Resident Evil 6
5.3
Resident Evil 6

Jeu de Capcom (2012 · PlayStation 3)

AnniversaiRE : 3/8


Enfin ! Putain, vous vous rendez compte ? Il aura fallu attendre 6 ans après le remake du 3, mais on va enfin pouvoir mettre nos mimines fébriles sur le remake de Code Veronica ! Le jeu de la série qui avait le plus besoin d'un coup de polish !

On va pouvoir voir Claire en 4k ! La mort de Steve va avoir le traitement émouvant qu'elle mérite ! Le Bandersnatcher va peut-être avoir l'air moins con ! Le combat contre le Tyran dans l'avion va être rééquilibré ! Finis les aller-retours de merde dans un couloir où on se fait forcément empoisonner ! On va revoir la chute aux Enfers de la famille Ashford ! Revivre la folie d'Alexander ! Réentendre l'incroyable thème d'Alexia avec une nouvelle orchestration ! Et cette nouvelle intro qu'ils ont montrée, elle est trop cool ! Raaaaah, je meurs d'enthousiasme, ça va être trop b…


Comment ça, "c'est pas le bon jeu" ?

On est sur quelle fiche là déjà ?

Oh non, fais chier.


Resident Evil 6 donc. Le jeu qui a tellement déçu les fans que Capcom a annulé la suite, est allé se mettre lui-même au coin comme un mauvais élève, et a charbonné pendant toutes les vacances pour revenir au top de sa forme à la rentrée.

Pourquoi une telle haine contre cet opus, donc ?

Deux réponses sont possibles à cette question : soit vous n'avez jamais digéré le fait que le logo ressemble à une femme à poil en train de tailler une pipe à un homme-girafe, soit vous êtes sain d'esprit et estimez que ce jeu n'a plus rien à voir avec Resident Evil.


RE6 conclut la mutation de la série commencée avec RE4, le premier épisode en TPS. Si ni les épisodes 4 ou 5 n'étaient plus particulièrement effrayants, le 6 abandonne toute tentative d'horreur (à part ponctuellement dans les deux premiers chapitres de Leon) et verse dans le jeu d'action bourrin, à la Gears of War ou Uncharted. Les armes et munitions sont nombreuses, les ennemis arrivent par vagues entières, les QTE sont légions…

On retrouve aussi le système de coopération mis en place dans RE5, heureusement un peu retouché. Désormais, quand on joue en solo, le partenaire est invincible et possède son propre arsenal, ce qui retire toute la frustration de gérer une IA débile. Ca rend toutefois le jeu très simple, puisqu'il y aura presque toujours votre partenaire à portée de main pour vous ressusciter si vous tombez à terre. Les Game Over sont toujours possibles (merci les QTE) mais néanmoins rares à cause de cette mécanique.


Le jeu possède 4 campagnes différentes, à faire dans n'importe quel ordre, qui comportent chacune 5 chapitres :

Leon/Helena : notre ex-flic préféré enquête sur une attaque bioterroriste qui a causé la mort du Président des USA (ça valait le coup de sauver sa fille dans RE4). Cette campagne est plutôt dans la lignée de RE4/5, puisqu'on alterne fusillades et énigmes simplistes, avec une ambiance qui se veut horrifique (mais qui disparaît au milieu du chapitre 2, au point où on passe les chapitres suivants à faire du toboggan, piloter un avion ou encore fuir une explosion à pied). Bref, une campagne mal rythmée, pas intéressante pour un sou, et Helena pète les couilles à vouloir garder un secret bidesque pendant la moitié du scénario.

Chris/Piers : l'ancien membre des STARS est victime de PTSD après avoir perdu ses hommes lors d'une opération, il va réapprendre à commander de jeunes recrues, tout en enquêtant sur la propagation du nouveau C-Virus en Chine… Attendez, quoi ?

