Je ne vais pas prétendre être un expert en Ninja Gaiden. C'est un nom que je connaissais depuis longtemps, mais qui n'est jamais arrivé sur PC avant la Master Collection en 2021. J'ai découvert la série l'année dernière, avec le remake : Ninja Gaiden 2 Black, et malgré ses innombrables défauts, j'ai passé un très bon moment et dévoré le jeu en quelques sessions. Il n'en fallait pas plus pour que je m'intéresse à la sortie de NG4, quelques mois plus tard.
(Critique de Ninja Gaiden 2 Black)
https://www.senscritique.com/jeuvideo/ninja_gaiden_ii_black/critique/316274424
Comparé à la formule datée de NG2B, Ninja Gaiden 4 progresse à tous les niveaux. Mieux, il reprend tout ce qui faisait le sel du dernier opus et l'enrichit considérablement, en utilisant le savoir-faire de Platinium Games pour nous offrir, entre autres, un système de combat nettement plus compétent, sans pour autant perdre la surenchère de violence et les finishers épileptiques qu'attendent les fans.
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Commençons par ce qui n'a malheureusement pas changé :
• Le chara-design est toujours aussi edgy et ridicule, et 100% des persos féminins sont toujours aussi objectifiés, avec des tenues de strippers et d'énormes boobs sur lesquelles s'attarde amplement la caméra, pour bien profiter du moteur physique.
• La caméra est supérieure à tous les niveaux mais... bordel, les exécutions finissent par donner mal à la tête. Comme le jeu consiste principalement à enchaîner des arènes de combats absolument saturées d'ennemis qui meurent très vite, vous lancez des finishers toutes les 4 secondes, ce qui donne lieu à des mouvements ultra-rapides de la caméra et à d'abrupts changements d'angles. Même chose pour l'attaque chargée pendant laquelle la cam vous échappe et l'écran se remplit de VFX, de filtres et de decals pendant plusieurs secondes. Ninja Gaiden 4 est strictement déconseillé par votre ophtalmo, et n'est pas passé loin de me rendre épileptique.
Accusez-moi de laisser parler mon syndrome de Stockholm... mais ça contribue un peu au charme du bousin. Ce côté frénétique et excessif, avec une action qui ne s'arrête jamais et nous flingue les rétines en permanence, c'est aussi ça qui garde votre adrénaline à son maximum et vous empêche de cligner les paupières ou de considérer qu'il serait temps de poser le gamepad.
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Maintenant, voyons tout ce que NG4 améliore, et qui en fait un bien meilleur jeu :
• L'action est moins répétitive, car le jeu utilise une vieille astuce périmée : insérez un peu de plateforme entre ses combats. Vous savez, ce truc qui ne fonctionnait pas absolument pas dans Doom Eternal ? Et bien ici, ça marche à 200%, car le jeu m'a permis de grind sur des rails, me propulser avec un grappin, courir sur les murs, faire du surf, planer à toute allure dans des courants d'air et SURTOUT : faire tout ça à la fois lors de nombreuses séquences totalement tarées qui nous laissent enchaîner les mouvements les plus absurdement cool sans une seconde de temps mort.
• Le level design ne donne toujours pas envie de crier au miracle, mais l'ajout de points de grappin dans les arènes assure le minimum syndical, et les passages d'exploration sont bien rythmés.
• L'histoire est toujours nulle, mais il y a quand même un vague progrès et quelques efforts. On sent que le jeu tente de nous impliquer émotionnellement, mais ça ne fonctionne jamais à cause du protagoniste débilement stoïque qui passe le jeu à grogner des monosyllabes et dégage autant de charisme que Nero, dans Devil May Cry.
D'ailleurs, je me demande d'où vient cette tendance à relancer une série en remplaçant un personnage iconique (Dante dans DMC, Ryu Hayabusa dans NG) par un ado edgy minable qui essaye trop fort d'avoir l'air cool.
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Même si j'ai trouvé la plateforme profondément satisfaisante, on est là pour les combats, et NG4 est très largement supérieur à NG2B, dont il conserve néanmoins les sensations de jeu. Il en répare la caméra, ajoute une esquive parfaite et des contres, une parade parfaite, des myriades de combos (parfois assez compliqués à sortir), le grappin, un changement dynamique en plein combat entre 4 armes bien différenciées, des attaques chargées, une barre de super et des TONNES de systèmes et de couches de complexité qui ne cesseront d'enrichir les combats du début à la fin du jeu.
Sorti de Devil May Cry 5, je connais très peu de jeux qui pourraient rivaliser, même de loin, avec un tel système, surtout quand son exécution est aussi efficace et précise. Je ne sais pas ce qu'on doit respectivement à Team Ninja et Platinium Games, mais leur alliance a donné naissance à l'un des meilleurs systèmes de combat jamais conçu pour un Beat'em up, et je serais très étonné s'il est égalé dans les années à venir.
Votre personnage est une telle machine à tuer qu'il fallait des ennemis à la hauteur, et ceux de NG4 sont incroyablement agressifs. La plupart des combats vous confrontent simultanément à des hordes d'ennemis qui vous attaquent sans relâche de toutes les directions et à diverses portées, à tel point qu'il est souvent difficile de terminer un combo sans se prendre un taquet dans le dos. Ne vous attendez surtout pas à des ennemis disciplinés qui vous tournent autour pour vous attaquer à tour de rôle comme dans un Assassin's Creed : les créatures de NG4 attaquent vite, fort, sans relâche et ne vous laisseront aucun répit.
J'ai commencé le jeu en difficulté normale, mais n'étant pas un vétéran de la série, je me suis vite fait remettre à ma place. Après avoir patiemment traversé les premières heures en mourant régulièrement, parfois 12 ou 15 fois de suite sur les boss, j'aurais pu serrer les fesses et continuer ainsi, mais j'ai décidé que j'étais plutôt là pour les frissons, et suis passé en mode facile. Idéalement, j'aurais aimé un entre-deux, car même en désactivant toutes les aides et automatisations, ce mode est trop relax à mon goût. Ceci dit, j'apprécie que le jeu offre une telle option, quand la tendance semble être aux modes uniques ultra punitifs, y compris chez Team Ninja (Wo Long, Nioh).
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Lorsqu'un jeu de cyber-ninja vous met sur une planche de surf pour chasser un requin-démon géant dans une course-poursuite qui vous fait sans cesse traverser des portails dimensionnels entre deux mondes (façon Ratchet & Clank: Rift Apart, rien que ça), planer à toute blinde dans le vent, glisser sur des rails entre deux wallruns, et que tout ça se termine en un énorme boss fight dans un night club sur fond de grosse techno qui tâche, c'est que ses créateurs ont décidé de tout mettre au service du fun le plus excessif, et je les en remercie.
https://youtu.be/9CfHvZjnDlQ?si=WMOW32BZXGITqwmu&t=20686