Temps de jeu : un peu moins de 5h (j'ai fini le jeu une seule fois).
Il est néanmoins recommandé de faire une seconde partie, dite "solstice" (de ce que j'ai vu, elle apporte beaucoup de choses). Si vous accrochez au jeu, espérez donc une durée de vie d'environ 8 à 10 heures. Pour un prix qui varie de 7 à 10 euros généralement (en fonction des promos) c'est assez honorable.
On m'a vendu Oneshot comme un des meilleurs jeux indépendants des ces dernières années, avec une fin exceptionnelle. J'avoue avoir été déçu. Non pas que le jeu soit mauvais, mais j'ai le sentiment que les gens exagèrent parfois. S'il y a bien cependant un point où je n'ai pas été déçu du jeu, c'est au niveau des musiques. Celles-ci sont assez marquantes et collent bien avec l'athmosphère générale du jeu.
L'histoire est assez simple : un jeune homme se réveille dans un monde inconnu où le soleil a disparu. Il trouve rapidement une lampe, qui est le nouveau soleil de ce monde. Le but est simple : l'amener jusqu'à la tour où l'ancien soleil se trouvait afin de pouvoir sauver le monde des ténèbres. C'est avant tout un jeu à énigme, avec un système d'objets à combiner (comme dans Resident Evil).
Notez que je n'ai pas dit "nous incarnons un jeune homme [...]", car, et c'est ici que la vraie force du jeu réside, nous ne l'incarnons pas totalement. Certes, au sens propre, nous l'incarnons : c'est nous qui allons décider de ses actions (cela reste un jeu après tout). Toutefois, au sens figuré, c'est un peu plus complexe. Le jeu distingue le personnage principal, Niko, et le joueur. Dès le départ, le jeu brise le 4e mur en mentionnant notre nom par un message hors du jeu. Plusieurs jeux comme Undertale ont déjà brisé le 4e mur, mais assez subtilement. Mis à part Doki Doki Litterature Club, je ne peux penser à aucun jeu qui brise le 4e mur de façon aussi directe, avec des personnages (en l'occurrence Niko) qui s'adressent directement à nous. Ca fonctionne très bien, car ça renforce l'immersion. Par exemple, lorsque nous quittons le jeu, Niko ressent notre absence. Il nous demande souvent "vous êtes là ?". Nous nous sentons donc facilement impliqués dans la quête du jeune Niko qui a besoin de notre aide pour réussir.
En parlant d'immersion, il est assez difficile de s'habituer au mode fenêtré du jeu. Le jeu nous recommande en effet de jouer en fenêtré car certaines énigmes nécessitent de sortit du cadre du jeu. Lorsqu'un message s'adressant directement à nous apparait, le jeu retourne en mode fenêtré (et justement, ça détruit l'immersion si l'on était en plein écran). Maintenant, je pense que nous aurions pu avoir la possibilité d'augmenter la taille du mode fenêtré... Surtout que le mode fenêtré est rarement nécessaire, donc il est préférable de jouer en plein écran 95% du temps.
Par ailleurs, j'abuse peut être un peu, mais l'absence de déplacements en diagonale se fait souvent ressentir... Comme souvent dans ce genre de jeux, la forme (c'est à dire surtout le gameplay) est le vrai problème. C'est dommage le fond, c'est à dire l'univers et son lore est vraiment génial. Les environnements sont peu nombreux mais assez variés et le lore se déroule à mesure que nous progressions dans les zones.
Spoilers.
L'utilisation du "phosphore" est ici vraiment brillante (littéralement). Le fait que tous les personnages utilisent du phosphore pour éclairer est vraiment intelligent. Par ailleurs, le fait qu'ils utilisent 3 types de phosphore différents (les crevettes, les arbres et les minerais) explique cette variété de couleurs entre les 3 zones du jeu.
Concernant la fin du jeu, j'ai eu beaucoup de mal. Personnellement, je n'ai pas aimé la fin ; elle n'était pas à la hauteur de ce qu'on me vendait.
Déjà, le choix entre sauver le monde ou sauver Niko était assez prévisible, surtout lorsque nous savons qu'il y a 2 fins. Ensuite, les "énigmes" juste avant la fin sont inutiles en plus d'être laborieuses, j'avoue que devoir échanger entre la fenêtre avec l'entité qui écrit et le jeu a un peu tout ruiné. Un dialogue au travers d'un ordinateur aurait été plus intéressant. Ensuite, j'ai un peu eu l'impression qu'on se moquait de moi : j'ai choisi la fin "return the sun". On m'a foutu 3 images des 3 zones du jeu avec du soleil pour me dire "t'as réussi", et puis... crédits. Voir ce qu'il advient de Niko dans le cas présent n'aurait pas été de refus.
La deuxième fin, celle où on sauve Niko m'a l'air plus intéressante car ici Niko nous fait ses adieux et il sort du cadre et va même jusqu'à quitter l'écran. J'ai entendu dire qu'il est impossible de relancer le jeu après ça, mais qu'avec une manipulation précise, il est possible de revenir pour lancer la run "solstice". Ma foi, c'est une bonne chose car elle développe des passages "incomplets" de notre partie originale. Par exemple, de ce que j'ai su, il est possible d'aller dans les mines et de faire la rencontre du fameux personnage qui avait inventé une machine volante. Néanmoins, je trouve que c'est aussi la solution de facilité. Là où la fin originale laisse un goût amer car quel que soit le choix il y a nécessairement un sacrifice (Niko ou le monde) ce qui est quand même fort et marquant, ici la fin solstice annule absolument tout.
En conclusion c'est un jeu plutôt bien. Pour moi, il n'est pas exceptionnel, mais il reste important de le tester par vous-même surtout à un prix aussi bas (10 euros en général). Au final, OneShot est un bon jeu indépendant, qui a vraiment un lore et une histoire marquante mais qui souffre selon moi d'un problème de forme. Je ne regrette pas l’expérience, loin de là, mais je n’y ai pas trouvé la claque émotionnelle qu’on m’avait promise.