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Désir de vivre
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le 26 févr. 2024
Je commence à être assez coutumier des jeux Atlus et de leurs systèmes. Même si je n’ai jamais été un immense fan de Persona, j’avais tout de même fait le cinquième opus ainsi que le quatrième dans sa version Golden, et j’avais aussi découvert ce troisième épisode à l’époque sur PlayStation 2. Mais j’étais bien trop jeune...
Entre des mécaniques qui me semblaient alors un peu trop simples et une traduction anglaise qui me tombait vite des mains, j’avais lâché l’affaire. J’ai toujours gardé en tête l’idée de me rattraper un jour, et ce remake était clairement l’occasion rêvée. Après avoir adoré le dernier Shin Megami Tensei, je me suis dit que c’était le bon moment. J’avais déjà les mécaniques en tête, les petites astuces pour optimiser une run, et j’étais donc dans des conditions idéales. Résultat, je dois l’admettre, je reste assez conquis par le titre… malgré tous ses défauts.
Impossible de ne pas commencer par l’éléphant dans la pièce. Depuis Persona 5, l’UX design de la série est devenu quasiment légendaire, au point d’inspirer bien au-delà du JRPG. Atlus poursuit clairement sur cette lancée, et c’est un plaisir constant. La refonte sonore et visuelle est tout simplement excellente. Même si le jeu est extrêmement répétitif, je me suis laissé embarquer de bout en bout. Le bond visuel est énorme, que ce soit pour les personnages, les décors ou les menus. Et difficile de ne pas saluer la musique et les doublages, qui restent des points forts majeurs de l’expérience.
Rarement un remake m’aura paru aussi pertinent. Il rafraîchit l’identité visuelle, lui donne une vraie personnalité propre, distincte des autres épisodes, tout en restant fidèle à l’atmosphère de Persona. Sur cet aspect-là, c’est presque un sans-faute.
À cela s’ajoute un système de combat qui réussit plutôt bien le mélange entre l’original et des éléments plus modernes. J’ai trouvé l’ensemble très agréable, notamment pour sa dimension tactique et sa fluidité accrue. Les améliorations de confort de jeu font clairement la différence, comme la fonction rewind, le contrôle total de l’équipe en combat, ou encore ces transitions qui permettent de conserver son tour et de garder l’ascendant sur les ennemis. Tout ça fonctionne très bien.
Il se dégage une vraie énergie du jeu, et une fois la manette en main, je n’ai pas eu d’autre choix que d’aller au bout. Mais tout n’est pas parfait. Le jeu est beaucoup trop long, surtout quand on voit le nombre hallucinant de combats à enchaîner, et il souffre d’une répétitivité assez lourde.
Paradoxalement, ça ne m’a pas tant dérangé que ça, parce que ça me permettait d’écouter des livres audio ou des podcasts en parallèle. C’est même une manière que j’aime bien pour consommer certains jeux. Mais soyons honnêtes, sans ça, le titre me serait probablement tombé des mains. Le Tartare reste un donjon interminable. Malgré ses améliorations visuelles, le nombre d’étages et leur variété font pâle figure face à ce que proposent aujourd’hui beaucoup de roguelikes de la scène indépendante.
Je suis aussi resté assez perplexe face aux manques hérités des versions antérieures, notamment FES. L’absence de l’épilogue et de la protagoniste féminine est franchement difficile à avaler. C’est d’autant plus frustrant que le jeu est vendu au prix fort. Quand on va aussi loin dans le remake, ne pas faire les choses jusqu’au bout laisse un goût amer.
Si ça s’était arrêté là, j’aurais simplement dit que j’avais passé un bon moment. Moi qui adore les RPG modernes et urbains, j’aurais pu refermer cette aventure sans trop y repenser. Mais cette impression de ne pas aller au bout des choses continue de me trotter dans la tête. Difficile de ne pas comparer avec Persona 5 ou Shin Megami Tensei V, bien plus généreux dans leurs mécaniques d’optimisation d’équipe. Dans ces jeux, on pouvait créer des démons à foison, se perdre pendant des heures dans les menus, expérimenter. Ici, je l’ai fait avec beaucoup moins de plaisir.
Et puis il y a l’histoire. Elle m’a laissé assez froid. Sans surprise, l’intrigue tient sur la durée, les personnages sont globalement attachants, mais ce n’est pas suffisant pour maintenir une vraie tension narrative. Les thèmes de la mort et du désir de vivre sont bien là, mais la réécriture et la modernisation narrative, que beaucoup de critiques mettent en avant et qui m’avaient convaincu d’acheter le jeu, ne m’ont pas parlé. Je ne partage clairement pas cet enthousiasme.
À tel point que j’ai passé une bonne moitié des dialogues sans avoir l’impression de zapper quoi que ce soit. C’est quand même un comble. On retrouve des archétypes très classiques du manga, et même si je ne veux pas trop en vouloir au jeu, puisqu’il posait à l’époque les bases de cette formule, aujourd’hui la comparaison fait mal. Face aux quatrième et cinquième opus, Persona 3 Reload accuse vraiment le coup. La vie étudiante, avec deux fois moins d’options que dans les autres opus, m’a paru assez pauvre. Je ne suis peut-être plus le public cible, mais même en faisant l’effort, j’ai du mal à imaginer comment séduire un public en quête d’un minimum d’originalité.
Au final, malgré toutes les réserves que je peux avoir, j’en garde quand même un bon souvenir. Il y a quelque chose de profondément marquant dans cette expérience, peut-être lié à son ambiance, à son rythme si particulier, ou tout simplement à ce sentiment d’avoir enfin rattrapé un morceau important de l’histoire de la série. Et surtout, impossible de nier l’impact de la musique. Les thèmes restent en tête bien après avoir posé la manette, ils reviennent presque malgré soi, comme une trace laissée par le jeu. C’est peut-être là que Persona 3 Reload réussit le mieux, dans cette capacité à imprimer une atmosphère et des mélodies qui continuent d’exister une fois l’aventure terminée.
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Créée
le 4 janv. 2026
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