Remedy entertainment est une boîte qui s'est définit lors de ses grosses productions sur deux choses : leurs qualités graphiques et leur gameplay unique et répété ad nauseam. Max Payne et son bullet time, Alan Wake et sa lampe torche. Et c'était bien. C'était simple, ça permettait une chorégraphie envolée pour le premier et une reflexion narrative pour le deuxième, mais le gameplay se suffisait à lui même sans artifice ni rajout, ni complexité.
Quantum Break, c'est une idée un peu farfelue qui consisterait à mêler deux médias, sans véritable raison ni ambition, mais qui pourrait recueillir les écueils des deux supports. Soit. Le studio a pris le risque à la fois de de proposer un gameplay répétitif mais condensé et une narration expédiant ses personnages et devant se concentrer sur l'essentiel. Bah ouais, parce qu'au prix où tout ça devait se trouver, l'ambition a dû être de raccourcir pas mal le truc. Malgré tout, l'idée aurait pu être menée assez loin si le choix de l'épisodique avait été suivi.
Alors déjà c'est super beau, parce que plein d'effets et de trouvailles visuelles, même si parfois ça bave ou diverses fautes de goût pointent le boût de leur nez. Ensuite, le gameplay a ses errances pendant les fusillades qui, même si elle sont globalement joussives, parviennent à être brouillonnes par moment, notamment contre les gros golgoths en armure, ou dans des zones trop etriquées. Un bon point est à attribuer aux excellents et trop rares passages de plateforme et de puzzle. Enfin la trame scénaristique est plutôt bonne et agréable, si on aime le genre de séries comme Fringe et ses mystères enrobés dans des délires technico futuristes, mais parvient parfois à être turbodébile lors de l'intégration de certains personnages à la progression narrative (Hatch, Burke). Reste que ceux qui s'attendent à une vraie fin risquent de râler sans espoir de suite possible. L'intégration des éléments de narration environnementale est quant à elle assez navrante, tant ils paraissent avoir été placés dans les niveaux pour ajouter du temps de jeu, à lire des pages et des pages de mail ou de journaux intimes ou de témoignages qui ne font que rappeler ce qui a été dit quelques minutes plus tôt.
Alors c'est dommage ou pas ? Bah non, parce que l'écriture des éléments, des personnages et de la dramaturgie sont excellents, que le gameplay pêche mais pas trop et que c'est joli même si parfois c'est con.