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Critique de Resident Evil: Deadly Silence par Draly
Remake d'un jeu influent bourré de bonnes idées mais dont l'exécution laisse à désirer. Avait déjà terriblement mal vieilli en 2006. Jamais terminé.
le 19 mars 2020
AnniversaiRE : 1/8
Pétochard comme je suis, je n'aurais probablement jamais parié il y a une quinzaine d'années qu'une série comme Resident Evil occuperait une place parmi mes licences de jeux vidéo préférées.
Cet amour, je le dois à un jeu, Resident Evil 1. Et plus précisément à cette version Deadly Silence (les initiales font DS, c'est subtil), qui a été une de mes portes d'entrée dans la série, et une gigantesque claque, quand bien même je n'y ai joué qu'en 2014, bien longtemps après que les aventures de Jill, Chris et les autres dans le Manoir Spencer aient cessé d'être graphiquement époustouflantes. Est-ce la marque d'un grand jeu ? Ou simplement que j'étais le mec le plus trouillard de France ?
Une seule solution : se replonger dans l'aventure !
L'histoire est désormais connue : des meurtres étranges ont lieu dans les montagnes près de Raccoon City, des rumeurs de cannibalisme commencent même à circuler. La police envoie une unité d'élite, les STARS, enquêter sur le sujet, mais ceux-ci ne donnent plus signe de vie. Une deuxième équipe des STARS est envoyée, et celle-ci se retrouve très vite attaquée et contrainte de se réfugier dans le manoir Spencer, sympathique demeure gothique qui n'a très clairement rien de suspect. Tout ce petit monde décide, très logiquement, de se séparer pour tenter de trouver un moyen de fuir cette situation fort embarrassante.
Se replonger dans Resident Evil premier du nom, c'est replonger dans une ambiance nanardesque qui n'a jamais vraiment quitté la saga, mais qui est clairement à son apogée ici. Entre les hilarantes cinématiques en prises de vues réelles (très compressées sur cette version) et le doublage assuré par une équipe qui ne maîtrisait pas du tout la phonétique anglaise, il est difficile de prendre l'univers au sérieux dès que plus d'un personnage est présent à l'écran.
Cependant, le jeu a encore une réelle ambiance et parvient à faire peur à plusieurs reprises. La plus grande réussite à ce niveau est très certainement le gameplay, puisqu'on incarne des personnages très peu souples qui doivent donc lutter à la fois contre des monstres mais aussi contre eux-mêmes, la précision n'étant pas toujours de rigueur dans les déplacements. Impossible aussi de ne pas mentionner les angles de caméra, qui cachent volontairement des éléments du décor et qui sont responsables de 99,9% des marques dans mes caleçons.
Mais de nombreux autres moments du jeu sont angoissants, et très efficaces dans leur genre. Les premiers pas dans le manoir bien sûr, où l'on n'a que très peu de munitions et un flingue tout nul, l'arrivée des Hunters qui hante encore mes cauchemars aujourd'hui, la deuxième visite dans le manoir qui joue beaucoup avec la rareté des sauvegardes…
Difficile également de ne pas mentionner la musique, oubliable au premier abord mais qui aide énormément à se plonger dans l'ambiance. Il y a peu de pistes, mais elles sont toutes mémorables et parfaitement à leur place. Qui peut oublier l'angoisse de l'arrivée dans les sous-sols du manoir générée par une musique discordante, par exemple ?
Si ce premier jeu est toujours synonyme de peur, quid du game-design ? Celui-ci non plus n'a pas pris une ride et représente encore pour moi l'apogée de la saga (à voir si les prochains jeux de ce marathon me contredisent). On est face à un vrai Metroidvania où les aller-retours sont nombreux, que ce soit pour obtenir des objets nécessaires à l'intrigue ou simplement des éléments de lore. Et pourtant, malgré la lourdeur des contrôles, ce n'est jamais déplaisant de revenir sur ses pas car les différentes zones sont vraiment bien designées et qu'on débloque régulièrement des petits raccourcis. Soyons toutefois honnêtes : le manoir est 100 fois plus intéressant que le poste de garde, la grotte et le laboratoire réunis, et l'action prend vraiment le pas sur l'horreur dans le dernier tiers du jeu… Mais c'est le cas dans tous les épisodes de la franchise, donc bon.
On peut aussi lui reprocher de mettre un peu trop l'emphase sur des énigmes à base de blocs à pousser, ses suites seront plus diversifiées à ce niveau et ce n'est pas plus mal, mais pas de quoi doucher mon enthousiasme lors de mes deux parties. D'autant que le jeu reste très rejouable, grâce aux multiples fins que l'on peut débloquer (4 par personnage) et aux micro-optimisations qu'on trouve toujours.
Bref, 30 ans après sa sortie, Resident Evil 1 reste un bijou de game- et level-design, qui fait peut-être un peu moins peur qu'à l'époque (d'autant que son remake est passé par là), mais qui donnera tout de même moultes sueurs froides aux innocents qui mettraient les mains dessus aujourd'hui.