Sherry/Jake : deux rejetons d'antagonistes (William Birkin et Albert Wesker) oeuvrent désormais pour le bien. Ils sont poursuivis par un gros zombie dégueulasse qui reprend sans vergogne le concept du Nemesis de RE3, mais avec plus d'explosions et de mitrailleuses.

Ada : La seule campagne pensée pour être jouée en solo (bien qu'un mode multi soit accessible), où l'on découvre comment ce personnage discret des précédents opus s'est retrouvé au centre de l'intrigue du 6. Et non, ce n'est pas la femme représentée sur le logo.


On va expédier très vite ce point : chaque campagne est pensée comme une expérience différente de Resident Evil. A en croire la communication à l'époque, Leon représente le gameplay horrifique des premiers jeux, Chris est plutôt orienté action comme RE4/5, Sherry est poursuivie par un gros Tyran à la Nemesis/Mr.X, et Ada tente un peu d'originalité avec une campagne plus axée infiltration.

Dans les faits, tout ce que je viens de lister est un affreux tissu de mensonges. Tous les personnages se contrôlent exactement de la même manière, on peut repérer aussi bien des séquences d'infiltration chez Chris que du bourrinage chez Ada, et vu que les personnages passent à peu près tous aux mêmes endroits à certains moments de leur campagne (la Chine en particulier), on n'a même pas l'impression d'avoir du contenu totalement inédit dans chaque chapitre, au point où certains boss sont réutilisés sans aucun changement d'une campagne à l'autre.

Si je devais établir un classement des campagnes, je dirais Leon > Ada > Chris > Sherry, mais comme dit précédemment, la campagne de Leon n'est "pas intéressante pour un sou", donc je vous laisse imaginer le reste.


Bref, c'est très crispant, et ça n'est même pas un bon héritier de RE4 dans le sens où le rythme du jeu est abominable. Chaque chapitre dure au moins 1h (il y a quelques chapitres plus courts chez Sherry et surtout Ada, heureusement) avec de loooongues sections où on se contente d'avancer tout droit en tirant partout (les munitions sont tellement nombreuses qu'on est obligé d'en jeter régulièrement pour faire de la place dans l'inventaire, une hérésie dans cette série), ou d'autres où on est enfermé dans une salle et où on doit se défendre en attendant qu'un script se déclenche, c'est vraiment méga naze.

La palme revient à certains boss (je pense en particulier aux boss de fin de Leon et Chris) qui sont interminables, avec plusieurs formes/mutations qu'on affronte à plusieurs reprises dans le chapitre qui leur est dédié, ils ont l'air de ne jamais vouloir crever, mais n'opposent en même temps aucune résistance sérieuse, et les munitions sont toujours disponibles à foison, ça s'éternise vraiment pour rien. Même le boss le plus insignifiant de Resident Evil 1 (ce doit être la grosse araignée) est plus marquant que ces trucs dégueulasses et qui ne savent jamais quand s'arrêter.


L'histoire n'est même pas particulièrement intéressante à suivre, même si la prémisse de suivre la contagion du C-Virus dans plusieurs régions du monde de plusieurs points de vue qui s'entrecroisent avait du potentiel. C-Virus qui est par ailleurs incompréhensible puisqu'il semble agir différemment selon qu'il infecte des civils (qui sont alors simplement zombifiés) ou des militaires (qui ont alors des parties insectoïdes qui leur sortent du corps, un peu comme le virus T-Veronica qui VA AVOIR UN REMAKE PUTAIN C'EST TROP BIEN ON VA REVOIR LES MUTATIONS D'ALEXIA OU DE NOSFERATU AVEC DES EFFETS TROP OUF ET CA VA ETRE TROP… bon ok j'arrête), la version militaire nommée "J'avo" étant toutefois très intéressante à affronter grâce à la variété de mutations qui peuvent être générées. Il y a deux antagonistes principaux qui s'affrontent entre eux, le boss final de Chris semble sortir de nulle part… C'est confus, et ça n'a ni le charme de la simplicité des premiers épisodes, ni la bêtise du fourre-tout ridicule qu'était le 4.

