez mécaniques, et tout finit par se jouer sur des timers et des collectes, ce qui nuit un peu à l’enthousiasme initial. Pareil pour les petites batailles stratégiques à la Pikmin, sympas au début, mais trop superficielles pour tenir sur la longueur. On sent que l’équipe a voulu diversifier, varier les plaisirs… mais sans aller au bout de chaque idée.


Et puis, il y a l’écriture. Le scénario manque cruellement d’enjeux. L’histoire est jolie, pleine de bons sentiments, mais on est loin du souffle narratif du premier.(qui ne volait déjà pas bien haut)

On navigue dans un monde où tout semble aller trop bien, où les dilemmes sont vite réglés, où les antagonistes ne marquent pas. Evan, en tant que protagoniste, est mignon mais un peu lisse. On l’aime bien, mais on l’oublie vite. Le message du jeu est clair, il parle de paix, de coexistence, de construction. C’est noble. Mais trop plat, trop linéaire. Ça manque d’aspérités, de drame, de moments marquants.


Malgré tout ça, j’en garde un souvenir positif.

J’ai aimé m’y plonger, car c’est un jeu chaleureux, dépaysant, sincère dans ce qu’il propose. Même s’il n’excelle pas dans tous ses systèmes, il a le mérite d’oser des choses, d’alterner l’intime et le grandiose, de nous offrir une aventure qui a du cœur, même si elle manque un peu de nerf.

Même si je suis conscient de ses failles, je ne peux pas oublier les moments où j’ai vraiment décroché de la réalité, où j’ai eu cette sensation de partir ailleurs. Et parfois, c’est suffisant pour qu’un jeu mérite d’être recommandé. Sur PC, une fois qu'on a fait les J-RPG les plus connus, on peut avoir peur de se lancer dans ceux d'une licence moins connus et celui-ci est à mon sens un immanquable.



KumaCreep
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le 23 juin 2025

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KumaCreep

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