Plusieurs choses. Tout d'abord, la résolution du jeu est malheureusement réduite, mais les modèles des personnages sont plus détaillés (c'est le syndrome Mario 64 DS), le tout est donc très plaisant à l'oeil. Quelques améliorations issues de RE4 et du remake sont également de la partie, comme la possibilité de faire un demi-tour sur soi ou d'utiliser un couteau à tout moment, ce qui vous fera économiser quelques munitions. La carte et la santé du protagoniste sont également affichées sur l'écran du haut, ce qui évite quelques aller-retours dans les menus.
On peut même ignorer les animations des portes, certes iconiques mais trop nombreuses au cours de l'aventure, rendant ainsi le jeu plus fluide que les versions précédentes.
Le principal ajout vient surtout d'un nouveau mode, sobrement intitulé Renaissance, qui propose de nouveaux placements d'objets et d'ennemis (comme le mode Arrangé de RE Director's Cut), mais aussi de nouveaux puzzles et des phases inédites à la première personne qui utilisent le stylet.
Ces phases correspondent à un mini-jeu où on se défend contre des hordes d'ennemis au couteau. Elles sont loin d'être passionnantes, mais le gameplay est suffisamment précis pour qu'elles ne soient pas injustes, et elles permettent de gagner des munitions supplémentaires. Un boss est même dédié à cette mécanique (il nécessite un backtracking qui n'est pas du tout clair, cela dit), ainsi qu'un mode bonus qu'on débloque une fois l'aventure bouclée. A noter que ces phases permettent d'avoir des points de vue inédits des décors (qui rappelons-le, ne sont composés que d'images précalculées), ce qui laisse penser que Capcom a quelque part dans ses archives les modèles 3D de la plupart des environnements du jeu.
Les puzzles ajoutés exploitent eux aussi l'écran tactile, et très occasionnellement le micro de la console. Ils ne sont jamais très difficiles, mais permettent de varier un peu les énigmes du mode Classique.
Ce mode rajoute également beaucoup d'ennemis sur votre route et moins de rubans de sauvegarde, ce qui offre un début d'aventure beaucoup plus corsé. L'ajout d'ennemis petits et agiles (corbeaux, araignées, guêpes) au milieu de zombies est particulièrement vicieux, puisqu'ils vous ralentissent suffisamment pour que leurs comparses vous attrapent, et vous avez toutes les chances de vous faire comboter. Ce sont des ennemis qui n'étaient pas beaucoup mis en valeur dans le jeu de base, ce changement leur est vraiment bénéfique.
A noter également que ce mode permet de rencontrer des Chimères bien plus tôt (dès la deuxième visite du manoir, avec une rapide cinématique bien flippante). Ce sont pour moi les ennemis les plus sous-cotés de la série, n'apparaissant que dans RE1, son remake et Umbrella Chronicles, alors qu'ils sont réellement effrayants et extrêmement agiles, c'est très sympa de les avoir un peu mis sous les projecteurs.
Dernier ajout de cette version : un mode multijoueurs, auquel je n'ai jamais joué (il nécessite plusieurs cartouches, et le jeu est devenu assez rare avec le temps) mais qui permet d'incarner tous les personnages du jeu, y compris les membres mineurs des STARS (qui nécessitent d'être débloqués) comme Enrico ou Kenneth. Il n'a probablement pas occupé les après-midis de beaucoup de joueurs, mais ça méritait d'être mentionné.
Bref, à part peut-être le backtracking pour affronter le boss au couteau, les ajouts de Deadly Silence sont vraiment excellents et enrichissent l'expérience de jeu, probablement plus que le mode Arrangé du Director's Cut qui était pourtant très riche et offrait une excellente raison de replonger dans l'aventure. J'imagine que chacun appréciera les ajouts différemment, selon son appétence pour les gimmicks de la DS, mais j'officialise désormais cette version comme ma manière préférée de jouer à RE1. Et oui, j'inclus le remake dans l'équation !
A sa sortie, RE DS a été décrié par la critique, encore sous le charme du remake de 2002 et ne voyant pas vraiment l'intérêt de rejouer au titre original en 2006, sans les ajouts tels que Lisa Trevor, les Crimson Heads ou les nouveaux lieux. Avec cette réception froide, probablement accompagnée de ventes décevantes (le public-cible de la console n'étant hélas pas friand d'expériences horrifiques), ce titre-anniversaire n'a jamais eu de suite et constitue donc une petite anomalie dans l'histoire de la saga, et la seule tentative de Capcom de remasteriser RE1 après la sortie du remake de 2002.
C'est pourtant un jeu très solide, offrant des ajouts amusants et pertinents, qui enrichit considérablement l'expérience de 1996 sans pour autant la dénaturer.
J'aurais beaucoup aimé voir Capcom continuer sur cette lancée et rééditer Resident Evil 2 et 3 sur la console avec des ajouts similaires, voire Gun Survivor, les Dino Crisis ou la version N64 de RE Zero, et même soyons fous, un jeu inédit !
Cela n'est donc jamais arrivé, et il faudra attendre 2012 pour revoir une aventure du virus-T sur une console portable Nintendo.
Quant à moi, après ce trip nostalgique, il est temps de rattraper mon retard dans la série et de faire chauffer la PS3 et la One !
Cet utilisateur l'a également mis dans ses coups de cœur et l'a ajouté à ses listes Top 10 Jeux vidéo, Les meilleurs jeux de la DS, Une année, un jeu, Les meilleurs jeux Resident Evil et Les marathons de Sonicvic
Créée
le 19 mai 2026
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