On a même une séquence assez beauf avec Sherry qui se balade en nuisette d'hôpital et qu'on aperçoit à poil derrière une porte pendant que Jake attend qu'elle se change. C'est superflu, et c'est même assez gênant quand on se rappelle que Sherry est un personnage de Resident Evil 2, qu'on aidait dans ce jeu alors qu'elle était enfant. Quel fan de la série avait envie d'une séquence avec elle nue, je ne sais pas, mais visiblement ça intéressait des gens chez Capcom.


A noter que RE6 propose la première rencontre in-game entre Chris et Leon, les deux principaux protagonistes de la série. Ca se fait malheureusement sans fanfare, vu qu'ils se connaissaient déjà depuis de nombreuses années, via certains films animés et d'autres rencontres qui n'ont jamais été montrées. Une occasion manquée donc.

J'apprécie toutefois la volonté de cet opus de vouloir faire avancer l'intrigue, et proposer plusieurs pistes intéressantes pour remplacer les vieillissants Chris et Leon par de nouveaux protagonistes, qui sont plutôt sympathiques. Si Helena ne semble pas avoir grand-chose de plus à raconter et que Piers est mis hors-course à la fin de sa campagne, Sherry et Jake feraient de bons protagonistes dans un futur jeu, mais au vu du changement d'orientation pris par la licence après RE6, cette piste semble malheureusement abandonnée.


Mentionnons rapidement la VF, dont c'est la première utilisation dans un Resident Evil numéroté (elle était apparue dans Revelations, sorti plus tôt en 2012). Elle est assez générique, comme le reste du jeu me direz-vous, mais correcte dans l'ensemble avec quelques gros noms de l'industrie comme Geneviève Doang ou Benoît DuPac.

L'OST du jeu est quant à elle parfaitement oubliable. Les graphismes ont au moins le mérite d'être plus agréables à regarder que ceux du 5.


Bref, Resident Evil 6 est une espèce de pot-pourri dans tous les sens du terme. Ca essaye de mélanger plein d'éléments de la saga mais ça ne crée qu'une soupe impersonnelle et qui n'a même pas le mérite de se terminer rapidement. C'est trop long et trop chiant pour ce que ça a à raconter. Et puis, le jeu a beau mettre en avant sa variété d'armes, il est étonnamment souvent plus rentable d'affronter les créatures à mains nues, ce qui réduit tout de même énormément la tension que sont censées générer ces armes bio-organiques.

Pourtant, il y a du budget dans ce jeu ! C'était même à l'époque le projet le plus onéreux de Capcom, qui a essayé maladroitement de regagner ses lettres de noblesse avec ce produit, salies par la mauvaise réputation de la plupart de ses jeux pendant l'ère PS360.

Il y a tellement de budget qu'ils se sont faits chier à créer 4 interfaces différentes selon la campagne jouée. C'est bien mignon, mais j'aurais vraiment préféré que le budget passe ailleurs. Au hasard, dans une seule campagne bien rythmée plutôt que dans 4 scénarios qui brassent de l'air et qui sont quasiment identiques niveau gameplay et environnements visités.


Bref, difficile de trouver quoi que ce soit à sauver dans cet opus, même s'il a étonnamment quelques fans aujourd'hui, attirés par la générosité de l'expérience et qui ne semblent pas être dérangés qu'un jeu d'horreur n'ait que 2 chapitres horrifiques sur 20.

Ok les gars, continuez à jouer à votre merde, moi je vais plutôt relancer CODE VERONICAAAAAAAA !!! AVEC L'ILE ROCKFORT ! ET L'ANTARCTIQUE ! ET CHRIS QUI ESCALADE UNE FALAISE A MAINS NUES ! ET ALBERT WESKER QUI A TROP REGARDE MATRIX ! AAAAAAAAAAAHHHHHHH !!!

Sonicvic
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le 13 juil. 2026

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Sonicvic

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