"Resident Evil 2", sur Playstation. C’est là que je m’étais arrêté, il y a déjà une quinzaine d’années. Le jeu m’avait convaincu, mais pour moi qui avais été un gamer invétéré, le temps des consoles était révolu.
Heureux possesseur d’une Wii à présent, c’est donc avec une joie non dissimulée que je me suis plongé dans cette quatrième édition, retrouvant par la même occasion Leon, un héros bien connu. Une joie pourtant accompagnée d’une certaine appréhension : à force d’être exploitée, il était légitime de craindre que la saga ait perdu de sa superbe… Et là, qu’est-ce qui se passe ? WTF, comme dirait l’autre ? Eh bien, que nenni les zombies, euh, les amis ! Une demi-heure de jeu a suffi à me convaincre qu’avec ce nouvel épisode, je n’allais certainement pas m’ennuyer. Malgré une prise en main un peu délicate, "Resident Evil 4" vous happe très rapidement dans ses filets, grâce à son scénario et son atmosphère poisseuse de film d’horreur, qui est, disons-le tout net, son meilleur atout. Détail amusant de l’histoire, nous n’avons pas affaire ici à de véritables zombies comme c’était le cas auparavant, mais plutôt à de gros fanatiques fêlés du bulbe, qui se servent de la science comme d’une arme pour imposer leur religion. Et c’est qui les cobayes endoctrinés qui ne pensent qu’à vous mutiler sauvagement, à vous arracher le cœur ou à vous couper la tête, hein ? Hein ? Les villageois du coin, que vous allez devoir combattre si vous voulez survivre. Ah oui, et ces tarés de terroristes, ils ont aussi enlevé Ashley, la fille du président des Etats-Unis, que vous allez devoir secourir (c’est même la raison principale de votre présence). Vaste programme.
Bref, "Resident Evil 4" est sacrément prenant. Le jeu ne fait pas vraiment peur en soi, mais installe plutôt une angoisse diffuse, et certains ennemis sont franchement inquiétants. Toute la première partie dans la cambrousse isolée est excellente, la seconde dans le château exceptionnelle, malgré quelques passages assez ardus ; la dernière sur l’île est celle que j’ai le moins apprécié (même si elle reste de bonne qualité), sans doute parce qu’on s’éloigne de l’ambiance glauquissime qui régnait jusque là pour un univers plus "cartésien". Avec de telles ambitions, il était préférable que graphiquement, ça envoie du lourd, et ça tombe bien, c’est le cas. Les développeurs ont même réussi la prouesse de rendre les passages en duo avec Ashley assez supportables, bien qu’on ait parfois envie de lui tirer personnellement une balle entre les deux yeux. En parlant de ça, le panel d’armes est appréciable, tout comme la possibilité de les rendre plus performantes. Et il est également intéressant de ne pas être totalement passif durant les cinématiques.
Non, vraiment, je n’ai pas grand-chose à reprocher à cet épisode de "Resident Evil", qui dans son système de jeu rappellera forcément les précédents, mais insuffle suffisamment de nouveauté et d’audace. Disons que le big boss aurait peut-être dû être un tantinet plus coriace. Mais avant de l’atteindre, vous aurez déjà perdu vingt-cinq litres de sang et trois fois votre tête à coups de tronçonneuse, donc bon, on va peut-être arrêter les frais.

Créée

le 2 févr. 2013

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