Bon, il était grand temps que je m’attaque aux classiques Resident Evil, et c’est par celui-ci que j’ai décidé de commencer.
Tout d’abord, agréablement surpris : j’ai tout bonnement adoré quasiment tout.
Déjà, l’ambiance, que ce soit dans les souterrains ou dans le commissariat, avec cette tension permanente dans les tripes et ce sound design aux petits oignons... Surtout durant les apparitions de Mr. X... Il faut le dire, ce grand bonhomme en trench-coat m’a matrixé et m’a tendu plus d’une fois. Quand j’entendais ses pas de géant résonner sur le parquet en bois, bordel... Sentir qu’il s’approche à grandes enjambées pendant que tu cours juste pour sauver ta peau, non vraiment, c’était quelque chose.
Le gameplay, je l’ai beaucoup aimé : c’est simple, sobre et redoutablement efficace. Du craft, de l'amélioration d'équipement et de l’exploration.
Les combats fonctionnent très bien et la tension reste constante dans la gestion millimétrée des munitions. Ça donne tout de suite un vrai aspect survivaliste : contrairement à la plupart des autres jeux où tu tires dans le tas sans réfléchir dès que tu as une arme, là, tu serres les fesses et tu fais la pute dès que tu n’as plus rien pour te défendre. Ce côté vulnérable est particulièrement appréciable et bien dosé.
Le level design marche aussi du tonnerre. Il fonctionne tellement bien que je me souvenais exactement de presque tous les passages du commissariat, des accès aux sous-sols, etc. Même au moment de me coucher, je me remémorais le plan. Tout s'ancre parfaitement dans la tête, notamment grâce à cette mécanique d'allers-retours pour récupérer tel ou tel objet clé. C’est extrêmement bien rythmé : tu pourrais t'ennuyer à repasser dans les mêmes pièces, mais le jeu sait exactement comment doser ses objectifs pour te faire retraverser la zone sans que ça devienne pénible. Et puis de toute façon, avec la pression permanente d'un Mr. X ou d'un monstre au cul, faire le trajet pour la quinzième fois ne te dérange même pas, tu ne t'en rends même plus compte.
En revanche, il y a un point qui m’a franchement fâché et qui me fait même hésiter à baisser la note finale : la campagne bis avec Claire Redfield.
Après avoir bouclé l'histoire avec Leon, on te propose de faire celle de Claire pour compléter le récit. Pourquoi pas, me direz-vous ? Oui, sauf que quand tu réalises que tu te retapes 80 % (et encore, je suis gentil) de ce que tu viens de vivre avec Leon, tu te demandes si on ne se fout pas un peu de ta gueule. Tu répètes littéralement les mêmes boucles de gameplay dans les mêmes décors, avec les mêmes énigmes, quasiment les mêmes boss et les mêmes créatures affrontées aux mêmes endroits. Tout devient prévisible, tu as juste la désagréable impression de refaire deux fois de suite la même campagne, et ça m’a vraiment agacé. Scénaristiquement, ça n'apporte presque rien : ils auraient dû s’arrêter net à la fin de celle de Leon, le jeu aurait été parfait.