Premier jeu de la saga à poser les bases en mélangeant habilement le type horreur et jeu d’énigmes, il aura droit à deux versions + une version remasterisée : dans sa première version en 1996 sur PlayStation, pour ensuite revenir dans une version totalement différente en 2002 sur GameCube, puis une version remasterisée sortie en 2014 sur tous les supports. C’est sur cette dernière que j’ai mis la main pour la première fois en 2026 sur PC, je ne pourrais donc pas faire de comparatif avec l’original de 1996.
Concernant le gameplay, le jeu mélange habilement deux gameplays différents : action (jeu de tir) et énigmes. Le mélange de genres est réussi, bien que le jeu ne soit pas difficile dans ces phases d’action, il n’en reste pas moins que nous devons faire attention à nos munitions. La caméra à angles fixes proposée par le jeu nous incite à ne pas jouer comme un bourrin et à bien être attentif lors de sa première partie. De plus, nous avons différentes armes à notre disposition, différentes en fonction du personnage que vous allez choisir, ainsi que des phases de boss que je ne trouve pas si palpitantes que cela, avec un manque de patterns ou d’intérêts qui nous inciterait à les affronter de façon plus stratégique et moins dans du bourrinage bête et méchant. Le gameplay des énigmes est peut-être celui dont j’ai eu d’énormes difficultés de compréhension (je rappelle que c’était la première fois que je jouais au jeu, je n’avais jamais vu de gameplay ni aucune vidéo quelconque donc je ne m'attendais pas du tout à cela). J’étais donc surpris de voir l’abondance d’énigmes et la recherche d’objets pour débloquer telle ou telle salle : quand on comprend le level design et les principes de gameplay, on en vient à capter la logique, mais pour une première run en étant dans une totale découverte, ça peut potentiellement rebuter les nouveaux joueurs. Mais l’ingéniosité et la structure du gameplay grâce à ce fonctionnement des énigmes permettent de voir que tout a été bien conçu et qu’il y a une logique bien établie, rien de bien tordu, mais juste faire fonctionner son cerveau et prendre son temps.
Là où le jeu marque encore plus, c’est dans son ambiance. Comme je disais, nous sommes sur un type horreur dont l’ambiance lugubre, anxiogène, stressante par moment aura permis de rendre emblématique le Manoir Spencer qui sert de décor au jeu. J’aurais même tendance à dire que cette ambiance on ne la retrouve plus du tout dans les autres Resident Evil, notamment le RE2R, RE3R, etc. On est donc sur une direction artistique crédible du début jusqu’à la fin du jeu, ce qui me permet de comprendre pourquoi ce jeu est si unique parmi tous les épisodes post-2000 de la saga. Et évidemment, tout ceci est grandement aidé par un level design que je pourrais considérer comme excellent car la map est interconnectée entre elle, et chaque lieu est important d’une façon ou d’une autre pour notre avancée dans le manoir, ce qui donne une dimension d’exploration qui nous permet de nous imprégner grandement de l’ambiance proposée par le jeu.
N’oublions pas non plus l’OST, notamment certaines musiques en particulier comme celles des « safe rooms » qui sont excellentes et resteront forcément en mémoire, même pour les personnes n’ayant pas connu le jeu à l’époque. 100 % garanti d’être nostalgique dans 10 ans !
Mais un univers se construit aussi par un lore, un scénario et des personnages marquants. Nous commençons donc par deux personnages jouables : Chris et Jill. J’aurais tendance à dire que Chris est moins intéressant, avec une mise en scène survolant le scénario du jeu, à contrario de celui de Jill qui me semble plus travaillé, notamment en ce qui concerne les personnages secondaires tels qu’Albert Wesker ou encore Barry, qui auront un véritable arc narratif (n’en demandons pas trop non plus, ça n’est pas un RPG). Concernant le lore, celui-ci est déjà bien établi dans cet épisode et permettait d’avoir une très bonne base pour développer et amener la licence vers une évolution constante de son univers avec des éléments emblématiques : les S.T.A.R.S. (l’équipe spéciale de la police), Raccoon City (pas de présence, mais une mention), Wesker, qui deviendra un personnage iconique pendant quelques années et, par extension, un "fil rouge" de la saga, l’héritage de Spencer, Umbrella… Bref, tant d’éléments déjà présents ou mentionnés dans cet épisode qui mettent en évidence un soin apporté à l’ensemble de l’œuvre que, personnellement, j’adore.
Enfin, sur l’aspect technique du soft il reste toujours aussi beau en 2026, notamment sur le jeu des éclairages. Évidemment, cela rejoint mon point sur l’ambiance, pour lequel il aide grandement à pallier certains problèmes techniques, comme des décors qui ne sont pas en HD, ou en tout cas très mal faits. Je pense notamment au passage de l’extérieur de la crypte. Concernant les bugs, j'en ai pas vu.
+ Très bonne rejouabilité.
+ Excellente OST.
+ Habile mélange de jeu de tir et jeu d’énigmes.
+ L’ambiance si particulière de ce premier opus.
- Scénario inégal entre celui de Chris et Jill.
- Les boss ne sont pas spécialement intéressants à affronter.
Pour finir, je dirais que j’ai grandement apprécié mon aventure sur ce jeu (2 parties avec Chris + 1 partie avec Jill). La rejouabilité est bonne, en plus de cela, c’est le genre de jeu propice au speedrun. Globalement, le jeu restera gravé dans mon esprit, même à ce jour, grâce à son ambiance ainsi que l’excellente OST. Sans conteste, tout est suffisamment structuré et cohérent pour nous fournir une expérience mémorable, commençant dans cet étrange manoir qui deviendra un fer de lance de tous les événements ultérieurs, pour le meilleur comme pour le pire.