Autant commencer par jeter un pavé dans la mare : oui, je préfère Palworld aux derniers Pokémon. Et très franchement, le choix n'est même pas particulièrement difficile à justifier. La formule proposée ici est infiniment plus ambitieuse, balayant la frilosité d'une licence qui évolue au ralenti. On nous offre de la survie, de l'exploration, de la construction et surtout, un véritable monde ouvert où les créatures ne se contentent pas de combattre, mais participent activement à diverses activités. Cette liberté d'action est un régal. Partir à l'aventure pour capturer un nouveau Pal, récolter des ressources ou optimiser sa base sans avoir l'impression de suivre un couloir scénaristique donne une saveur toute particulière à l'expérience. Loin de toute pression compétitive, on se surprend à savourer cette progression à son propre rythme. Mais voilà… il y a un énorme problème.
Et là, il faut être sévère : le monde ouvert est d'un vide abyssal, MÊME AVEC LA 1.0. C'est sans conteste ma plus grande déception. Passé l'inévitable effet « waouh » des premières heures, la carte gigantesque peine à justifier son étendue. On parcourt des kilomètres avec cette désagréable impression que le jeu nous hurle « Regarde comme c'est grand ! », ce à quoi on finit inlassablement par répondre : « Oui… mais je fais quoi ? ». Bien sûr, il y a des ressources, quelques structures, des boss et des Pals à attraper, mais tout cela manque cruellement d'âme. Où sont les villages animés ? Les PNJ avec une réelle profondeur ? Les événements dynamiques ou les donjons véritablement travaillés ? Un monde ouvert ne devient pas magiquement vivant simplement parce qu'il s'étend sur des hectares.
Heureusement, le cœur du jeu — les Pals — sauve la mise avec brio. Leur intégration est une vraie réussite, d'autant qu'ils dépassent le simple statut de gladiateurs de poche. Fini le syndrome du monstre fraîchement capturé qui va prendre la poussière dans une boîte virtuelle. Ici, la progression est palpable : mes Pals font littéralement tourner mon entreprise. Je suis le patron, et eux, mes adorables employés non syndiqués. Et puis, il faut aborder l'éléphant dans la pièce : les armes à feu. Voir une petite boule de poils mignonne brandir un fusil d'assaut reste une vision totalement absurde. Mais Palworld assume son délire avec une telle décomplexion que le mélange finit par fonctionner. Ce cocktail improbable entre survie, gestion de base, capture et fusillades lui forge une identité unique.
C'est ce qui explique ma note de 7/10, qui pourrait paraître paradoxale au vu de mes critiques. Palworld est loin d'être parfait. Mais il me donne constamment le sentiment de jouer à un vrai jeu vidéo qui ose. Il essaie des choses, quitte à être bizarre, absurde ou à trébucher, là où d'autres se complaisent dans un conservatisme absolu. Le frisson de bâtir son propre petit empire pierre par pierre rend l'expérience profondément riche. C'est un très bon titre avec un potentiel faramineux. Mais je continuerai de le marteler : LE MONDE EST ENCORE TROP VIDE. Si les développeurs parviennent un jour à insuffler une véritable vie à cette immense carte avec du contenu substantiel, on ne parlera plus du tout du même jeu. En attendant, c'est une aventure supérieure aux derniers Pokémon, certes, mais où la réponse à la question « il y a quelque chose ici ? » reste encore trop souvent : non.